‹ Des divers Modes d'Administration de la Quinine dans le Traitement du PaludismeChapitre 9 sur 30 · LED DIE · texte numérisé non relu

LED DIE

la piqûre est faite dans la fesse, le malade n'éprouve le même jour presque, aucune sensation, mais les jours suivants il ressent dans la région quelques tiraillements et pendant cinq à six jours le lieu de l'injection reste sensible.

Quand celle-ci est faite à la cuisse elle est plus douloureuse qu’à la fesse, cette douleur rénouvelée à chaque injection suffit pour que les malades de l'hôpital comme ceux de la clientèle n'acceptent pas volontiers ce

mode de traitement. s En outre de la douleur fréquente et presque constante

un autre grave inconvénient est la formation au point de l'injection d’une petite tumeur qui disparaît rarement: complètement. Elle est due à l’action irritante produite sur les tissus par le contact des sels de quinine, surtout le sulfate.

Le premier jour le malade n'éprouve aucune sensation . douloureuse au siège de la piqûre, et la palpation ne laisse rien percevoir, généralement le nodus apparaît le deuxième ou le troisième jour. On sent d’abord une zone eimpatée, souvent douloureuse à la pression et occupant le tissu cellulaire sous-cutané.

Au bout d’un certain temps, variable avec les individus, l’empâtement diminue, il reste alors un petit noyau dur, persistant, au dessus duquel la peau est mobile ; dans quelques cas l'empâtement qui précède la formation du nodus ne se résorbe pas, la peau devient rouge et douloureuse. Au centre de cette inflammation limitée par un pourtour violacée, on voit bientôt apparaître un point sombre qui s'étend et gagne la périphérie, où se

creuse un sillon à bords taillés à pic, circonscrivant une

escarre dont l'élimination accompagnée de violentes douleurs demande souvent plusieurs jours en oceasionnant une vaste perte de substance à laquelle des semaines sont parfois nécessaires pour se combler, et qui laisse toujours à sa place une cicatrice indélébile.

En résumé le plus grave reproche que l’on puisse faire aux injections hypodermiques est sans contredits la fréquence des abcès auxquels elles donnent lieu, et aussi quelque fois l'apparition de névrites. Ces névrites sont dues soit à la lésion directe d'un tronc nerveux de quelque importance, soit au dépôt dans son voisinage immédiat &e la solution injectée. Leur extrème dilution limite leur emploi à une courte période de temps alors que le traitement du paludisme doit essentiellement être continu.

Page 1