‹ Des diverses espèces de morve et de farcin considérées comme des formes variées d'une même affection générale contagieuse (volume 2)Chapitre 1 sur 8 · CHEZ J.-B BAILLIÈRE · texte numérisé non relu

CHEZ J.-B BAILLIÈRE

LIBRAIRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE , RUE DE l'École de médecine, n** 17.

JAN 23 191i^

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Dans un moment où l'administration de la guerre vient de charger une Commission d'examiner de nouveau la question de la contagion de la Morve chez le cheval ; dans un moment où l'Académie royale de médecine vient de se saisir d'une question grave d'hygiène publique , celle de la possibilité de la transmission de la Morve du cheval à l'homme, j'ai cru qu'il était de mon devoir, comme de celui de tous les vétérinaires , de venir apporter aux savants chargés de cette double enquête, le faible tribut des observations qu'une longue pratique et de nombreuses expériences m'ont mis à même de faire sur cette maladie. Ces recherches m'ont conduit à cette conviction : Que la Morve est une maladie générale , dont les formes variées sont toutes contagieuses, à différents degrés.

Paris, le 15 janvier 1839.

§ I. Remarques prjéliminaires.

Les termes génériques morçe et farcin sont employés pour désigner des lésions dont les principaux symptômes sont généralement connus. Mais dès que l'on examine les opinions des vétérinaires sur la nature et le siège de ces lésions, on trouve parmi eux de grandes dissidences. Cependant , ceux qui regardent comme des maladies fort distinctes les diverses formes de la morve et du farcin , appellent encore ces maladies, comme si elles naissaient d'une même source, morve chronique^ morve aiguë ^ morve pustuleuse , morve gangreneuse ; Jarcin chronique , farcin aigu. Pour moi, je pense que, sous ces noms , on a décrit des modifications ou des formes diverses d'une seule et même maladie. On trou-

vera la preuve irrécusable de cette opinion dans les faits mêmes qui ont été recueillis avec soin par M. Dupuy (1), par M. Rodet (2) et par M. Renault (3). Dans ces observations, il n'est pas rare de trouver indiquées à côté des lésions que l'on dit caractériser la morve aiguë, par exemple, d'autres lésions qui appartiennent à la morve chronique; d'autres fois ce sont des lésions que l'on attribue spécialement à la morve gangreneuse qui sont réunies à des pustules , à des tubercules. Ces rapports sont encore bien plus frappants dans une quatrième espèce de morve admise par M. Delàfond, et qu'il désigne par ces mots : <( Terminaison » ( de la morve chronique ) avec résorption puru- » lente , gangrène et altération générale des li- » quides (4). »

L'identité de nature des diverses espèces de morve est si réelle qu'il est admis généralement , même par ceux qui les croient distinctes, qu'une espèce succède souvent à une autre : la morve chronique à la morve aiguë, la morve aiguë à la morve chronique , ]a morve gangreneuse à la morve aiguë, le farcin aigu au farcin chronique, le farcin chronique au farcin aigu etc. Ces transfor-

(i) Dnpny, De l'affection tuberculeuse, 1817.

(•2) Rodei , Recherches sur la fiature et la cause de la mone, i83o.

(5) Recueil de médecine vétérinaire ^ i834.

(4) Delafond, Traité de la police sanitaire, tableau synoptique, 1838.

malions , ne sont , pour moi, que des formes d'un même mal , que des aggravations ou des améliorations d'une même affection. Je ne parlerai point ici de ces degrés à époques fixes que l'on a admis pour la morve chronique ; car rien n'est aussi variable que la succession des symptômes et des lésions qui constituent les diverses formes de morve et de farcin. 11 n'est pas rare , par exemple^ dans ce que l'on appelle la moive chronique , de voir apparaître pour premières lésions caractéristiques , des lésions qui n'appartiennent qu'au second ou au troisième degré de certains auteurs. De même , la morve peut débuter par la forme aiguë ou gangreneuse ou ecchymotique , et revêtir plus tard le caractère chronique. J'ajouterai encore , en faveur de la consanguinité des diverses espèces de morve et de farcin , que tout le monde reconnaît que ce sont les mêmes causes qui les produisent. Seulement on n'est pas d'accord sur la contagion que les uns admettent pour la morve aiguë , la morve gangreneuse et le farcin aigu , et qu'ils contestent à la morve et au farcin chroniques.

Admettant la consanguinité des diverses espèces de morve et de farcin^ je vais exposer dans un seul paragraphe les caractères anatomiques de ces maladies.

§ IL Des lésions ànatomiques de la morve

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