IV. DES CAUSES DE LA MORVE ET DU FARCIN
On croit genéralement à l'influence de la plupart des causes qui ont été signalées par les vétérinaires. Il n’y a aujourd'hui de controverse que pour une seule, pour la contagion ; aussi sera-ce sur cette dernière cause que j'insisterai le plus.
Les chevaux maladifs, d’une faible constitution, à robes de nuances ternes, pales, et les animaux des pays humides, sont les plus exposés à la morve et au farcin spontanés. Les travaux excessifs qui font que l’animal fait plus de déperditions qu'il ne recoit de principes nutritifs, qui ne permettent pas à la digestion de s'accomplir convenablement . qui troublent les fonctions des organes de l'hématose, surtout dans les animaux conduits à une allure précipitée, déterminent la morve et le farcin. Plusieurs fois jai examiné le sang d'un même animal avant et après une course rapide et longtemps continuée; je l'ai trouvé plus noir, plus séreux, formant des caillots moins denses. Hunter avait remarquéaussi que le sang des animaux qui meurent après avoir
EE été lassés à la course, ne se coagulait pas. Or, j'ai vu cette seule influence être promptement suivie du farcin et de la morve aigue; mais toujours avant l'apparition de ces maladies on remarquait des symptômes précurseurs, tels qu’une couleur terne des poils, l'horripilation , des frissons , le dégoût , la tristesse, le pouls vite et petit , la coloration en violet de la conjonctive et de la pituitaire, un dépérissement excessif en très peu de Jours , quelquefois des claudications , des lassitudes, de la nonchalance, ete. Quand ces causes agissent lentement, la morve (1) se développe lentement aussi; elle à alors une marche chronique.
Le défaut d'une suffisante quantité d'aliments, ou la mauvaise qualité des aliments , produisent les mêmes résultats que les travaux excessifs.
Je publierai incessamment le résultat d’un grand nombre d'expériences que j'ai faites pour établir le plus exactement possible les rapports qui existent entre ces influences et les modifications du sang. |
Les habitations mal aërées, froides et humides, favorisent le développement de la morve.
Les intempéries des saisons agissent de la même manière. |
(1) Je me servirai souvent du seul nom de m#orve pour désigner collectivement la snorve et le farcin.