‹ Des diverses espèces de morve et de farcin considérées comme des formes variées d'une même affection générale contagieuseChapitre 9 sur 14 · LE HR · texte numérisé non relu

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unes isolées , les autres groupées sur la cloison et sur la partie inférieure du cornet; elles sont presque toutes reconvertes d’une croûte jaunâtre un peu brune. Du côté droit, il y a aussi des ulcérations, mais elles sont plus rares; la cloison nasaleoffre unesailliearrondie, à deux pouces environ de l'entrée des narines. Cette saillie correspond à une ulcération très profonde de la fosse nasale gauche. Le souffle nasal est fort du côté gauche ; le cheval ébroue de temps en temps, et. chasse ainsi une grande quantité de liquide nasal par les deux narines et notamment par la narine gauche.

Quatre jours après leur apparition, les nodosités de la tumeur de la face s'abcédérent en partie , après sêtre d’abord ramollies et aprés avoir détruit la peau qui était devenue mince et luisante à sa surface. J'ouvris les boutons de farcin non abcédés. Il en sortit un liquide de consistance très varia! le. Dans le même bouton, on trouvait un liquide filant et une substance molle, ressemblant à de l'albumine légèrement coagulée. Plusieurs des petits abcès communiquaient entre eux par une cavité qui était aussi remplie de pus farcineux. Je cautérisai les plaies ulcéreuses et les incisions que je pratiquai avec le fer rouge. Ce jour-la, je cautérisai aussi plusieurs boutons à bords renversés qui existaient à la face interne de la cuisse gauche.

Le cheval maïigrissait de plus en plus. De temps

en temps il avait des épistaxis par la narine gauche. Il faisait encore, malgré cet état, un léger service d'intérieur ; il ne recevait plus de soins médicinaux depuis assez long-temps.

Enfin six mois, à peu près, après les premiers symptômes de morve et de farcin , les lésions prirent tout-à-coup une marche rapide. Un jour, le cheval, en rentrant du travail, éprouva du frisson ; es flancs devinrent agités, le pouls petit, fréquent. Le lendemain, la muqueuse des deux narines se couvrit de pétéchies d’un rouge lie de vin. Du milieu de quelques-unes de ces pétéchies, s’élevèrent de petites éminences ; les unes restèrent rouges, les autres devinrent blanches; le liquide nasal était devenu séreux, roussâtre; l’air expiré était infect, mais n'avait pas l'odeur de gangrène. Deux jours plus tard , les pétéchies et les élevures de la narine gauche se confondirent ; une grande quantité de sang s'infiltra dans l'épaisseur de la muqueuse, qu’elle rendit d’un rouge très foncé, puis brun. Les quatre membres devinrent énormes ; leur tuméfaction se terminait, à leur partie supérieure , par de gros bourrelets. Les naseaux , les lèvres se tuméfièérent aussi, Toutes les régions du corps se couvrirent de petites éminences, les unes coniques, les autres aplaties et surmontées de plusieurs autres petites tumeurs. Tous ces nouveaux boutons étaient ou cutanés ou sous-cutanés ; ils étaient mous dés leur apparition; ils contenaient un li-

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quide sanieux, trés aqueux, quelquefois limpide , d'autres fois trouble; la respiration nasale bruyante, trés pénible ; narines remplies de Hiquide spumeux séro-sanguinolent, bruits pectoraux très confus ; cependant , on entend assez distinctement un râle spumeux brouchique et trachéal ; le murmure respiratoire n’est pas appréciable dans une grande étendue du poumon; le cheval ouvre la bouche pour respirer (1); battements du cœur fort tumultueux. | On saigne le cheval dans le but d'examiner le sang.

Le sang sort difficilement ; il est très épais , très foncé en couleur, irisé, se coagule promptement. Température de l'air de l'écurie, 12 +0R (2) Température du sang : . . . . 20+0 Caillôt eruorique 1 19 24000080" © 0080 Gaillot blites te cour 19 4.908020 Après 24 heures, sérum libre. . . 0",025 Il est peu coloré. | Le caillot blanc est sali par des stries et des globules rouges. Le caillot noir très volumineux se confond avec le caillot blanc; sa couleur est très nuancée.

(r) L'état de ce cheval paraissait indiquer lopération de la trachéotomie ; je ne la pratiquai pas, parce que je savais que l'asphyxie par obstacle au passage de l'air dans le nez n'est pas la cause principale de la mort des chevaux atteints de morve aiguë.

(2) L'hématomètre reste dans l'écurie pendant 54 heures.

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Le cheval meurt douze heures après la saignée. Il est resté couché sur le côté gauche pendant les trois heares qui ont précédé sa mort.

L’autopsie est faite dix heures aprés la mort.

Le cadavre est maigre, les membres sont raides, dans l’extension , les flancs sont affaissés , l’orifice extérieur des narines est rempli d’un liquide spumeux sanguinolent; la bouche contient de la salive écumeuse.

Le mémbre postérieur ganche est moins volumineux qu'avant la mort. Les ulcères farc:neux de la face interne de ce membre et ceux des lévres et de la joue gauche sont blafards , secs. Les boutons de farcin aigu des diverses régions du corps, non encore abcédés , sont affaissés.

Les boutons de farcin chronique (1) intéressaient toute l'épaisseur de la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, les principaux vaisseaux lymphatiques superficiels des régions où ils s'étaient développés ; les muscles, les aponévroses. Ils étaient entourés par du tissu cellulaire infiltré ou induré, dans lequel on voyait de belles injections de vaisseaux capillaires sanguins: Ceux de farcin aigu ne s'étendaient pas au delà du tissu cellulaire sous-cutané. | |

Les ganglions Iymphatiques inguinaux étaient

(1) Je ne ferai qu'indiquer ces lésions , attendu que je les ai déjà décrites précédemment avec détail dans l'anatomie pathologique de la morve et du farcin. |

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très tuméfiés, tuberculeux, très rouges dans quelques points. Lesganglions sous-linguaux gauches, outre les lésions que je viens d'indiquer, offraient, dans plusieurs points de leur tissu, de petites masses calcaires.

Les articulations du tarse et du métatarse gauches étaient entourées par du tissu cellulaire en partie induré ou infiltré de sérosité. On trouvait de petits abcès farcineux dans l'épaisseur de ce issu. La synovie de l'articulation du jarret était d'un jaune citrin. Les franges synoviales étaient infiltrées d’un liquide jaune ou rose.

Le tissu cellulaire des trois autres membres était infiltré. Des muscles du bras et de la cuisse contenaient du sang épanché et trés foncé. Leur coupe était sèche.

Le testicule gauche, un peu atrophié; ses enveloppes étaient infiltrées de matière tuberculeuse. Les deux lames de la gaine vaginale adhéraient entre elles dans plusieurs points. La cavité de la gaîne contenaitsdes fausses membranes ayant l'aspect d'une gelée tremblante. Le dartos était très épais et adhérait fortement aux tissus sous-jacents. Le cordon testiculaire était volumineux et dur. Ces lésions s’étendaient jusque dans l'abdomen.

Les veines du scrotum contenaient des caillots sanguins blancs ou noirs, les uns libres, les autres adhérens à la membrane interne de la veine qui

était pointillée en rouge et un peu inégale.

La muqueuse nasale offrait à la fois toutes les lésions de la morve chronique, dela morve pustuleuse aigue et de la morve gangréneuse: des plaques, des élevures peu saillantes, d’un blanc jaunûtre, des élevures arrondies, coniques ou semi-sphériques, rouges ou blanches, entourées d’une auréole rouge ; des ulcères superficiels , des ulcères profonds ; des cicatrices blanches, saillantes , ridées ou rayonnées, des masses de sang épanché s'enlevant par lambeaux; des caillots blancs ou rouges dans les sinus veineux. La muqueuse des sinus et celle des cavités des cornets étaient trèsépaisses et infiltrées de liquides jaunes ou rosés. Le sinus frontal gauche et le cornet supérieur gauche renfermaient une substance purulente de consistance caséeuse. Le sinus frontal droit contenait un liquide séro-sanguinolent. Les os des sinus et du cornet supérieur gauches boursouflés, rouges, poreux , se coupaient facilement avec un instrument tranchant.

La cloison cartilagineuse du nez était ramollie; à sa partie inférieure , elle était presque entièrement perforée. Les parties qui entouraient la perforation étaient tuméfées, jaunâtres.

Le larynx et la trachée étaient parsemés d’ulcères et de plaques blanches,

Les poumons contenaient beaucoup de granulations tuberculeuses , des masses tuberculeuses

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irrégulières jaunâtres entourées d'une enveloppe d’un rouge foncé, des pneumonies lobulaires ; des ecchymoses très-étendues.

Dans la rate et le foie, il y avait une très-petite quantité de masses blanches jaunûtres fibrineuses.

. Les autres organes de la digestion étaient pour la plupart à l'état normal; les ganglions lymphatiques du mésentère étaient seuiement plus gros que dans l’état de santé.

Le péricarde, qui était infiltré, contenait un peu de liquide séreux, rougeätre. Dans la scissure coronaire existait une infiltration séreuse, jaunûtre.

Le cœur et les principaux vaisseaux contenaient peu de sang; il était très-foncé et coagulé. Il n’y avait presque pas de différence entre le sang veineux et le sang artériel. La membrane interne des vaisseaux et celle du cœur, en contact avec les caillots, étaient teintes en rouge foncé. |

Les exemples de cette multiplicité de lésions à différents états, à différents degrés, ne sont pas rares quand on laisse vivre les chevaux morveux et farcineux pendant longtemps. |

Les; cas de morve et de farcin aigus qui ne sont pas précédés de morve et de farcin chroniques sont assez rares ; et encore trouve-{t-0on Constam-— ment quelques lésions qui appartiennent à la morve et au farcin chroniques. La lésion qui manque le plus ordinairement est la présence de ces masses

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dites tuberculeuses dans les ganglions lymphatiques qui sont alors rouges et moins volumineux.

Rien, du reste, n’est plus variable que la combinaison des diverses lésions qui caractérisent anatomiquement la morve et le farcin du cheval et des animaux du même genre, comme le mulet et l’âäne. Dans ces deux dernières espèces , il est à remarquer que le cours de ces maladies est plus rapide, et que les symptômes d'acuité se développent plus promptement. On a attribué cette différence au peu de capacité des fosses nasales de l'âne et du mulet. La respiration dévient laborieuse dès que la membrane muqueuse commence à se tuméfier ; l'hématose se fait alors moins bien, et l'altération générale des liquides est plus prompte. Toutefois , il ne faut pas oublier que les lésions pulmonaires sont une cause puissante de dyspnée.

Chez l’ane et le mulet, comme chez le cheval, dans des cas mortels de morve, on trouve à la fois des lésions qui appartiennent à la morve chronique et à la morve aiguë des différents auteurs.

Ilest malheureusement prouvé aujourd'hui que la morve et le farcin ne sont pas particuliers aux animaux domestiques, et que l’homme n’en est pas exempt, ainsi qu'on l’a cru pendant longtemps. Les symptômes et les lésions pathologiques de la morve et du farcin chez l’homme ont la plus grande analogie avec celles de ces mêmes maladies chez le cheval et l'âne. Les légères différences que .

l'on observe dépendent de l’organisation, qui n’est

pas exactement la même dans l’homme et dans les solipèdes.

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