‹ Des diverses espèces de morve et de farcin considérées comme des formes variées d'une même affection générale contagieuseChapitre 12 sur 14 · RAGE · texte numérisé non relu

RAGE

La résorption purulente est quelquefois suivie de la morve et du farcin; mais il arrive souvent aussi qu'elle a lieu sans amener ces maladies (1). ‘J'ai remarqué que les chevaux qui avaient des plaies fistuleuses en suppuration et qui succombaient aux résorptions purulentes , avaient rarement le farcin, quand ils recevaient les soins convenables ; quand on ne laissait pas accumuler le pus de manière à infecter l'air ambiant des habitations, ‘

J'ai remarqué aussi que la fréquence de la morve et du farcin, dans ce cas, dépendait moins de la masse du pus que de sa qualité. Du pus anciennement sécrété, et altéré par la putréfaction, peut être apte à produire la morve et le farcin; mais il faut que la plaie qui suppure donne une assez grande quantité de pus. Le développement de la morve, à la suite de longues suppurations , tient peut-être à une altération de la constitution ou des humeurs sans qu'il y ait eu réell:ment résorption purulente.

Du pus provenant d’un animal atteint de la morve ou du farcin, peut, comme Je men suis assuré par expérience, produire la morve, soit par

(1) M Dupuy a injecté du pus dans les veines, et il n’a produit ni la morve, ni le farcin ( Nouvelle bibliothèque médicale, première année, p. 336), mais bien une affection gangréneuse qui a causé la mort le troisième jour de l'injection.

A TS ON imoculation , soit par application sur la muqueuse nasale.

Les causes irritantes qui agissent localement sur la muqueuse nasale ne produisent la morve qu'autant qu'elles'ont agi pendant longtemps chez des individus qui sont prédisposés à cette maladie.

Ainsi on cite des exemples de morve déterminée par des caries des os de la mâchoire supérieure ou par des caries de dents.

Toutes les causes locales d’une courte durée, comme l'injection d’essence de térébenthine, l’aspiration des vapeurs d’ammoniaque, etc., ne déterminent pas la morve, mais peuvent provoquer des jetages et le gonflement des ganglions lymphatiques sous-linguaux.

Il en est de même de certaines causes locales par rapport à des lésions que l’on a confondues avec le véritable farcin. Il n’est pas rare, par exemple, d'observer des tuméfactions très douloureuses dans la direction des principaux vaisseaux |ymphatiques des membres, à la suite de lésion graves des tissus d'où naissent ces lymphatiques. Pareiile chose arrive sur les côtes, le garot, les épaules, l’encolure, à la suite de compressions fortes et longtemps continuées des harnais sur les reins, le dos, le garot, l'encolure et la nuque. On voit apparaître, dans quelques heures, des cordons superficiels très-douloureux; mais ces angétnleucites sont momentanées ; elles se dissipent

dès que la douleur vive produite par la .compression a cédé à une médication appropriée. Ces cordes .ne.sont pas noueuses ; elles ne s’abcèdent pas,; elles ne sont pas véritablement farcineuses.

-L'hérédité est une cause de morve.

Il me reste à examiner une cause de la morve et du farcin qui est fortement controversée : la contagion. (

À l'égard de la morve pustuleuse aiguë et de la morve gangréneuse, et à l'égard du farcin aigu, il ,n’y,a pas de doute pour la contagion ,. parmi la orande majorité des vétérinaires. Je ne m'arrèterai donc.qu à l'examen de la question de la contagion de.la .morve et du farcin chroniques. Et d'abord cela a été une opinion générale parmi les vétérinaires que la morve (et sous ce nom 1ls comprenaient évidemment aussi la morve chronique) était contagieuse,

Lafosse, Bourgelat, Paulet, Gilbert, Huzard pére, Chabert (1), Coleman, Delabaire-Blaine, ies professeurs de l'école de Lyon, et tant d’autres étaient d'assez bons observateurs pour faire remarquer qu’une des formes de la morve, celle qui est la plus répandue ( {a morve chronique ), ne.se communiquait pas, s'il en eût été ainsi, J'ajouterai que si une chose peut étre facilement

(1) Une discussion s’est élevée sur la véritable opinion de Chabert; mais Huzard père pensait que Chabert n'avait jamais cru à la non-contagion de la morve, et je partage cette opinion. .

ÿ ÉRAT ES,

appréciée par l'observation journalière, c'est certainenient la propriété qu'ont certaines maladies de se communiquer par contagion. Dans l'examen dé cette question on doit ténir compte de l'opinion des personnes qui Sont souvétit en rapport avec les chevaux, ou qui leur donnent des soins journaliers, lors même que cés personnes sont étrangères à la médecine. Or, on sait que l'immense majorité des propriétaires de chevaux ou des gens qui se servent de chevaux, croit à la contagion de la morve et du farcin , soit chroniques, soit aigus. Combien de fois ai-je entendu dire : depuis un très grand nombre d'années j’habite le même lieu, mes chevaux ont toujours été nourris de la même manière , ont constamment été soumis aûüx mêmes travaux, ils ont enfin toujours été dans les mêmes conditions de santé; ce n'est que depuis que J'ai introduit dans mon écurie un cheval morveux ou farcineux que j'ai vu la morve envahir mon écurie.

Non-seulement j'ai entendu cela cent fois, mais Je me suis convaincu, moi-même, de la réalité de ces faits; et je connais un grand nombre de vétérinaires qui ont été témoins de pareils faits. Or, dans ces cas, il s'agissait aussi bien de la morve chronique que de la morve aiguë, aussi bien d'animaux en parfaite santé , faisant un exercice modéré, bien nourris et en bonétat, que d'animaux fatigués et maigres.

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