‹ Des diverses espèces de morve et de farcin considérées comme des formes variées d'une même affection générale contagieuseChapitre 13 sur 14 · BARS. AE · texte numérisé non relu

BARS. AE

À ces faits positifs de contagion on à opposé des faits de non-contagion de morve chronique et de farcin: chronique ; mais ces faits négatifs ne détruisent point les premiers et ne peuvent prouver que ces maladies ne sont point contagieuses. Ils témoignent seulement que des animaux sains mis en contact avec des chevaux morveux, pendant un temps plus ou moins long, ont pu ne pas devenir morveux , ce que Je.ne conteste point. Ces faits de non-contagion ne sont pas, du reste, particuliers à la morve chronique. On en observe, d’analogues dans toutes les maladies contagieuses , même dans celles quisont douées dela propriétécontagieuse au plus haut degré: le claveau ; la gale, le charbon , se communiquent-ils infailliblement par le contact d'un ariimal malade avec. un animal sain. Chez l'homme, la variole, la vaccine, la syphilis, la gale, ne se communiquent pas toujours, même dans les circonstances en apparence les plus propres à leur transmission.

M. Dupuy qui , en 1817,-avait mis en douie la contagion de la morve, afin de provoquer des expériences de la part du gouvernement; pense que l’on peut quelquefois expliquer pourquoi la morve chronique ne se communique pas toujours. Il a remarqué que les chevaux étaient beaucoup plus disposés à cette maladie, à certaines époques de leur vie. : |

M. Barthélemy ainé pense que la morve chro-

cr nique (qu’il reconnait êtré analogue à la morve aioué )se transmet quelquefois du cheval au cheval, mais beaucoupplus rarement qu'on ne l'avait cru.

En résumé, dans la morve et le farcin chroniques les cas de contagion sont plus rares que les cas de non-contagion ; mais personne n'en conclura, je pense, que ces maladies ne sont pas contagieuses.

Un grand nombre d’autres vétérinaires français sont restés fidèles à l’ancienne opinion de la contagion de toutes les espèces de morve. Quelquesuns , comme moi, qui se refusaient à y croire quand ils étaient jeunes d’expérience, y ont cru plus tard. Aujourd'hui, l'immense majorité des vétérinaires de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Italie et de l'Espagne, croit à la contagion de la morve chronique.

M. Delafond, qui conteste la contagion de la

morve Chronique, dit : « Dans la question de la « contagion, ce dont il faut être d'accord, c'est « sur ce point, à savoir : que la morve débute « long-temps après les causes qui l’ont suscitée ; « qu’elle a une marche lente ; une durée indéter- « minée; qu'elle s'accompagne de lésions mor- «bides toujours d'ancienne formation; qu’elle « revêt, en un mot, tous les caractères d’une ma- « ladie essentiellement chronique. »

Pour moi, j'ai vu des chevaux , d’une santé /a plus parfaite, devenir morveux et farcineux après

un court laps de temps, et présenter les signes et les lésions suivantes : « Jetage d’une matière filante, inodore, verdâtre, abondante pendant l'exercice ou le repos, se desséchant et adhérant aux poils des naseaux; pituitaire pâle; w/céralions nasales superficielles ou profondes, petites, a bords irréguliers, échancrés , dentelés a pic, à fond blanchätre, et non entourées par un bord rouge; épistaxis; ganglions de l’auge tuméfiés. J'ai vu ces symptômes, dis-je, et ces lésions apparaître chez des animaux qui n'avaient jamais été soumis aux causes débilitantes sur lesquelles insistent trop exclusivement les non-contagionistes.

J'ai vu la plupart de ces symptômes survenir à des chevaux bien portants six Jours après l’inoculation de la morve.

Je dis qu'on n’est pas fondé à attribuer uniquement-la morve à des causes débilitantes, quand on avance que beaucoup de chevaux morveux ont une apparence de santé, conservent leur force premiére , et sont encore capables de travailler.

Enfin, on sait que les chevaux de cavalerie deviennent moins sujets à la morve et au farcin quand ils sont en campagne ou au bivouac, que lorsqu'ils sont en garnison.

Les non-contagionistes disent que, dans les casernes, les chevaux sont mal logés, qu'ils sont accumulés en grand nombre dans des écuries trop

peu spacieuses; mais celte objection n'est pas applicable à toutes les casernes.

On a dit que les chevaux de troupe, en France particulièrement , ceux attachés aux services actifs de poste ou de diligences, les chevaux de place des grandes villes, ceux attachés à de grands établissements de roulage, de hallage, étaient plus souvent attaqués de la morve que ceux qui sont réunis en plus petit nombre chez diverses personnes, et qui sont attachés à de petits transports ou à la culture des champs. Tout cela est vrai, mais cela n’est pas une objection contre l'opinion de la contagion. |

Encore un fait. Pourquoi les chevaux de troupes sont-ils plus exposés à la morve en France qu'en Allemagne? Dans l'un et l’autre pays, ce sont souvent les mêmes races de chevaux. En France, les chevaux de troupes sont convenablement pansés, et sont aussi bien nourris qu'en Allemagne, et, en général, ces animaux sont à peu près dans les mêmes conditions dans les deux pays. Pour moi, Je ne vois qu'une différence, c’est le soin extrême que l’on prend en Allemagne d'éviter la contagion , qui est redoutée au point qu'on fait tuer les chevaux sains qui ont été en contact avec des chevaux morveux ; tandis qu’en France, suriout depuis quelques années, on est très peu sévère sur l'application des réglements de police sanitaire.

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Si dans les grands établissements ou il y a beaucoup de chevaux, la morve, proportion gardée, est plus commune qu'ailleurs, c’est évidemment parce que, lorsqu'il y a un cheval morveux dans une écurie garnie de beaucoup de chevaux, un plus grand nombre d'individus se trouvent exposés à la contagion. De même, lorsqu'un nombre déterminé de chevaux est réparti dans plusieurs écuries, ces chevaux sont moins sujets à la morve que lorsqu'ils ont une seule habitation. C'est pour cette raison que les petits propriétaires de chevaux ont moins à craindre la morve, quoique leurs chevaux Soient soumis, comme les autres, aux influences débilitantes indiquées par les non-contagionistes comme les causes les plus fréquentes ds Ja morve : l'excès de travail, la mauvaise alimentation, les habitations étroites et sombres, etc.

Dans les grands établissements la contagion est si réelle, que j'ai vu fréquemment des chevaux jeunes, vigoureux, y devenir morveux peu detemps après avoir été achetés, et avant d'avoir été soumis à des travaux pénibles.

J'ai remarqué dans ces mêmes établissements, que de temps en temps il y avait des dépôts qui fournissaient incomparablement plus de chevaux morveux et farcineux que d’autres dépôts , quoique tous les chevaux de ces dépôts fussent soumis au même régime, au même travail. Assez fré-

LORANT ME

quemment la morve atteignait des animaux robustes , en bon état. |

L'influence des localités et des soins n’y était pour rien, puisque la morve se montrait successivement dans plusieurs dépôts quiavaient toujours les : mêmes chefs. À quoi attribuer ces particularités , si ce n'est à la contagion dont la cause, souvent reconnue plus tard, était l'introduction d’un cheval morveux ? Enfin, comment expliquer ce qui arrive souvent, qu'une fois la morve dans une écurie, un grand nombre des chevaux qui y sont introduits successivement deviennent morveux, même après un court séjour , et lorsque ces chevaux ne sont pas excédés de fatioue, et lorsque les écuries sont le mieux disposées.

On a dit quela morve chronique ne se communiquait pas, parce que c'était une maladie chronique. « Existe-t-il, demande M. Delafond, parmi « les centaines de maladies qui affligent l'espèce « humaine ; une maladie essentiellement chro- «nique dont la propriélé contagieuse soit bien « démontrée (1) 2»

Je réponds oui, il en existe.

Qui ignore que la teigne faveuse, maladie essentiellement chronique, est contagieuse ?

. D'ailleurs, sila morveest moins contagieuse à l’état chronique qu'à l'état aigu , la syphilis n’offre-

(1) M. Delafond , ouvrage cite!

t-elle pas un phénomène analogue chez l’homme?

M. Delafond ajoute que 130 chevaux qui avaient communiqué avec des chevaux atteints de la morve, ne sont pas devenus morveux au bout d’un certain temps. Mais qu'est-ce que cela prouve? Il me serait extrêmement facile de réunir un pareil nombre de faits qui constateraient que. pareil nombre d'individus sains ont cohabité avec d’autres individus atteints des maladies les plus contagieuses , sans devenir malades.

M. Hurtrel d’Arboval ( Dictionnaire de Medecine et de Chirurgie vétérinaire, art. Morve), a cité des faits que M. Delafond n'aurait pas dû récuser, parce qu'il n'ignore pas que M. Hurtrel d’Arboval sait distinguer la morve chronique de la morve aiguë; car M. Delafond lui-même a pris à M. Hurtrel d'Arboval un fait dans lequel cet auteur s'explique clairement sur l'espèce de morve, Si les cas qu'il rapporte avaient eu rapport à la morve aiguë (4), M. Hurtrel d'Arboval n'eut pas manqué de le dire.

(1) J’allais livrer mon Mémoire à l'impression lorsque j'ai recu de M. Hurtrel d’Arboval l'assurance que je ne n'étais pas trompé. Voici un passage de sa lettre : « Avant les temps mo- « dernes , lorsqu'on parlait de la morve, on entendait désigner une maladie une et même , une maladie contagieuse sous « toutes les formes; voilà pourquoi, dans la première édition « de mon Dictionnaire , en exposant les faits relatifs à la conta- » gion, je n’ai pas cru devoir distinguer particulièrement ceux qui « se rapportent à la morve chronique. Au reste, à la simple lec-

« ture de l'articie , les hommes de l'art impartiaux ont pu faire « aisément la distinction, comme vous l'avez faite vous-même,

Je pourrais rapporter trois cas recueillis par M. Dandre, mais je préfère citer un exemple de contagion de morve chronique qui m'est propre.

J'ai choisi ce fait parce qu'un des sujets de mon observation a reçu des soins à l’école d’Alfort, où on à pu constater que le cheval n'était pas atteint de la morve aiguë, et parce que le cas est assez récent pour que l'on puisse prendre toutes sortes de renseignements. J'ai encore choisi ce fait , parce qu'’ila rapport à des chevaux qui jamais n'ont été, dans les conditions assignées au développement de la morve par les non-contaglonistes.

Au mois de mars 1836, M. D. acheta deux chevaux de carrosse, l’un de cinq ans, l’autre de six, L'un des deux toussait assez souvent, et jetait par la narine droite un liquide peu abondant, d’un blanc

« Ce que j'ai omis à cet égard dans la première édition sera fait « dans la seconde, où les observations de morve chronique seront « distinguées de celles de morve aiguë.

« En 1807 , alors que l'opinion contraire à la contagion de la « morve commençait à percer , J'ai eu l'occasion d'observer en « grand cette maladie sous la forme chronique, et de me fortifier « de plus en plus dans l'idée de la contagion, coutre les idées nou- « velies que j'ai alors combattues dans un Mémoire que la Société < centrale d'agriculture de la Scine a couronné d’une médaille « d’or; mes observations ultérieures n’ont pas modlifié ma ma- « nière de voir. Aujourd’hui je persiste encore à croire la morve « chronique contagieuse, en m'appuyant aussi sur l'autorité de « M. Barthélemy aîné, qui s'est prononcé en faveur de la contagion dans le sein de l'Académie, contre M. Dupuy, qui défendait l'opinion contraire, » +

Montreuil-sur-mer, 5 décembre 1838.

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bleuâtre, un peu opaque, qui se fixait aux ailes du naseau. La muqueuse de cette narine était luisante et pâle dans presque toute la partie visible, et violacée seulement dans la partie qui correspondait aux sinus veineux de la cloison nasale. Vers la partie inférieure du nez la muqueuse était parsemée de petites dépressions noirâtres qui sont toujours tres visibles toutes les fois que cette membrane est gonflée par des liquides, Les ganglions sous - linguaux droits, plus volumineux que ceux du côté opposé, formaient une masse aplatie, circonscrite , assez mobile , peu douloureuse au toucher. Le cheval ne mangeait pas avec un appétit régulier; son poil était un peu terne. À la voiture, le cheval n'avait pas la même vigueur que l’autre. Ce cheval se trouvait placé à côté de son pareil et à côté d'un. cheval anglais de 7 à 8 ans qui était en trés bon état et d’un grand prix. L’écurie qu'habitaient ces trois chevaux était saine sous tous les rapports. Les soins étaient prodigués à ces animaux. La nourriture était choisie, |

Pendant un mois, à peu près, ces trois chevaux ne furent exercés que pour leur santé; ils ne sortaient que lorsqu'il faisait beau, Pendant ce temps l’état du cheval malade varia très peu : les ganglions diminuèrent peu de volume ; le jetage était un peu plus abondant quand le cheval était exercé.

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On sépara ce cheval aprés un mois de cohabitation. Il n'avait plus de rapports avec son pareil que pendant la promenade , soit à la main, soit attelé à la voiture.

Pendant le second mois, les ganglions augmentérent de volume, le jetage devint plus abondant ; le liquide, plus opaque , se desséchait sur les ailes du nez. L’œil droit devint chassieux. Le cheval fut sacrifié vers la fin du mois de juin.

Vers le commencement de ce mois, le cheval anglais perdit un peu de sa gaîté, son poil devint terne. La muqueuse des narines devint pale, les sinus veineux se congestionnérent et donnèrent à la muqueuse une teinte violacée qui était due à des vaisseaux sanguins. Peu de jours après , les sanglions lymphatiques gauches se tuméfèrent ; ils formaient une tumeur noueuse, allongée , bien circonscrite, et roulant facilement au milieu du tissu cellulaire environnant. Un peu plus tard, un liquide mélangé de mucus et de matière purulente coulait par la narine gauche et se fixait aux poils des ailes du nez. Le cheval ébrouait souvent, mais très lévèrement, et chassait le liquide enfermé dans sa narine.

Un des premiers jours du mois de juillet, le cheval fut conduit à l’école d'Alfort où il recut des soins , pendant quelque temps , et où il fut abattu comme atteint de morve chronique.

Déjà, à cette époque, le troisième cheval avait

les ganglions droits lécèrement augmentés de-vo- Jume et les sinus veineux de la cloison nasale fortement injectés. Il fut vendu à M. D... qui l’employa comme cheval de carrosse pendant quelque temps, et qui, au bout d’un mois, le.fit abattre comme atteint de morve chronique.

Voici un autre fait : En 1826, M. de B....., à Paris, avait deux chevaux de carrosse de 7 à 8 ans , très robustes, dans un parfait état, bien pansés, bien nourris , travaillant modérément, logés dans une très bonne écurie. L’un de ces chevaux fut atteint de la morve chronique. Ces chevaux n'avaient pas de plaies en suppuration. Ils n'avaient point été malades depuis deux ans que le propriétaire les possédait. Les premiers symptômes de morve apparurent un mois après le retour de la campagne. Le cocher me dit qu'il attribuait le jetage à ce que les chevaux avaient été mis dans une écurie où il y avait eu des chevaux morveux, mais qu’ils n'avaient point fait de travaux pénibles et qu'ils avaient eu une bonne nourriture.

Ce premier cheval morveux continua à habiter et à travailler avec.son pareil. Un mois s'était a peine écoulé depuis l'apparition des symptômes de morve chez le premier cheval , que le second fut atteint. Tous les deux furent sacrifiés, et je me rappelle avoir trouvé à l’autopsie les lésions regar-

es T nb dées par M. Delafond comme appartenant au second degré de la morve chronique. | Dans cette observation , comme dans la précédente, aucune autre cause que la contagion ne peut expliquer le développement dela morve chez ces deux chevaux.

Maintenant voici un fait de contagion du farcin chronique : M. M....., l’un des voituriers de Paris dont les écuries sont le mieux tenues sous tous les rapports , n'avait pas eu un cheval farcineux, ni un cheval morveux, dans ses équipages, depuis très-longtemps. Il y a six mois, un de ses chevaux devint farcineux. Il recut d’abord des soins du vétérinaire de la maison. Le cheval continua d'habiter dans l'écurie commune. Les boutons de farecin suppurérent et séchèrent. La cohabitation dura plusieurs mois. Malgré la sécurité donnée par le vétérinaire , sous le rapport de la contagion, le Cheval fut envoyé à l'école d’Alfort. Peu de temps après son départ deux autres chevaux de M.M.... devinrent farcineux; l’un d'eux avait travailléavec celui qui avait été le premier malade. Je fus: appelé; déjà le cheval était revenu d’'Alfort non guéri. Il fut abattu. Le second cheval, après avoir reçu de moi des soins infructueux (le farcin était général : il avait envahi successivement les membres antérieurs , les ganglions des ars, le dessous de la poitrine , les ganglions des aines et les ganglions

sous-linguaux du côté gauche }, fut aussi abattu. Un troisième et un quatrième cheval furent encore atteints du farein chronique, l’un sur la croupe, l’autre à l'épaule. Ils furent séquestrés dans une écurie éloignée de celle des chevaux qui étaient encore sains.

Tous ces chevaux , au moment où ils devinrent farcineux , paraissaient être dans le meilleur état de santé possible. L'excès de travail, la mauvaise nourriture, n'avaient pas été évidemment la cause

du farcin.

Voici un fait observé par M. Mennechy, médecin-vétérinaire à Louvres. Ce fait ne m'est pas tout à fait étranger , car J'ai vu le cheval que l’on accuse d'avoir apporté la morve dans l'écurie, et j'ai vu aussi huit des chevaux qui sont devenus morveux ou farcineux :

Vers le mois de mars 1837, M. H., cultivateur à Épiais , acheta d'un relayeur, qui avait la morve dans ses écuries, un cheval bai entier, de 8à9 ans , le mit au premier attelage de l'écurie.

Le 3 octobre 1837, un cheval noir du même attelage tomba malade; lé 15 il présenta tous les symptômes de la morve chronique, qui furent précédés de symptômes généraux , de l’accélération du pouls et de la respiration. Il eut aussi un léger engorgement des testicules et de leurs enveloppes.

Le 20, le farcin se déclara ; alors le poil était terne , hérissé, et le cheval était devenu maigre.

Tous les symptômes de la morve et du farcin chroniques augmentérent, et au bout de deux mois on sacrifia le cheval.

M. Mennechy, ayant été invité a faire une visite générale, remarqua que le 15 octobre, le premier cheval indiqué, celui qui venait de chez ie relayeur , présentait quelques symptômes de morve; les ganglions sous-linguaux gauches, plus volumineux que dans l’état normal , étaient durs, douloureux; la muqueuse nasale était rouge, lévèrement tuméfiée. Jetage intermittent d'un liquide filant, par la narine gauche. L’œil gauche chassieux. |

Le charretier qui conduisait ce cheval déclara que depuis qu’il le menait, c’est-à-dire depuis son arrivée à la ferme, il avait remarqué que ce cheval jetait plus ou moins; ce qui fit penser à M. Mennechy que ce cheval avait la morve lors de la vente qui en avait été faite à M. H.

Immédiatement après la visite de M. Mennechy, le cheval fut mis au repos et à part; il recut des soins convenables. Après une quinzaine de jours, l’état de ce cheval paraissant satisfaisant, puisqu'il ne restait plus qu’un léger engorgement des ganglions, il fut remis à son attelage pour continuer son travail. |

Le 3 janvier 4838, M. Mennechy fit une nou-

ie,

velle visite chez le fermier; 1l trouva le cheval dans l’état suivant : Ganglions gauches volumineux, douloureux , adhérents; jetage plus abondant que la première fois, sans intermittence; rougeur et tuméfaction de la muqueuse nasale à gauche ; plusieurs élevures rouges, qui ne tardérent pas à être remplacées par des ulcères peu profonds, recouverts d’une croûte jaunâtre. L'état général du cheval était moins bon; le poil était terne et sec. On le remit encore à part pendant un mois. On lui donna des soins, après lesquels les symptômes disparurent, moins l'engorgement des ganoslions. Le cheval avait repris son embonpoint ordinaire. Il fut ensuite remis dans son attelage jusqu’au mois de mars, époque à laquelle il se mit à jeter de nouveau d'une manière marquée ; les ganglions augmentérent aussi. Il fut séquestré pour la troisième fois et ne fut plus remis dans l'écurie commune.

M. H. le conserva jusqu’au mois de novembre 1838. Son état était toujours le même; il était slandé et jetait de temps à autre. Son embonpoint s’est maintenu. Il travaillait modérément et il était attelé alternativement, tantôt avec d’autres chevaux suspects, tantôt avec des chevaux sains, quand les chevaux suspects manquaient. Il fut vendu. |

Le 3 janvier 1838, un cheval entier, rouan, de

9 à 10 ans, appartenant au même attelage que les

TE LT AR deux chevaux précédents, présenta d’abord un engorgement des testicules et du fourreau , très douloureux à la pression, La muqueuse nasale et la conjonctive étaient d’un rouge jaunâtre; les yeux chassieux. Tous ces symptômes avaient été précédés d’un mouvement fébrile, de dégoût, pour l’avoine particulièrement ; le pouls était vite et peu élevé ; les crins s’arrachaient très facilement ; une éruption presque générale de boutons et de cordes farcineuses eut lieu avec ou sans nodosité, |

Cinq à six jours aprés un traitement convenable, un mieux se prononça. Puis, le 21 janvier, l'éruption devint plus générale; les quatre membres s’engorgèrent; la nasale se couvrit de pétéchies qui furent remplacées par des croûtes d'un rouge brun qui recouvraient des ulcères de forme irrégulière, dont le fond était saignant; la respiration était bruyante. Le mal fit des progrès; et le 29 janvier, on sacrifia le cheval.

Dans le courant du mois de janvier 1838, un cheval bai, de 7 à 8 ans ( qui était dans la ferme depuis 2 ans, et qui n’avait jamais été malade pendant ce temps, fut mis dans l’attelage des trois derniers chevaux, au mois de novembre, pour remplacer le cheval noir qui avait été sacrifié ), eut une affection catarrhale; quinze jours après le début de cette affection , les ganglions lymphatiques sous-linguaux droits se tuméfiérent; ils

étaient durs et douloureux. Sept à huit Jours plus tard, des ulcères survinrent sur la muqueuse nasale, à droite; puis le cheval jeta dix jours après l'apparition des ulcères. Il a toujours conservé de l'appétit et assez de force pour continuer son travail; cependant il toussait depuis le début de l'affection catarrhale ; son poil était constamment terne depuis cette époque. Les crins S'arrachaient facilement, et la peau était sèche et adhérente. Cet état se continua jusque vers la fin du mois de juin avec quelques modifications des symptômes. À cette époque, plusieurs symptômes qui-annoncaient la morve aiguë survinrent; le cheval maigrit tout-à-coup; 1] devint triste, mangea peu ; les membres étaient raides et engorgés. On sacrifia le cheval. |

Dans le mois de février 1838 , un cheval entier, fleurs de pêcher , de 12 ans environ ( ce cheval avait remplacé dans l’attelage, le 3 janvier, le cheval rouan sacrifié le 29 janvier ), eut les membres postérieurs raides ; les testicules et le fourreau se gonflérent considérablement ; une éruption farcineuse se montra sur diverses parties du corps, après quelques symptômes généraux.

Ce cheval fut isolé et soigné. L'engorgement testiculaire se borna au testicule gauche qui, plus tard, devint le siége d’un abcès farcineux. Il s’ouvrit spontanément, et laissa couler, pendant un mois, un liquide séreux. Les symptômes de far-

Let. LRO cin existérent jusqu’au mois de mars environ. De tous les premiers symptômes , il ne resta que l’engorgement du testicule gauche, qui persista jusqu'au mois de décembre, époque à laquelle on vendit le cheval, qui alors était maigre et dont l'état inspirait la crainte d'une récidive de farcin ou d une attaque de morve.

Un cheval entier, alsan brûlé, trés vieux , mis dans l’attelage au mois de janvier, fut sacrifié dans le courant de janvier 1838, quatre à cinq jours après une éruption de farcin générale , avec engorgement considérable aux membres et sous le ventre. |

Outre ces six chevaux, qui ont successivement formé l’attelage si maltraité par la morve et le farcin, six autres chevaux appartenant à divers attelages de l'écurie de M. H., ordinairement composée de vingt-quatre chevaux. furent attemnts d’une manière plus ou moins grave de la morve et du farcin.

M. Mennechy a constaté que la plupart des chevaux malades avaient été plus particulière ment en rapport avec les chevaux du premier attelage.

Un vieux bidet d’allure fut atteint de la morve et du farcin chroniques , et fut sacrifié après un traitement de sept mois.

Un cheval hongre , de cabriolet, gris, devint morveux. La maladie atteignit le troisième degré

RS Le

dans l’espace de huit jours. Il fut sacrifié après dix Jours de maladie.

Un cheval entier, gris miroité, de 7 à 8 ans, fut a‘teint de farcin chronique dans le mois de mai 1838, avec un engorgement testiculaire, particulièrement du côté gauche. Il ne reste plus aujourd’hui, 7 décembre 1838 , que l’engorgement testiculaire qui est indolent.

Un cheval bai, entier, de 6 ans , acheté en novembre 1837, eut le farcin en juin 1838. Il est guéri. | |

Un cheval gris miroité, de 6 ans, acheté en novembre 1837, eut le farcin, et fut glandé seulement à la fin d'août; les symptômes disparurent; puis les ganglions se tuméfièrent de nouveau vers le 15 novembre 1838.

Un cheval noir, de 5 ans, acheté au mois de mai 1838, a été glandé vers la fin d'août. Ce symptôme a entiérement disparu.

Un vieux cheval alsan , à tous crins, provenant d’une réforme de cavalerie , et que M. EH. avait acheté en 1834, avec un engorgement indolent au membre postérieur droit. Cet engorgement, qui était resté à peu près stationnaire pendant 3 ans, augmenta d’une manière très marquée au mois de janvier 1838, et le farcin chronique se déclara au membre engorgéet sur les côtes. Alors le cheval maigrit beaucoup et fut sacrifié.

M. Mennechy, dans la note qu'il m'a remise,

observe que la:morve et le farcin, soit chroniques , soit aigus , sont toujours précédés de quelques symptômes généraux. 11 a fait plusieurs remarques qui sont tout-à-fait en rapport avec ma manière de voir, sur l'analogie des diverses espèces de morve et de farcin que M. Delafond a séparées au point d'en faire des maladies distinctes. M. Mennechy base son opinion sur des faits qu'ila recueillis avec beaucoup de détails, et dont jai clté les circonstances les plus saillantes. Comme moi, ila vu tour à tour se combiner et se succéder la morve et le farcin chroniques , la morve et le farcin aigus et la morve gangréneuse.

Il attribue l'envahissement de la morve et du farcin , dans l'écurie de M. H., à la contagion. Il n’a trouvé aucune autre cause capable d'expliquer le développement de ces maladies dans une écurie qui est habituellement dans un très bon état. Du moins il assure que , depuis 42 ans qu'il visitait réguliérement cette écurie, il n'y avait jamais observé ni morve, ni farcin. Il ajoute que la morve n'était pas enzootique dans la contrée. Les chevaux de cette ferme sont exempts des travaux pénibles de la plupart des autres fermes ; ils ne charrient point les paiïlles que le fermier vend dans ses granges.

Je dois encore à ,'obligeance de M. Mennechy un fait très bien circonstancié, observé chez M. C..., cultivateur à Mareuil. Là:il eut occasion d’obser-

ur Sp

ver sur des chevaux de tous âges, sur des chevaux nouvellement achetés et en parfaite santé, plusieurs cas de morveet de farcinaigus et chroniques qu'il attribua à la contagion, attendu que l'écurie de M. CG... était parfaitement soignée sous tous les rapports , et que, pendant un très grand nom bre d'années, ces maladies n'y avaient pas existé. Les conditions dans lesquelles se trouvaient les chevaux n'avaient pas varié.

M. Vatel m'a rapporté également un cas très remarquable de contagion de farcin chronique.

M.R...., marchand de chevaux à Paris, acheta à une foire de Normandie plusieurs chevaux entiers à divers propriétaires. Il s’'aperçut que l’un de ces chevaux était farcineux. Plus tard il consulta M. Vatel, qui s’assura que sept chevaux de la même écurie du marchand étaient devenus successivement farcineux. Dans cette circonstance, où trouver une autre cause du développement du farcin sur les sept chevaux provenant de difiérentes fermes, sur des chevaux qui ne travaillaient pas, bien pansés, bien nourris, en très bon état de santé au moment de l'acquisition, qui n'avaient point de plaies suppurantes; où trouver, dis-je, une cause de farcin, sinon dans la propriété contagieuse du farcin?

Voici un autre fait que M. le comte de Bellozanne a eu l'obligeance de relater dans une lettre qu'il m’a fait l'honneur de m'écrire.

Di Sa

« Le T° résiment de dragons était en garnison à Maubeuge. Quatre escadrons de ce régiment partirent au commencement de l’année 1823 pour la frontière d'Espagne. Le deuxième escadron avait plusieurs chevaux morveux; il en avait perdu quelques-uns, et pour le mettre sur le même pied que les autres, on lui donna plusieurs chevaux pris à chacun des trois autres escadrons. Le régiment arrivé sur les bords du Gave et mis en cantonnement, le colonel fut obligé de faire la même opération pour épaliser ce même deuxième escadron, qui avait perdu en route plusieurs chevaux de la morve. En outre, en Espagne, le régiment, après avoir traversé Madrid, fut cantonné plusieurs jours à Naval-Carniro ; la morve avait encore fait des ravages dans le même escadron ; on lui redonna quelques chevaux des autres. Enfin on traversa l’'Estramadure , et pendant un assez long séjour à Séville , la même nécessité amenée par les mêé-

. mes causes, obligea le colonel à prendre la même

mesure. Je vous observe que les chevaux frappés de la morve n'étaient pas seulement ceux qui venaient de l’escadron tel qu’il avait quitté Maubeuge, mais.indistinctement ceux-là et ceux ajoutés depuis et ayant appartenu aux autres escadrons qui n'avaient point cette maladie.

« Enfin, la campagne étant terminée, le régiment revint en France et trouva à Poitiers sa

RE « nouvelle garnison : deux nouveaux escadrons «de dépôt composés de recrus et de chevaux de « remonte. Ces deux escadrons étant plus nom- « breux que les quatre qui revénaient de cam- « pagne, on imagina de les refondre tous en- « semble pour en faire six à peu près complets et « pareils en jeunes et en anciens. Peu de temps « après cette nouvelle organisation, la morve se « manifesta dans les six escadrons à la fois ; car « les hommes, en changeant de compagnie, « avaient presque tous emmené leurs chevaux, «et le deuxième escadron où j'étais capitaine n'a-

Lou.

« vait conservé qu'une dizaine de chevaux venant « de faire la campagne d'Espagne.

« Je certifie l'exactitude de ces faits et en ferai « certifier au besoin par les ofliciers qui, à cette « époque , étaient avec moi au 7° régiment de « dragons, devenu depuis 7° de cuirassiers, « Le comte CERTAIN DE BELLOZANNE. »

Cette narration n’a guère besoin de commentaires. J’observerai seulement que M. le comte de Bellozanne, qui n’a pas spécifié l'espèce de la morve, a infailliblement raconté un fait de contagion de morve chronique, espèce qui, du reste, est incomparablement plus commune que les autres. Les non-contagionistes ne pourront pas non plus invoquer l'influence de la nourriture, ni des fati-

me OU gues. Rien n'a été particulier au deuxième escadron, si ce n’est la morve qu'il a propagée toutes les fois qu'il setrouvait en communication avec des chevaux qui ne lui appartenaient pas.

M. Barthélemy a eu aussi l'obligeance de me rappeler un fait dont il a souvent entretenu ses élèves dans ses lecons. Il suffirait certainement à lui seul pour convaincre les plus incrédules :

Pendant les guerres d'Allemagne, le 3° régiment de chasseurs eut occasion d'incorporer dans plusieurs escadrons des chevaux morveux. Bientôt la morve se propagea à tout le régiment. Ce même régiment fut pendant très long-temps de brigade avec le 1°" de chasseurs, dans lequel M. Barthélemy était vétérinaire en chef. Il fut soumis aux mêmes fatigues, à la même nourriture, et cependant la morve ne fit pas de ravages dans le régiment de M. Barthélemy.

Ces faits , et d'autres faits analogues d'une observation journalière, sont des plus concluants.

J'ai inoculé, par application et par piqüre, du liquide provenant de la narine d'un cheval atteint de la morve chronique et j'ai produit la morve. J'ai inoculé du pus phlegmoneux , du pus provenant d’abcès ouverts sur un homme atteint de fièvre typhoïde , du pus varioleux, du pus syphilitique, du pus provenant d'une fistule ancienne au garot , avec carie du ligament cervical, du pus pris dans une fistule de la couronne, avec carie du

Ie cartilage latéral de l'os du pied, etc., et je n’ai point vu la morve se développer.

J'ai inoculé du liquide provenant d'hommes atteints de la morve et j'ai produit la morve.

M. Barthélemy m'a dit avoir vu se développer la morve chez le cheval par suite de l’inoculation de la morve chronique. |

Mais, pour convaincre aujourd’hui les noncontagionistes , il ne suffit pas de citer les exemples les plus authentiques d'inoculation de morve et de farcin chroniques. Quand on leur parle de ces exemples, ils disent que l’on a pas eu soin de spécifier la nature de la morve inoculée (1), ou que les sujets étaient disposés par avance à devenir morveux ou farcineux. Toutefois, dans cette singulière théorie, il est assez extraordinaire que la morve et le farein se soient toujours déclarés au moment même où l’on expérimentait.

En résumé, ce n’est pas la quantité, mais bien la quahté du pus qui devient la source de la morve et du farcin. Pour qu’une petite quantité de pus absorbé produise la morve ou le farcin, il

(1) Je ne connais qu'un fait publié antérieurement à mes expériences, où l’on ait établi d’une manière positive que du pus pris sur un individu atteint du farcin chronique, ou du moins d'un farcin dont l'origine datait de plus d’un mois, ait produit le farcin chronique, Ce fait, qui appartient à l'école de Lyon, a été rapporté dans le Recueil de médecine vét., octobre 1838.

faut que ce liquide ait appartenu à un animal morveux ou farcineux.

J'ai inoculé plusieurs fois du pus provenant de sujets atteints de maladies diverses, et je n'ai Jamais produit la morve et le farcin.

$ V. PoLicE SANITAIRE. — TRAITEMENT DE LA MORVE ET DU FARCIN.

La morve est une maladie très grave : à l’état aigu, elle est le plus souvent mortelle; à l’état chronique , elle est le plus souvent incurable.

Le farcin est plus souvent susceptible de guérison que la morve.

Les rechutes sont fréquentes, à l’égard de la morve chronique surtout.

Si les chevaux morveux et farcineux qui, en général, sont fort délaïssés, étaient convenablement soignés, et si le traitement était continué longtemps, on en guérirait probablement un plus grand nombre. Toutefois, les dépenses doivent être proportionnées au prix du cheval et aux chances de guérison.

L'animal doit être immédiatement sacrifié, s’il y a des chances d'infection pour d’autres chevaux.

Quoique les réglements de police sanitaire à l'égard de la morve soient extrêmement sévères , ils doivent être mis à exécution, sauf quelques mesures relatives à la désinfection et à l’enfouis-

sement qui, dans mon opinion, doivent être modifiées.

De nombreuses recherches et une longue pratique m'ont convaincu que les lésions véritablement morveuses et farcineuses sont souvent le résultat d'une affection générale produite par une cause infectante particuliére, par un contagium.

On n’a pas encore découvert de moyens propres à détruire ce contagium , où à combattre sûrement les lésions qu’il détermine.

Dans l'impossibilité où l’on est aujourd’hui de combattre, par un spécifique, la morve aiguë et le farcin aigu, on a généralement recours à un traitement analogue à celui que les médecins emploient dans quelques maladies éruptives graves : on modère les inflammations locales et le trouble général des fonctions par le repos, par des boissons adoucissantes , et quelquefois par la saignée, par des fumigations émollientes dans les narines. On pratique des scarifications sur les régions infiltrées de sang et de sérosité. Dans le farcin aigu, on cautérise les tumeurs farcineuses dés qu’elles apparaissent.

J'ai pratiqué plusieurs fois sans succès l'opération de la trachéotomie, dans la morve aiguë.

Dans la rmorve etle farcin chroniques, un exercice modéré est salutaire ; la nourriture, l’avoine, le foin et la paille doivent être de bonne qualité. On donne en outre de la farine de froment ou du

froment en grain en petite quantité. En général, les chevaux morveux et farcineux doivent être bien nourris.

On nettoiera fréquemment les naseaux des chevaux morveux et on entretiendra la plus grande propreté autour d'eux, dans leur mangeoire, etc.

Dans la morve chronique, lorsque les ulcérations de la membrane muqueuse sont blafardes et que cette membrane est pale, on a recours aux fumigations chlorurées ou iodurées (1). On fera en même temps des onctions et des frictions sur les ganglions lymphatiques et sur les testicules tuméfiés. On administrera à l'intérieur des préparations iodurées, des préparations ferrugineuses et des extraits de plantes amères.

Lorsque les sinus frontaux ou les. cavités des cornets sont remplis de matière purulente, ce dont on s'assure par la percussion, la morve est incurable. La trépanation et les injections conseillées par Lafosse père ne m'ont jamais réussi.

Dans tous les cas, la gravité de la morve ne permet pas de donner, sans perte, des soins long-temps continués. Quand les animaux sont de bas prix, il faut les sacrifier immédiatement. En général, je conseille de ne pas dépenser , en soins, plus du dixième de la valeur de l’animal. J’ai remarqué

(1) Voyez sur cette méthode de traitement les recherches que j'ai publiées dans le Journal de médecine vélérin., année 1834, some I, page 10.

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