‹ Des diverses espèces de morve et de farcin considérées comme des formes variées d'une même affection générale contagieuseChapitre 7 sur 14 · BAIN |A · texte numérisé non relu

BAIN |A

sont moins bien nourris , moins bien soignés, ils maigrissent ; leurs poils deviennent ternes , lbérissés ; ces chevaux ne conservent plus la même énergie; ils ne sont plus capables de faire les mêmes travaux, et souvent alors les premiers symptômes de la morve et du farcin chroniques se modifient et passent , comme on le dit, à l’état aigu ; état qui est annoncé par des symptômes généraux plus manifestes, par un dépérissement subit, par un trouble très apparent dans les principales fonctions. Les crins sarrachent facilement; les poils se hérissent davantage, la peau est sèche, brûlante; l’appétit cesse, la bouche est sèche, pâteuse; les yeux s'enfoncent et deviennent chassieux; la circulation est très irrégulière ; l’état du pouls est trés variable, selon les organes qui sont le principal siése des lésions; le pouls est plein, lorsque des tuméfactions doivent surgir aux membres, dans le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire; il est petit, serré, vite, quand les articulations deviennent malades et qu’elles sont douloureuses; il est petit, faible, irrégulier, lorsque les poumons sont envahis par des masses de sang qui doivent plus tard former de vastes ecchymoses; il est irrégulier quand on le compare à diverses heures de la journée ; toujours ilest vite. Les mouvements respiratoires sont également fort irréguliers; tantôt ils sont vites , tantôt ils sont plus

ne. pi

lents et pénibles, dans le temps de l'expiration surtout. Ils sont du reste en rapport avec les lésions pulmonaires qui existent certainement déjà à cette époque, sans que les symptômes bien particuliers à la morve ou au farcin aigus soient apparents.

La toux est aussi un prodrôme , mais c’est un signe d'une faible valeur.

Il y a fréquemment des frissons, des c/audicalions qui annoncent ordinairement des engorgements au membre dont le cheval boite. Ces claudications , qui ont été signalées par plusieurs auteurs, et notamment par Chabert, peuvent également annoncer le développement de la morve et du farcin chroniques.

Aïnsi il existe toujours des prodrômes plus ou moins saillants de la morve, du farcin, même pour la morve chronique transmise. Dans ce dernier cas , ils sont moins sensibles , et 1ls sont assez souvent si peu saillants, que l’on peut dire que l'animal a une apparence de santé.

Lorsque la morve et le farcin aigus ne sont pas précédés de la morve et du farcin chroniques, ce sont encore les symptômes que j'ai signalés plus haut, qui sont les signes précurseurs de ces lésions. Elles ne débutent jamais, je le répète, par les symptômes caractéristiques de ces maladies graves. | |

Après avoir indiqué les principaux symptômes

et les lésions qui caractérisent la morve et le farcin (S 11), je crois devoir citer un exemple pris parmi ceux qui présentent le moins d’irrégularité dans leur marche, et qui, dans leur cours, offrent successivement tous les symptômes des principales variétés de la morve et du farcin :

- Un cheval entier, après un an d’un travail journalier très rude, mange moins bien que d’habitude, maigrit sensiblement et continue, malgré cela, son service. Le poil devient terne, hérissé:; le cheval sue beaucoup au travail, ses flancs sont retirés; il est presque toujours couché quand il est à l'écurie, se relève avec peine ; les membres postérieurs s’engorgent quand il est en repos. Il boite de temps à autre du membre postérieur gauche. On le laisse reposer quand il devient boiteux ; puis après quatre à cinq Jours, on le remet au service, quoique sa maigreur augmente. Les enveloppes du testicule gauche se tuméfient , sont chaudes, douloureuses. On combat cet engorgement, d'abord avec de l'onguent populéum ; puis, quand il n’7 a plus de chaleur , on fait des onctions avec de la pommade hydriodatée ; la tumefaction disparait presque complètement par suite de ce traitement. Le cheval est remis au travail, quoiqu étant encore dans un mauvais état; on le laisse seulement reposer de temps en temps. Deux mois après, réapparition du gonflement du testicule ; quatre mois environ après les premiers

Page 1