Des diverses méthodes de traitement des plaies
Le sujet qui nous est échu est d'une importance capitale et d'une incontestable actualité. Aujourd'hui, en effet, que l'architecture et l'hygiène hospitalières ont tant progressé depuis le rapport de Tenon, que le manuel opératoire est arrivé à un degré de simplicité et de perfectionnement remarquable ; aujourd'hui que, grâce à l'efficacité de nos procédés hémostatiques, l'hémorrhagie n'est presque jamais un danger, et que l'anesthésie a supprimé la douleur, il semblerait, de prime abord, que la plupart des opérations doivent avoir un heureux résultat. Qu'il est loin d'en être ainsi, et quelle désillusion éprouverait celui qui, imbu de cette idée , ouvrirait le nécrologe des hôpitaux de Paris ! Il y verrait la mort survenant à la suite des opéraj tions les moins importantes : c'est que toutes les bonnes conditions que je viens de signaler sont encore impuissantes à prévenir l'érysipèle, la lymphite, la phlébite, l'in fection purulente.
Aux chirurgiens de notre époque incombe donc la tâche de chercher à neutraliser ces fléaux. Des tentatives, dans Dubrueil. »
deux voies différentes, ont été faites dans ce but depuis quelques années. Changement dans les moyens de diérèse, modifications dans le traitement des plaies, tels sont les moyens employés à cet effet: c'est de ce dernier point que j'ai à m'occuper. J'aurai à signaler l'application de moyens entièrement nouveaux ou de moyens oubliés et remis à neuf, à les comparer aux méthodes anciennes sur lesquelles j'insisterai moins longuement, et enfin à les juger.
Ce travail sera divisé en deux parties : la première consistera dans l'exposition des divers modes de traitement des plaies ; la seconde renfermera le parallèle des différentes méthodes , leurs avantages , leurs inconvénients, enfin le jugement que je croirai pouvoir porter sur elles.