‹ Des diverses méthodes de traitement des plaiesChapitre 7 sur 17 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Arthrite suppuréc du genou gauche.

Amputation de la cuisse. — Emploi des lotions alcooliques et de l'appareil pour l'occlusion pneumatique. - Guérison.

Léclanchol (Jacques), âgé de 63 ans, marchand ambulant se présema à l'Hôtel-Dieu, le 18 mai 1866, pour y è(re traité

Amputations Guérisons

de cuisse 7 6

de jambe 3 3

des deux jambes 1 »

avant-bras 1 1

Résections du tibia 2 2

d'une tumeur blanche du genou gauche. Cette affection, encore de date récente, puisqu'elle remontait à peine à huit mois, avait fait des progrès rapides el déterminait d'horribles donleurs. Bien que, dès le premier jour, ou eût reconnu l'existence d'une suppuration iulra-arliculaire, on crut devoir tenter l'action des moyens résolutifs. Le malade fut soumis à L'usage de l'iodure de potassium; le membre Put parfaitement immobilisé; ou exerça sur l'articulation une compression douce et méthodique. Malgré l'emploi de ces moyens, il ne se produisit aucune amélioration; loin de là, l'état général, déjà fort ébranlé, s'altéra de plus en plus, au point qu'on dut hésiter à proposer l'amputation, de crainte que le malade ne pût la supporter. Après mûres réflexions, cependant, l'opération fut décidée et exécutée, le 18 juin 1866, de la manière suivante :

Le malade étaut soumis au chloroforme, M. IWaisonneuve tailla d'abord, par transfixion, un large lambeau externe; dans un deuxième temps, il fit la section du fémur; puis, reprenant le couteau, il acheva l'opération en taillant à plein tranchant un large lambeau interne.

Les ligatures furent ensuite pratiquées avec soin , la plaie lavée avec l'alcool à 40 degrés, puis essuyée avec un linge sec ; ses lèvres furent rapprochées mollement et maintenues au moyen de quatre points de suture très-espacées. On appliqua de suite sur le moignon des compresses longuettes, puss une bande, circulaire, le tout imbibé d'une solution de permanganate de poiasse. Ceci étant fait, M. Jules Guérin, qui avait proposé d'expérimenter devant les élèves son appareil d'occlusion pneumatique, voulut bien eu faire l'application : il coiffa d'abord le moignon, couvert de son pansement, d'un bounet de caoutchouc vulcanisé muni de son tube; il adapta ensuite ce tube à un cylindre en cuivre de 40 litres environ de capacité, dans lequel le vide avait été préalablement fait à 0,75. Aussitôt que l'on eut tourné le robinet du cylindre pour établir la communication entre les deux capacités, l'air contenu dans le bonnet de caoutchouc fut vivement aspiré, et les parois élastiques du manchon vinrent s'appliquer avec exactitude sur le moignon, en exerçant sur lui une compression douce et régulière. Chaque jour, â la visite, le pansement fut renouvelé dans ses couches superficielles, el, dès le troisième jour, on put, en enlevant quelques bandelettes, constater que la réunion était

parfaite dans toute l'étendue de la plaie, sauf en deux points qui étaient restés ouverts, el par lesquels s'était écoulée une certaine quantité de liquides sanieux et purulents. Aucun accident fébrile, ou autre, ne se manifesta. Le sixième jour, on enleva les fils des sutures, et, vers le douzième jour, les fils à ligature furent éliminés spontanément.

Cette cicatrisation, obtenue si rapidement, ne s'est pas démentie, seulement les deux trajets fistuleux ont persisté plusieurs mois; mais la sauté générale est devenue parfaite, et le malade s'exerce à marcher avec son cuissard.

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