‹ Des diverses méthodes et des différens procédés pour l'oblitération des artères, de leur avantages et de leur inconvéniens respectifs. De la réunion immédiate des plaiesChapitre 34 sur 45 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Conditions favorables à la réunion par première intention .

Pour que la réunion sans suppuration puisse s’opérer facilement entre les lèvres d’une plaie , il est important qu’elles présentent certaines conditions dont l’absence la rend ou tout-à-fait impossible ou extrêmement difficile. Ces conditions sont :

1° Que la vie existe dans les deux surfaces que l’on applique l’une à l’autre , et que la circulation s’y exécute librement , afin que l’une et l’autre puisse en quelque sorte fournir son contingent de vitalité , dans l’œuvre commune de la réunion.

Il y a peu de temps encore que l’on était porté à regarder cette condition comme tout-à-fait indispensable , et à révoquer en doute les faits rapportés par quelques auteurs de réunions opérées entre des parties tout-à-fait détachées , et la surface dont elles avaient été séparées. Cependant ces faits aujourd’hui se sont tellement multipliés , ils ont eu tant de témoins , et ont été observés dans des circonstances et à des époques si différentes , que bien que l’imagination reste confondue devant eux, force est bien de les enregistrer dans le domaine de la science.

Rappelerai-je ici ces observations de nez coupés, et réappliqués avec succès , que Fioravanti , Molinelli, Garengeot, Dionis, etc. , nous ont fait connaître , ainsi que le singulier moyen dont le premier s’est , dit-on , servi pour nettoyer le bout détaché

qu’il a remis en place ; les deux oreilles rattachées par M. Mackau, les bouts de «doigts rajustés par M. Balfour, d’Edimbourg (1) , par M . Barthélemy (2), par M. Piedagnel (3), et beaucoup d’autres.

Ces faits , ainsi que nous venons de le dire , bien qu’extraordinaires et à peu près inexplicables , doivent être admis ; mais ils n’en constituent pas moins des exceptions rares. Et quoique les expériences si connues de Duhamel , qui insérait avec succès sur la tête d’un coq , l’ergot détaché de la patte de l'animal , quoique celles de Baronio (4) qui enlevait à des animaux des lambeaux de tégumens qu’il réappliquait à d’autres points de la surface du corps , soient propres à prouver qu’une partie complètement détachée peut reprendre vie ; cependant comme ces dernières expériences répétées en France par M. Gobier , professeur à l’école vétérinaire de Lyon , n’ont point réussi ; comme d’autres expériences directes, tentées par Percy et par M. Richerand , sur des chiens auxquels le nez coupé a été réappliqué avec soin , ont également échoué ; comme enfin , dans des cas analogues à ceux rapportés plus haut, le nez séparé par un coup de sabre et réappliqué par Percy , s’est flétri et mortifié sans se réunir aux parties vivantes , il en résulte que la condition de jouir de leur vitalité, et d’être parcouru par le sang est pour les tissus que l’on veut réunir , sinon indispensable , au moins , ainsi que nous l’avons dit d’abord , de la plus haute

(1) The London and Paris observ. 31 août 1828.

(2) Lancette frauçaise.

(3) 36° bulletin de la société anatomique.

(4) Uegli innesti animali, 1804.

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