‹ Des diverses méthodes et des différens procédés pour l'oblitération des artères, de leur avantages et de leur inconvéniens respectifs. De la réunion immédiate des plaiesChapitre 45 sur 45 · PLANCHE II · texte numérisé non relu

PLANCHE II

Fig. 1. Insecte figuré par Bonomo ; l’auteur a représenté à la fig. b ces bosses que nous avons eu occasion de remarquer sur le dos de l’insecte ; si on ne compte pas trop rigoureusement les appendices dont le corps est entouré , on ne peut nier un instant que l’auteur s’est rapproché beaucoup de la nature.

La fig. 2 est celle de Degeer , c’est une ébauche pleine de vérité. La figure a été faite à la loupe.

Fig. 8. Insecte de la gale du cheval vu sur le ventre à un grossissement de 100 fois.

Fig. 4. Insecte du fromage et de la farine , que M. Gales a fait passer pendant 18 ans pour l’insecte de la gale. Cette figure a été très-habilement dessinée par le peintre de M. Galès.

Fig. 5. C’est la figure tirée des actes des érudits. Le corps a été tracé à la hâte ; mais le nombre des organes y est exact , et l’animal s’offre souvent sous un jour qui représente très-bien cette figure, ainsi que celle de Bonomo.

Fig. 6. Insecte horriblement mal dessiné, ou peut-être calqué par M. Patrix sur de très-mauvaises figures de l’insecte du fromage publiées pas Cestoni, pl. 1.

L’insecte est-il le parasite ou l’artisan de la gale ?

La question a changé totalement de face , depuis qu’il a été démontré que l’insecte existe dans la gale de nos hôpitaux , comme dans la gale de contrées méridionales , et que si , jusqu’à ce jour , on ne l’a pas trouvé , c’est parce qu’on l’avait mal cherché.

Pour décider la question , il faut donc reprendre les expériences d’après une nouvelle méthode.

Si le sillon que Casai appelle le cuniculus et qui est l’ouvrage de cet insecte fouisseur, se rencontre auprès de chaque pustule, alors même que l’insecte ne s’y retrouverait pas, ce serait déjà une grande probabilité pour croire que la pustule est l’effet de ce travail de l’insecte. Les pustules galeuses seraient alors des éléborations anormales déterminées par la présence et la succion d’un insecte , qui désorganiserait le tissu en s’en nourrissant; phénomène qu’on a tant d’occasion de remarquer sous Fépiderme des plantes , où la présence et le développement d’un insecte microscopique déterminent la formation d’excroissances

dont les caractères sont constans , et dont les effets sont toujours indentiques, Ce qui viendrait à Fappui de cette opinion , c’est qu’on ne trouve jamais l’insecte de la gale dans la pustule , qu’il paraît même mourir quand on le plonge dans le pus qu’on en retire ; en sorte que la pustule doit être non l’objet de sa friandise , mais l’effet de son travail sous-cutané.

Il est nécessaire que le médecin , placé pour ce genre d’observations plus convenablement que le naturaliste , se mette à la recherche de tout ce qui, sur l’épiderme, porterait le caractère d’un sillon , et qu’il assiste chaque jour , après avoir bien noté la localité , aux conséquences de ce travail de l’insecte : si la pustule se forme toujours consécutivement au sillon , et que le sillon ne se forme jamais après la pustule , il deviendra évident que la gale est le produit et non l’appat du sarcopte.

On a essayé l’inoculation de la gale par le pus de la pustule ; ce moyen n’a jamais donné la gale à personne. M. Gras, de l’hôpital Saint-Louis, vient d’essayer de se donner la gale en se fixant sur la peau un de ces insectes , au moyen d’un verre de montre , sous lequel il le tient emprisonné. Il a observé que l’insecte s’était tracé un sillon, et qu’au bout de chaque sillon il s’est formé une pustule. Cependant , tout en admettant que l’insecte de la gale soit l’artisan de cette maladie cutanée , il faudra bien admettre que toutes les peaux ne seront pas dans une disposition telle que l’insecte soit porté à y faire son travail. Vous auriez beau couvrir certains rosiers par le puceron qui en dévore tant d’autres , le puceron n’y reste-

rait pas long-temps; il faut qu’il rencontre dans les tissus une qualité qui convienne aux besoins de sa friandise, ou plutôt à ceux de sa nutrition.

J’ai eu l’occasion , dans le cours de ces recherches , d’examiner chimiquement les sels que cet animal abandonne à l’eau distillée dans laquelle on l’observe. Il reste sur le porte-objet des cubes déliquescens et entourés d’un liquide difficile à s’évaporer. Ces cubes m’ont paru être du sel marin; car ils se dissolvent dans l’eau , sans effervescence dans l’acide hydrochlorique , et avec la plus vive effervescence dans l’acide sulfurique concentré. Quant au liquide déliquescent, il provient d’une autre substance que je n’ai pu déterminer.

J’ai dit, dans mon nouveau Système de chimie organique, que l’étude du pus et des produits animaux de la décomposition des solides et des liquides devrait désormais se diriger , non vers les globules qu’on y rencontre, globules qui n’en sont que des accidens , mais vers la connaissance des sels qui les distinguent , et parmi lesquels les sels à base d’ammoniaque et peut-être les hydrocyanates jouent un très-grand rôle. Mes recherches ultérieures me confirment de plus en plus dans cette opinion , et je ne saurais trop inviter les médecins à entrer dans cette voie nouvelle d’investigations organiques.

Enfin , s’il devenait probable que la gale est le produit de l’insecte , il serait rationnel d’employer, dans les médications, l’action du camphre, qui jouit de la propriété d’empoisonner les mites ou de les éloigner.

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