‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 111 sur 225 · Exode, xxxiii, 18-22 ; xx, 18 <‘l 19, ni, 14, elc · texte numérisé non relu

Exode, xxxiii, 18-22 ; xx, 18 <‘l 19, ni, 14, elc

3. Timer, p. 28. licpubL, hv. vi, p. 309. ïciuieiiuuiu, iem des plaion. rhil., i. lu, p. 12G.

UES DOCTIUNES «ELIGIEUSES DES JUIFS IHÎ

Irès-souvcnl sur ce point », qui so lie d’ailleurs avec d’autres parties de son système.

l^a masse illettrée croyait aussi, comme le sa- . vant ÂJexandrin, que la connaissance de Jéhovah est impossible à l’intelligence humaine ; mais in capable de donner à celte idée un sens philoso . phique, elle ne la comprenait que sous la forme d’une superstition puérile. C’était une croyance générale en Israël que le nom de l’Éternel est un mystère et ne peut être prononcé. Celle croyance, qui s’est maintenue pendant des siècles, est d’une date fort ancienne, on la trouve déjà dans la version des Septante ; elle remonte certainement plus haut.

Ï1 y a dans le Lévilique (xxiv, 15 et 16) une loi Ir^-précise et très-claire contre les blasphémateurs. « Tout homme, y est-il dit, qui aura » maudit son Dieu, portera la peine de son péché. » Quiconque aura blasphémé le nom de l’Élernel » sera puni de mort ; il sera lapidé par tout le » peuple. Israélite ou étranger, qu’il meure, il a

I. De Somniis^ i, §§ 17 cl 39. Dr. VHa Mosis, 25, où il commenlc dîin‘î le sons intln^uc. Exode, iii, 14. Quod deter , § 41.

IH4 Üi:S DüllTRIM'S BKUGIEUSES DES JllFS

» blasphémé le nom de Dieu. » Tel est le sens littéral du texte hébreu, sens fort net et se prêtant peu à un malentendu. Les Septante lui substituent une tout autre idée : « Quiconque maudira Dieu, « dit la version grecque, commettra un péché. » Celui qui prononcera le nom du Seigneur sera puni de mort. Toute l’assemblée d’Israël le lapi- » dera ; prosélyte ou indigène, qu’il soit mis à )î mort pour avoir prononcé le nom du Seigneur. » Ainsi, dans la pensée du traducteur, c’est un crime aussi grand, plus grand môme, de prononcer le nom de Jéhovah que de le blasphémer et le maudire *. Comment une idée si fausse, si bizarre, aurait-elle pu prendre la place de la prescription mosaïque, si le traducteur n’avait pas été égaré par l’opinion répandue partout autour de lui, parmi ses coreligionnaires, que le nom de Dieu est un profond mystère qui ne peut être dévoilé sans crime

1. Telle est la réflexion que Pliilon fait sur eetle prescripliori qu’il croit l’œuvre de Moïse et qu’il n’oublie pas d’invoquer en faveur de la théorie de rineffabilité du nom de Dieu. De VUa Mos„ III, § 25.

2. Celte opinion se' trouve é^'alcmontdans les fragments juifs des oracles sih\lliMs, liv, ni, vers 18 cl l'b

ÜES DüCTIUNES RELIGIEUSES ÜES JUIFS 18.1

Ce n’est pas cependant en lîgyple qu’elle peut avoir pris naissance. Ce nom , qu’il n’est pas permis de prononcer, est un mot hébreu, propre au texte original et non à la version des Septante. La Palestine fut le lieu où elle se forma ' ; elle se répandit de là parmi les Juifs hellénisles. Née probablement du respect qu’inspirait le nom vénéré de Jéhovah, elle ne tarda pas à se grossir d’idées superstitieuses, qui envahirent môme les écoles et qui ont régné longtemps parmi les docteurs d’Israël. On sait que, dans le texte massoréliqiie , ce mot ne porte pas les points-voyelles qui lui conviendraient pour en exprimer la prononciation primitive, que les Juifs ne le lisaient pas même tel qu’il est avec sa ponctuation artificielle -, et que, quand ils le rencontraient, ils disaient \donaï Les massorètes ne firent que se

t. Josèplie, Antiq.^ ii, 12, 4; Talm. Sanh.. ch. 2, fol. 90; Maïmonidcs, Jad Chazaka, ch. 14, § 10.

2. Jéhovah, c’cst bien ainsi que ce mol, tel qu’il est ponclud ilans nos Bibles, doit se prononcer; mais la prononciation primitive et vraie en était tout autre. Vovez mes l•^ludrss^n' Iti Itihle, Anv. Testam., p. 1 17 et suiv.

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