‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 116 sur 225 · lîcruc (fcrmanifjuc, soplcmbrc 1858, j>. 467 cl · texte numérisé non relu

lîcruc (fcrmanifjuc, soplcmbrc 1858, j>. 467 cl

gardés mainlenanl comme peu dignes de la majesté divine. Le brillant tableau que trace Ésaïe, du Seigneur assis sur un trône élevé, remplissant le temple des pans de sa robe et entouré de séraphins qui. célèbrent sa gloire S ne semble pas même donner aux esprits de cette époque une idée vraie et convenable de la divinité. Qu’on s’en rende compte ou non, le Dieu que l’on conçoit est un Dieu abstrait. On se le représente d’autant plus pur qu’il est plus différent du monde et de la nature humaine , qu’il est moins en contact avec leurs misères, qu’il est relégué plus loin des choses créées. Telle est la pensée secrète ou avouée qui inspire aussi bien les spéculations des savants que les superstitions populaires.

Esf-ce à dire qu’un abîme infranchissable ait été creusé entre Dieu et le monde? Un peuple dont l’existence tout entière reposait sur la foi en une révélation, ne pouvait le croire sans se renier luimême. Par respect pour la sainteté de Dieu, il l’a éloigné des choses sensibles ; mais il a cru par là élever son trône et non l’en faire descendre. Dieu

Page 1