La vision «rÊzéchiel est le thème des spéculations sur
(l’un^ pelil cercle d’iniliés leurs spéculalions sur cos mystères. Ils élaieiil surtout très-réserves sur ce qui concerne la vision d’Ézécliiel. Il n’était permis à personne de la lire avant sa trentième année révolue. On n’en confiait les explications verbales qu’à des disciples choisis, à un seul à la fois et jamais en présence de plusieurs. Il était interdit d’en parler devant la foule. Des profanations de ce genre passaient pour téméraires et exposaient à des dangers'. Ces spéculations, transmises sdus le voile du mystère, ont laissé peu de traces dans le Talmud, dont la tendance pralicjue se préoccupait plus de la direction morale des âmes que de théories abstraites, étrangères et inutiles, comrnç le disait Jésus, fils deSirach, à la vie réelle ; mais elles devinrent le centre des doctrines de la secte dissidente des esséniens. Elles furent peut-être une des causes.de sa formation. Il est vraisemblable, en effet, que les hommes
l’csscncc divine, .)faassé Merkaha, ol le premier chapitre de la Genèse, celui des spéculalions sur la prodiiclioii du monde siiprascnsible el des choses visibles, Muasse iJereschif.
1. 7amz, ibid. p. 163; Bible de Cahen, l. \i, p. 7'> el 76;. Franck, la Kabbale, p. ;i3-b6.
d’un esprit mystique et porté aux- spéculations
abstraites, ne trouvant aucune satisfaction dans les %
écoles pharisiennes, où régnait une tendance pratique, se rapprochèrent les uns des autres pour s’entretenir des idées qui les intéressaient. Elles reçurent probablement au milieu d’eux de plus riches développements, et ils les transmirent h leur tour sous une forme plus complète à la Kabbale et au gnosticisme
Les spéculations esséniennes et celle des Alexandrins sur le principe premier et sur la production des choses, les superstitions populaires sur le nom ineffable de Dieu, le soin des paraphrastes chaldaïques et des Septante pour dissimuler les théophanies et les anthropomorphismes du texte hébreu, voilà des indices irrécusables d’une tendance théosophique bien prononcée, dans les deux ou trois siècles antérieurs à l’ère chrétienne, dans toutes les branches de la famille d’Israël. Ces rapports familiers entre Jéhovah et les patriarches, dont les récits remplissent la Genèse, sont re-