Jean, I, 1; 1 Tim., iii
i04 DES DOCTIUXES UELlf. lE USES DES JUIFS
raplirases chaldaïques, ni dans Philon *. Celui-ci le désigne bien sous le nom de Dieu second mais jamais sous celui de Dieu. Enfin, l’idée de l’incarnation d’une puissance divine et, à plus forte rai-
son de Dieu, est opposée à l’esprit juif, qui n'eut pas de plus grande préoccupation que de faire disparaître par des explications arbitraires les théophanies du Pentateuque. Philon a soin de faire remarquer que le « Verbe divin, supérieur à toutes .choses , ne vient pas sous une forme sensible , qu’il n’est semblable à rien de sensible, qu’il est l’image de Dieu, le premier-né de tous les intelligibles » c’est-à-dire aussi distinct du sensible que Dieu lui-méme.
Toutes les fonctions attribuées au Logos juif
1. M. Dæline (Gcsc^. Dafstell. derjud.-alcx.Religions^phil., t. !*'■, p. 437), croit que Philon voyait dans le Logos, le Messie attendu par ses coreligionnaires. Cette opinion aurait eu besoin de preuves, et M. Dæhne n’en donne pas.
2. ’Exépoç OÉoç, Philonis fragmenta dans Opera^ édit, de Leipzig, t. VI, p. 175, et dans Euseb., Prœp. evang., vi , 13.
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DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS 2or.
s’accordent à nous faire voir en lui la plus haute des puissances divines intermédiaires entre Dieu et le monde ^ Il n’y a rien de plus ni rien de moins dans la conception que les Juifs s’en faisaient , et tout ce que nous avons ici à rechercher, c’est d’abord à quelle source ils ont puisé la notion d’un être intermédiaire entre Dieu et le monde, et ensuite pour quelle raison ils l’ont désigné sous le nom de Verbe. Il s’agit, en effet, d’expliquer à la fois la doctrine et la terminologie sous laquelle elle est exprimée ; car il n’y a pas un accord nécessaire et forcé entre l’une et l’autre, et la preuve, ^ c’est que, avant que la doctrine fût tout à fait arrêtée, on représenta cet être intermédiaire encore mal déterminé sous les noms de la Sagesse -ro-pia, d’Esprit Saint, TrvsOfjLa ayiov-, etc.
Il se présente ici une question préjudicielle dont la solution ne sera pas inutile à la discussion à laquelle nous allons nous livrer. Cette doctrine.
1. Dans V Ecclésiastique, la Sayesse de Saloinou ol les fraj^inents qui existent encore d’Aristobule.
2. Sagesse de Salomon^ i, 7, vu, 7; ix, 17; xii, I: Ecclésiastique, XLViii, \2\ Judith, XVI, 14.
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]a même, quant au fond, chez les Juifs de la Palestine et chez ceux d’Alexandrie, formulée parles uns et par les autres d’une manière tout à fait semblable, ne s’est pas formée, sans doute, à la fois et indépendamment, dans l’Égypte et dans la Palestine. Née dans l’une de ces deux contrées, elle passa ensuite dans l’autre. Dans laquelle des deux a-t-elle pris naissance ?
On gagnerait peu de chose à comparer les dates des premiers écrits qui en font mention, à supposer môme qu’on pût fixer ces dates d’une manière précise. D’ailleurs, dans les deux écrits auxquels nous pourrions en appeler , la Sagesse de Jésus, fils de Sirach, et la Sagesse de Salomon, cette doctrine n’est pas encore arrêtée ; elle y est seulement en voie de formation ; et, à l’époque où elle se montre à nous bien formulée, dans les Targums d’Oiikelos et de Jonathan et dans les traités de Philon, il y avait longtemps qu elle devait être répandue dans les écoles juives. Nous sommes donc obligés de recourir à un autre ordre de considérations.
C’est un fait incontestable que les Juifs de la Palestine n’avaient pas avec leurs coreligionnaires
d’Alexandrie les mômes relations qu’avec ceux de la Babylonie. Parmi les hommes célèbres qui enseignèrent à Jérusalem et dont les noms sont cités dans lés traditions juives, il en est plusieurs qui étaient nés sur les bords de l’Euphrate ; il n’esl jamais fait mention d’un docteur venu d’Alexandrie pour enseigner dans la ville sainte. Il y a plus, le Talmud ne comprend pas l’Égypte au nombre des pays dans lesquels dorissait le judaïsme*, et, ce qui peut paraître plus singulier, c’est que cette opinion semble avoir été partagée par les Juifs alexandrins eux-mêmes, qui se considéraient comme des exilés, même encore quand ils ne nourrissaient plus aucun désir de rentrer dans la mère-patrie On sait du moins que, pour Philon, cette expression des livres saints : « descendre en Égypte, » signifie : déchoir d’un état spirituel à un état sensuel
Il est digne de remarque que les écrivains