‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 125 sur 225 · Je célèbre la parole sainte, la très-brillante · texte numérisé non relu

Je célèbre la parole sainte, la très-brillante

55. Je célèbre le ciel, qui s’est produit luimême, le temps infini, l’air qui agit là-haut;

56. Je célèbre le vent, le rapide vent qu’a créé Ahura-Mazda, et Spenla-Armaiti , la charmante fille d’Ahura-Mazda ;

216 DES DOETHLNES UELUUEUSES DES JUIFS

57. Je célèbre la bonne loi mazdéenne, la loi de Zarathuslra contre les Daévas. »

Il est évident que la parole sainte des versets 48 et 54 est autre chose que la bonne loi mazdéenne des versets 42 et 57 ; ce n’est donc pas une expression figurée pour représenter cette loi mazdéenne. Elle est appelée, au verset 48, l’âme du ferver d’Ormuzd ; on peut en conclure que, dans ce système, elle avait une certaine existence par elle-même, et qu’elle était regardée en quelque sorte comme un être. Mais séparée d’Ormuzd, dans la première partie de cc^s litanies, par un terme, le ferv^er de ce principe du bien, et, dans la seconde partie, pour deux termes, Mithra et Çraosha, elle n’est, ni au verset 48, ni au verset 54, la première manifestation d’Ormuzd ; et cela suffit déjà pour la distinguer du Verbe juif.

Ce n’est pas tout : la création ni aucune des autres fonctions qui appartiennent au Verbe dans le système juif, ne lui sont attribuées ici, pas plus d’ailleurs qu’à Mithra, qu’à Çraosha et qu’au ferver du bon principe. Le véritable créateur de tout ce qui est bon est Ormuzd lui-même, comme le père de tout ce qui est mal est Ahriman. ;

Ajoutons enfin qu’au jugement de M. Spiegel, tout ce passage est probablement une interpolation*. En l’absence de tout autre enseignement analogue dans le Vendidad, ce passage suspect, renfermât-il quelque idée voisine de la doctrine juive du Verbe, ne saurait avoir une valeur décisive.

Voudrait-on insister sur ce fait que du moins le môme terme est dans les deux théologies? A quoi bon, puisque ce terme ne présente pas dans Tune la même idée que dans l’autre, et que les Juifs n’avaient pas besoin d’emprunter aux mazdéens une

locution qui, ainsi que nous le ferons voir plus *

loin, leur était donnée par leurs propres livres saints?

Une élude plus approfondie des documents religieux de la religion mazdéenne donnera-t-elle raison à Anquelil-Duperron et à tous ceux qui l’ont pris pour guide? H serait peut-être téméraire de se prononcer dans un sens ou dans un autre, quoique nous penchions fortement pour la négative. Mais à quelque résultat que doive arriver sur ce point la philologie orientale, il est certain que,

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