Esdras, v
des sept ainschaspands? Ou bien faut-il supposer que les écrivains juifs antérieurs à l'ère chrétienne n'ont pas eu occasion de parler du septième? Il est difficile do se prononcer. La première h}'potlièse aurait ravanlage (Tétablir un parallélisme complet entre la doctrine juive des anges et celle des premiers prbicipes célestes des inazdéens. Ce n'est pas celle cependant qui paraît la plus conforme aux Iraditions postérieures de la famille d'Israël. Mais, si Ton excepte les quatre premiers noms qui
reparaissent dans tous les écrits juifs, il faut reconnaître que la plus grande anarchie régne pour les trois derniers, qui sont, dans quelques livres kabbalistcs, Zaphkiel, Zadkiel et Gamaliel, dans d’autres écrits rabbiniques, Sealthiel, Jehudiel et Barachiel, et dans un manuscrit des oracles sibyl- v lins, Jérémiel, Saniel et Azaèl *• Ces différences n’auraient pas mérité d’être signalées, si elles ne nous indiquaient que cette théorie des chefs des anges resta longtemps encore incertaine en quelques points.
i. Oracula sibbyllitia, éd. Alexandre, U i, p* SO j p. 214-219.
Plusieurs des noms donnés à ces anges étaient usités de tout temps en Israël comme des noms appellatifs. Des livres saints font mention d’un grand nombre d’Israélites appelés Michaël On trouve dans la généalogie de l.évi donnée par le premier livre des Chroniques, un Criel % et dans la liste des gardiens des portes du temple un Raphaël^. Commentées noms, dont un au moins était très-commun parmi les Hébreux, furent-ils appliqués aux chefs des anges ? On n’en peut supposer d’autre raison que leur sens étymologique. Ce n’en est pas moins un fait singulier; il ne m’a pas paru inutile de l’indiquer.
La plus importante des fonctions des anges paraît avoir été de veiller sur les destinées des na- ^ lions. Chacune d’elles était placée sous la protection spéciale d’un de ces êtres célestes. Cette croyance remonte assez haut. Elle est déjà dans la version des Septante : « Quand le Très-Haut )) divisa les nations, au moment qu’il dispersa les
I. Nombres, \uiy 14; Esdras, viii, 8; 1 Chroniq., v, 13 et 14; VII, 3; viii, 16; xii, 20; 2 Chroniq., \xi, 2.