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«Hf. DES DOCTRINES RELICIEUSES DES JUIFS
juive connue en général sous le nom d’école alexandrine. Si, par son ascétisme, il se rapproche des tendances philoniennes, il s'en écarte complètement par ses doctrines. Il ne faut pas oublier que ce livre est une apocalypse et qu'il présente toutes les idées qui se rattachent aux croyances apocalyptiques, le point de vue théocratique *, le tableau de l'opposition des mauvais esprits au triomphe du Messie, le dogme de la résurrection (les corps. Or, ces idées se sont effacées ou n'ont jamais pénétré dans le judaïsme alexandrin.
Nous avons signalé précédemment l'existence d'un parti pharisaïque dans l’Êgypte, parti groupé, sans aucun doute, autour du temple de Léontopolis. Les tendances palestiniennes durent s'y perpétuer, mais en se colorant de quelque reflet de la culture grecque.' C'est dans le sein de ce petit groupe qu’a pris probablement naissance et la légende de la chute des anges et de leur transfor-
i. Los Juifs y sont partout désignés comrno les justes et le? païens comme les pécheurs, Livre d'Énoch i i; v, 7 et 8; xxii, 9 Cl H ; XXXVIII. t-3; etc, dans le Dictionn. des Apocryphes ^ l. I, col. 42H, 428. 442, 448; i-o langagi*. on ro<‘onnaîl un pha-
risien.
DES DOCTHINES RELIGIEUSES DES JUIFS iîsr
malion en démons, cl le Livre d'Énocli Ini-même, comme c’est encore à lui que nous sommes disposé à rapporter les fragments juifs des oracles sibyllins et le quatrième livre d’Lsdras. Il est im- {)Ossible, ce nous semble, de ne pas être frappé de l’analogie de ces trois ouvrages. Ils appartiennent à une môme famille, par leurs tendances, par leurs doctrines, par leurs vues historiques et religieuses, par leurs procédés de composition. Ils . sont sortis du môme milieu, et ce milieu ne peut ôlre que celui que nous venons d’indiquer. Aucune autre hypothèse n*en explique ra naissance d’une manière satisfaisante.
CtIAl>ITl\E V
Des idées apocalyptiques.
Par le mot apocalypse, qui, d’après son étymo^ logie, signifie révélation en général S on n’enlend plus, depuis les premiers âges de Tère chrétienne, que la révélation de ce qui se rapporte aux derniers temps et au règne du Messie sur la terre I.es Juifs, sans avoir de terme spécial pour. désigner les révélations de ce genre, avaient un ensemble de croyances bien arrêtées sur l’état final de l’humanité et sur les moyens que Dieu em-
1. Le mot àîcoxoXiffTEtv est employé dans le sens de révéler dans la traduction grecque de Daniel des Septante. Dieu y est appelé ô à::oxaXu7rtœv |xua-n^pta. {Dan. Il, 28 et 39; comp. même chapit., 19 et 22.)
2. Le sons restreint de ce mot est dû h Apoe.y i, 1. L’autour fie cet écrit ayant appelé Apocalypse la révélation de ce qui se rapporle à la dernière venue de J.-C , ce terme a été depuis employé dans la langue chrétienne uniquement pour désigner les prophéties r< latives aux der.niers temps.
ploierait pour y conduire tous les peuples de la terre , croyances qui ont passé en partie , mais avec quelques modifications, dans l’Église chrétienne Ces croyances juives ne remontent pas
’ cependant à une haute antiquité. Elles appartien-
nent, avec les plus anciens écrits qui les contiennent, à l’époque qui s’écoula depuis* le retour de la captivité jusqu’aux temps qui précédèrent immédiatement le commencement de l’ère chrétienne.
Quelle a été leur origine? Comment se sontelles formées au milieu du peuple juif? C’est ce que nous allons essayer d’expliquer.
Ce ne fut qu’assez longtemps après le rétablissement du peuple juif dans sa patrie, à une épo-
1. Sur la différence de TApocalypsc juive cl de l’Apocalypse chrétienne, voir Lücke, Versuch einer vollst. Einleit. in die Of'feub. des Johannes, 2' édit., l. p. 20 ei suiv.
‘iW UES UOETRINES RELIGIEUSES DES JUIFS
que, par conséquent, où la prophétie avait entièrement cessé, que se montrèrent pour la première fois, au milieu de cette nation, les croyances eschatologiques désignées sous le nom ô* Apocalypse. Elles embrassent, en les dépassant toutefois, les anciennes promesses faites par les prophètes ' touchant le Messie, et l’histoire nous apprend que, quelque temps après le retour de la captivité de Babylone, elles avaient remplacé les' espérances messianiques dans l’ensemble des idées religieuses des descendants de Jacob, de telle sorte qu’on peut regarder celles-ci comme propres aux Hébreux, et celles-là aux Juifs.
Les prophètes avaient annoncé le rétablissement de la maison d’Israël la restauration des deux fractions du peuple hébreu dans son unité et dans son ancienne splendeur nationale le triomphe
1. Il n’cst peul-étre pas inutile de faire remarquer que nous ne comprenons pas parmi ces prophètes, ainsi que le font les traductions françaises de la Bible , le livre qui porte le nom de Daniel, livre qui est placé parmi les hagiographes dans le canon juif.
2. OseCj II, i6-25; xiv, 4-10. AmoSy ix, 11-15; AftcAcc, iv, 6-10. Êsaïc, IX, 6; xi, 11 cl 12; xvi, 5; Ezéch,, xxxvii, 24.