‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 16 sur 225 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce serait se faire une idée erronée du cliristianisme que de le prendre simplement pour une transformation ou une conséquence du judaïsme. D’un autre côté, on tomberait dans une erreur, moins gi^ossière sans doute, mais tout aussi réelle, si Ton se refusait h reconnaître les liens qui, en bien des points, les unissent, et à en tenir compte dans l’histoire de la théologie chrétienne.

C’est dans les prophètes qu’il faut aller chercher les antécédents de ce qui constitue le fond du christianisme, de ce qu’on pourrait appeler son esprit.

Ces antécédents ne sont ni dans le formalisme qui dominait parmi les Juifs de la Palestine, dans les deux siècles immédiatement antérieurs à Père chrétienne, ni dans les spéculations de la théosophie juive d’Alexandrie.

Il y a cependant dans celle-ci une incontestable élévation de pensée et une grande pureté de sentiment religieux et moral. On ne paraît pas avoir été insensible aces qualités dans l’Église primitive.

C’est pour le moins autant à elles qu’aux rêveries

mystiques qui les recouvrent, sans les cacher entièrement, qu’il faut sans le moindre doute attri- %

huer l’irrésistible séduction que le philonisme exerça, dans la seconde moitié du iP' siècle, sur les Pères les plus célèbres de l’Église grecque: et il ne serait pas impossible qu’elles eussent aussi contribué à gagner à une sorte de gnose, qui touche par un certain côté à la thésoophic alexandrine, quelques-uns des premiers prédicateurs de la foi chrétienne.

Si nous nous tournons du côté de la Palestine, nous pourrons nous convaincre que toute tendance spiritualiste dans les idées religieuses n’y était pas éteinte. De même qu’au tretbis, pendant les plus

mauvais jours de la royauté, il y avait eu, en Israël, sept mille hommes qui n’avaient pas fléchi le genou devant Baal *, il se trouvait alors, à côté des scribes et des pharisiens formalistes, de véritables

Israélites dans lesquels il n’y avait pas de fraude Ajoutons que Jean-Baptiste ne paraît pas avoir été le premier à protester contre le système qui allait à faire consister la religion dans la pratique des prescriptions légales. Les pharisiens se sont appliqués, il est vrai, à effacer les traces de renseignement comparativement spiritualiste des Hillel, des Gamaliel et de bien d’autres docteurs, dont il leur a été plus facile de faire disparaître même les noms Mais il en reste encore assez pour nous permettre d’aflîrmer que l’esprit des anciens prophètes était encore vivant dans quelques hommes d’élite.

Ces quelques faits suffiraient à la rigueur pour établir que la religion chrétienne n’est pas sans avoir eu quelques antécédents dans le judaïsme. Mais nous pouvons en invoquer de plus positifs.

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