‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 17 sur 225 · Geij'or, Unchrifl, p. loi · texte numérisé non relu

Geij'or, Unchrifl, p. loi

Le christianisme condamna et rejeta le formalisme de la synagogue; mais il en sanctionna, en les adoptant, les doctrines. De ces doctrines, deux seulement, Tidée de Tunité de Dieu et celle de la Providence, appartiennent à Thébraïsme, c’est-àdire au temps de Moïse et des prophètes ; toutes les autres naquirent et se développèrent depuis le retour de la captivité, et plus particulièrement depuis l’époque où les Maccabées appelèrent leurs coreligionnaires à l’indépendance. Telles sont la doctrine du Verbe, celle de la résurrection des corps et du jugement dernier, la théorie des anges et celle des démons; l’explication de la présence du mal dans le monde par le péché d’Adam et d’Ève. Il sera prouvé plus loin que de ces doctrines, il n’en est pas une seule qui fût connue des anciens Hébreux, malgré que l’exégèse arbitraire des docteurs juifs ait prétendu les trouver dans les écrits de Moïse et des prophèl(*s.

Le judaïsme fît au christianisme un don bien autrement précieux. Le code sacré sur lequel se fondait sa religion lui appartenait en propre. Les divers écrits qui le composent avaient été réunis en un récueil par lesdocteurs de la synagogue, quelques géné-

rations à peine avant Tavénement du christianisme. Les chrétiens adoptèrent ce code, ou, pour mieux dire, ils continuèrent à s’en servir après avoir embrassé la foi nouvelle, comme ils l’avaient fait avant, et cela, non parce qu’après examen ils en avaient reconnu l’origine divine, mais de confiance, uniquement par cette raison qu’ils l’avaient tenu pour la parole de Dieu, quand ils faisaient encore partie de la famille d’Israël.

Et non-seulement ils prirent au judaïsme son recueil de livres saints, mais encore les idées qu’il s’en faisait, et , ce qui était moins nécessaire, les procédés arbitraires par lesquels on expliquait ces livres dans la synagogue.

A Jérusalem comme à Alexandrie, on considérait les paroles de Moïse et des prophètes, non comme des instructions données de leur propre chef par ces anciens conducteurs du peuple, en vue des besoins des hommes auxquels ils s’adressaient , mais comme des oracles mystérieux que Dieu leur dictait et dont ils n’avaient pas toujours eux-mémesune claire intelligence. Philon appelle le prophète un instrument de Dieu’. Justin Martyr

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