Berllioldt, ChristoL Judœor., p
4. Par un de ces rapprochements arbitraires si chers à l’inlerprélation judaïque, on prétendit que le récit de la création était une image de la durée des chos(;s créées, et comme, d’après le Ps. xc, 4, mille ans sont devant le Seigneur comme un jour, on admit que le monde durerait six mille ans avant la venue du Messie, correspondant aux six jours de travail de rÉlernel, tandis que le régne du Messie, qui doit durer mille ans, est représenté par le jour du repos du Soigneur. Dans quelques pas* sages du Talmud , la durée et la division des choses humaines sont fixées d’une autre manière- « C’est une tradition de l’école d’Élie, y est-il dit, que le monde doit durer six mille ans, deux mille avaut'la loi, deux mille sous la loi, et deux mille sous le Messie. » Talm. Sanhedr., fol. 97 a. Fabricius, Cod, pscud<v-
mystère connu de Dieu seul le moment de la venue du Messie *•
C’était une opinion reçue parmi les enfants d’Israël, que la race humaine se divise en deux catégories bien tranchées, dont l’une comprend les adorateurs du vrai Dieu, c’est-à-dire les Juifs, et dont l’autre embrasse tout le reste des hommes qui, ne connaissant pas Jéhovah, adressent leur culte à de vaines idoles et se trouvent naturellement les ennemis des adorateurs du vrai Dieu et, par suite, les ennemis de Dieu lui-méme. Quand les Juifs se furent fait une théorie étendue du monde invisible et qu’ils en furent venus à regarder les fausses divinités des païens comme des puissances rebelles et opposées à Jéhovah ^ on crut que la lutte n’avait pas lieu seulement sur la terre, entre les adorateurs du vrai Dieu et les adorateurs des idoles, mais aussi dans le monde invi-
jngr. veteris Teslam.^ p. 1079 et 1080. Lightfoot, ad Matth.^ XXIV, 3. Bertholdt, ChristoL, pag. 36 et 213.
1. 4 Esdras, vi, 7-tO; xiii, 51 et 52. Targ. de VEcclés., vu, 25. Comp. Marc^ xlii, 32.
2. Dans la version des Septante, les dieux des païens sont appelés des démons, Ps, xev, 5. Baruch^ iv, 7.
sible, entre les anges du mal et les anges de l’Klernel. Celte idée est déjà en germe dans le livre de Daniel, où il est parlé des anges et des combats qu’ils se livrent entre eux Elle reçut de grands développements dans les apocalypses postérieures, et elle conduisit à une autre croyance qui prit une place considérable dans Teschatologic juive.
L’auteur du livre de Daniel avait dépeint le dernier des ennemis du peuple juif comme le plus terrible et le plus acharné à la ruine du monothéisme Cet ennemi fut représenté non-seulement comme le chef d’une ligue de tous les rois idolâtres contre le peuple de Dieu, chef que l’on
désigna, d’après Ëzéchiel (xxxviii et xxxix), sous
le nom de Gog Magog mais encore comme le prince des démons, conduisant contre le Messie l’armée entière des puissances du mal. Dans les oracles sibyllins, il est appelé Déliai et Béliar^;