Tobit, XIII
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encore, se convertiront sincèrement ; elles craindront le seigneur, leur Dieu, et briseront leurs idoles; toutes les nations béniront le Seigneur *• II semble que cette espérance de la conversion des païens, ennemis du peuple d’Israël et du vrai Dieu, aurait dû conduire à celle de la conversion des puissances du mal qui avaient été leurs dieux.
Il n’en fut cependant pas ainsi. Inconnue à l’auteur du livre de Daniel, cette espérance est positivement repoussée par plusieurs écrivains apocalyptiques, qui condamnent comme une injure à la justice divine même la pitié pour les réprouvés et pour les anges déchus On trouve toutefois * dans ces mêmes écrivains comme une concession faite à la doctrine du rétablissement final. Tout en parlant des châtiments réservés aux impies, ils semblent admettre, par une singulière contradiction, qu'à la fin des temps le mal disparaîtra, et que les méchants, au lieu d’être jetés aux peines éternelles, seront anéantis. Dans le livre d’Énocli,
t. Tobit.y XIV, 5 et 6.
2. 4 Esdras, vu, 36-45; vin, 55. Hcnoch, lxvii, 2-5. Lücke, Vers, eincr vollst. Einlcit. in dic^Offcnb.y l. p. 105.
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Dieu déclare que les enfants des mauvais anges et les impies seront détruits pour toujours au moment de la grande consommation de Tunivers*;
. et, dans le quatrième Esdras, il est annoncé que, ' pendant le règne du Messie, le mal sera détruit, ainsique la fraude, et que les méchants, semblables à la semence qui ne lève point, auront vécu en vain et périront Il nous paraît qu’il y a dans ces expressions quelque chose de plus que des images destinées à peindre la vanité des desseins des méchants et le triomphe définitif du bien sur la terre. Nous y voyons une doctrine analogue à celle qui fut admise par quelques chrétiens dans les premiers siècles de l’Église, et d’après laquelle les principes mauvais doivent, à la fin des siècles, disparaître comme un feu qui se consume luimême et qui s’éteint faute d’aliment.
1 . Hénoch, xvi, l. Dictionn. des Apocryphes^ publié par M. Mignes, 1. 1. col. 438.
2. 4 Esdras, iv, 28; ix, 22. Dictionn. des Apocryphes^ 1. 1, col. 594 ot 613.
DES VoCTIUNKS UKUGIEUSKS DES JUIFS
Si Ton compare les croyances apocalyptiques juives, dont nous venons d’esquisser les traits principaux , avec les espérances messianiques, telles qu’elles sont contenues dans les prophètes, on trouvera qu’il n’y a entre elles ni une aussi grande difïérence que le suppose Lücke *, ni une aussi grande ressemblance que l’admet Nilzsch Pour le premier de ces deux théologiens, ce qui distingue décidément le livre de Daniel et sans doute aussi les autres apocalypses juives des anciens prophètes hébreux, c’est le point de vue universaliste de l’auteur, qui, se plaçant au-dessus »
de l’horizon de la nationalité juive, embrasse dans
Lücke, Vers, citier vollst. Einl. in die Offenb., t. I"' p. 49 cl suiv.