‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 176 sur 225 · Quis rerum divinanim hœres, § 42; comp. Sapience · texte numérisé non relu

Quis rerum divinanim hœres, § 42; comp. Sapience

ment qui vit la fin de la captivité, mais dans la Babylonie telle qu’elle devint sous la domination des Perses, qu’il faut chercher les doctrines sous l’action desquelles les croyances, apocalyptiques s’enrichirent des éléments nouveaux par lesquels elles dépassent le cadre des espérances messianiques. Tout nous invite à porter nos regards de ce coté. Le livre de Daniel, première exposition de ce genre d’idée, nous* fait naturellement penser à ce pays. C’est là que se passent les scènes qui y sont décrites ; c’est, d’un homme élevé à Babylone qu’il est supposé l’ouvrage ; la plus grande partie en est écrite dans une langue formée du mélange de l’hébreu et de la langue propre aux habitants de cette contrée. D’un autre coté, c’est parmi les Juifs revenus dans la. Judée et parmi ceux (jui étaient restés sur les bords de l’Euphrate, et avec lesquels les premiers conservèrent toujours des relations suivies, que les croyances apocalyptiques se répandirent et devinrent populaires. Enfin, tandis que ces idées étaient inconnues des Juifs d’Alexandrie, et que même les espérances messianiques s’étaient affaiblies parmi eux, les prophéties sur la fin des

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temps, telles qu’elles sont contenues dans le livre de Daniel, ont' laissé des traces profondes dans tous les écrits d’origine palestinienne ou d’origine babylonienne, par exemple dans les apocryphes palestiniens de rAncien Testament , dans les paraphrases chalda'iques, dans la iMischna et dans les Midraschim *.

Les espérances messianiques ne se transformèrent pas en croyances apocalyptiques pendant la durée de la captivité. Il a été prouvé précédemment que quand les Juifs rentrèrent dans leur patrie, ils n’étaient changés que sur un point, et encore pas aussi complètement qu’on l’a parfois soutenu, et ce changement s’explique par toute autre chose que par une action venue du dehors.

Qu’auraient-ils, d’ailleurs, emprunté aux Chaldéens? Quelque peu connue que soit encore cette nation, on peut admettre avec quelque vraisemblance que sa religion, qui était un culte des

1. Bcrlhold, Christ. Jud., p.,48, 188, note 1, etc. A.-F. Gfrœrcr, das Jahrh. d^s HeilSy t. Il, p. 195 et suiv. Lücke, Vers, einer voUst, Einl. in die Offenb., l. p. 61 et suiv. On en trouve aussi des traces bien marquées dans les Évangiles, Mallh.y XXIV, 15. yen» XII, 34, etc. I.fickc, Comm. Evanrf. Jtdi.. l. p. 51.

’m DES DüCTIUNKS KEUGIELSES DES JUIFS

astres* ne contenait rien d'analogue à l'attente d'un libérateur et à l'espérance d'une* époque finale de bonheur et de vertu. Les Chaldéens n’avaient rien à donner aux Juifs pour le développement de leurs croyances messianiques ; s'ils ont • pris une place dans le drame apocalyptique, ce n'est que comme des oppresseurs d'Israël et des ennemis de Jéhovah, destinés à la destruction et au châtiment. Il en fut tout autrement des Perses. 11 est impossible de ne pas reconnaître une influence de leurs doctrines sur la formation et surtout sur le développement des croyances apocalyptiques des Juifs. Mais cette action ne s’est exercée que longtemps après la restauration du culte juif à Jérusalem.

Comme les enfants d’Israël, les adorateurs d’Or* muzd attendaient un Sauveur qui, d’après le Ven^ didad^ un des livres mazdéens dont l’antiquité est la moins contestable, devait naître à la fin des temps, combattre et vaincre les ennemis d’Ormuzd, et établir sur la terre une ère de bonheur sans mélange *, Ce libérateur est désigné sous le

!. VeuilUIml. l'argarcl xix, 18 ol la.

DES UOCTHINKS HELIGIKLSKS DES JLIFS 3«

nom de Çaosliyanç, c’esl-à-dire Tutile Le Vendidad ne contient rien de plus sur cette croyance ; mais elle se retrouve avec des développements plus ou moins considérables* dans la plupart des autres écrits religieux des mazdéens. Avant de dire un mot de quelques-uns de ces développe-raents, il importe de bien établir ranlicjuité de cette doctrine eschatologique.

En outre de l’autorité du Vendidad, qui, à la rigueur, suffirait, le témoignage de ïliéopompe^

qui vivait vers le milieu du iv® siècle avant Tère

chrétienne, nous prouve que cette doctrine était répandue de son temps chez les Perses et qu’elle . datait, par ^conséquent, d’une époque beaucoup» plus reculée. Elle, n’est pas sans doute exposée d’une manière très-exacte par cet écrivain ; mais il suffit qu’on en puisse- retrouver dans ses paroles le fond et l’idée générale, et, sous ce rapport. Théopompe ne laisse rien à désirer. Voici ce passage, que nous a conservé Plutarque : a D’après » les mages, l’un des dieux doit être vainqueur » pendant trois mille ans, et pendant trois autres

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