Basnage, Histoire des Juifs, t. IV, p
2. « On doit se dire à soi-même : je ne suis plus la môme personne, puisque je ne porte plus le môme nom. Il faut donc que ma vie soit aussi pure qu'elle était criminelle. » Maimonide^ cité par Basnagc, Ibid., t. IV, p. 336.
la connaissance du vrai Dieu, et sous ce rapport il a un avantage sur le second. Mais cette connaissance, qui peut faciliter nécessairement la régénération, ne saurait en tenir lieu.
L’âme tient au ' corps auquel elle est unie , d’abord par cet ensemble de rapports gui forment ce qu’on peut regarder comme les conditions de l’existence terrestre, c!est ce que Philon appelle le lien de la nécessité çwjjuxtixtî;
àvayxYi;, ensuite par les sentiments et les sensations agréables qu’il peut goûter par suite de son union avec le corps et qui ont pour effet de lui faire prendre goût à celte union, c’est ce qu’il appelle le lien du plaisir ou de la passion , ^c«7(xoç ra6ouç ou vi^ov^ç La perfection est le partage de celle qui , après avoir brisé elle-même le lien du plaisir, vient à être délivrée par le cours na-
I. Leg. AUcgor.^ H, § 15. Celle idée esl déjà dans Platon, el presque dans les mômes termes. « Pendant que nous serons dans cette vie, dit le philosophe grec, nous n’approcherons de la vérité qu’aulaut que nous nous éloignerons du cnrps, que nous renoncerons à tout commerce avec lui, si ce n’csl pour la* nécessité seule. » Phédon. Un peu plus loin, il dit (juc Tàmc en se recueillant ,en clle-môme se dégage du corps comme de ses liens.
turel des choses du lieo de la nécessité. Elle rentre alors dans son état primitif d'esprit pur. Elle doit soupirer après le moment qui mettra fin à sa servitude ; mais elle ne saurait l'avancer ellemême, en brisant le lien de la nécessité ; ce serait un suicide, et Philon est d'avis qu’elle n’a pas le droit de se . soustraire elle-même violemment à l’existence terrestre *, dans laquelle elle est tombée par sa faute Mais ce qu’elle peut , ce qu’elle doit faire, c’est de rompre le lien du plaisir, ou en d’autres termes, c’est de renoncer aux afteclions et aux plaisirs terrestres , d’apprendre à ne trouver aucune satisfaction dans une union avec le sensible, de s’élever au-dessus de la vie sensuelle et de n’avoir même égard aux besoins de son propre corps qu’autant qu’il est strictement nécessaire pour n’en pas amener la dissolution. Arrivé à cette complète indépendance de tout ce qui est corporel, on est un homme nouveau
Abraham est le symbole de l’âme qui se régé-