‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 21 sur 225 · De congressu qtiœrendœ cmditionis gratta · texte numérisé non relu

De congressu qtiœrendœ cmditionis gratta

Signalons encora une analogie de grande importance entre le judaïsme et le christianisme primitif. On sait que dans la seconde moitié du premier siècle il se produisit deux conceptions différentes de renseignement de Jésus-Christ : l’une qui , s’en tenant trop exclusivement aux rapports historiques de cet enseignement avec T Ancien-Testament , mariait, selon l’expression de M. Reuss, l’Évangile avec la Loi ; et l’autre qui, sous l’impression des différences fondamentales de ces deux économies religieuses, combattait pour l’émancipation de l’Évangile. Les partisans de la première ne croyaient pas pouvoir séparer leurs nouvelles croyances du mosaïsme qui en était en réalité le point de départ ; les partisans de la seconde, au contraire, donnaient à leur foi une valeur absolue et indépendante, et la détachaient du culte mosaïque qui n’en avait été, à leur sens, qu’une préparation.

Si l’on y regarde de près, on verra que ces deux conceptions continuent, sur le terrain du christianisme, deux conceptions analogues qui s’étaient déjà montrées dans le judaïsme. Dans la Palestine, la majorité des docteurs de la loi attachant une importance extrême à l’observation des prescrip-

iO DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS

tiens mosaïques, la tenaient pour la condition môme du salut et prétend«iient en conséquence l’imposer à ceux des païens qui renonçaient au polythéisme et adoptaient les croyances monothéistes d’Israël. Les Juifs dispersés parmi les Grecs en étaient venus, au contraire, à mettre la vie morale au-dessus des pratiques spirituelles et

à ne plus voir dans celles-ci les signes distinctifs

des adorateurs du vrai Dieu L Kvidemment les principes qui firent éclater la division parmi les chrétiens sont identiques à ceux qui avaient amené une division semblable parmi les Juifs. Les Chrétiens universalistes furent les successeurs des Juifs universalistes , dont ils transportèrent l’indépendance d’esprit dans leurs nouvelles croyances, comme de leur côté les judéochrétiens conservèrent, en embrassant le christianisme, le particularisme des docteurs d’Israël et leur attachement à la lettre de la Loi. 11 ne saurait rester le moindre doute sur cette double filiation, quand on voit que les premiers étaient tous sortis

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