Actes xxiii
2. Josùphc, Aiiliq., xiM, O, 7; 10, 6; xviii, i, 4; xx, 9, I: (iuerre (les JuifSf ii, 8, 1 4. ,
DBS nOCTRINKS RELIGIEUSKS DES JUIFS 87.
nombre üo prêtres dans leurs rangs Ils étaient lin parti dans TÉtat et dans la synagogue et non une école dissidente. Mais on comprend que leur tendance religieuse négative ne pouvait contribuer en rien au développement théologique que nous étudions ici. Tout au plus leur opposition systématique put-elle être un nouvel aiguillon pour les docteurs de la loi qui durent plus d’une fois se trouver obligés de concentrer leurs forces pour les combattre.
Les pharisiens furent au contraire les représentants de la religion et des sentiments de l’immense majorité des Juifs de la Palestine. Ils ne formaient, comme on le dit communément, ni une seclo -, ni
1, Les Grttnds-prôlrei Anne, Cfuphe (Act. v, 17) oi Ananiaa (.le/, xxin, 2), étaient sacUlucéens. Bnsna{(o, ///>•/. dm Juifs, t. Il, p. 361.
‘2. On no poul prendre à la lettre ni le nom de sectes que Jo-^ sèphe donne aux pharisiens , aux sadducéens cl aux osséaiens, ni la comparaison qu'il fait fie ces trois classes de Juifs avec les écoles grecques dos stoïciens, des épicuriens et des pythagoriciens. Deux motifs portèrent rhislorien juif à adopter cette manière de parler. Il crut d'un cAlé qu'elle serait mieux comprise des Orées pour lesfjucls il écrivait et auxquels cette classification offrait une idée claire, et il fut bien aise, d’un autre
88 DES 'DOCTRINES RELIGiEL'SES I^EO JUIFS
un parti dSMs Ja.iiailion. Us étaient en politique ce
qu’on appellerait dans le langage ..^derne les * ' * *v . • »< •
patriotç,.,qteU‘Vell^n les orthod^es; et c’est ce
qui leur donna une influence imiàîiise sur les
classes inférieures, reconnaissantcfs de leur dé-
vouement à la chose publique. Ils régnaient sans contestation dans les écoles de la Palestine ; ils y continuaient l’œuvre nationale , en la con- . solidant et en en tirant toutes les conséquences légitimes ».
Quels sont et l’origine et le ’sens primitif du mot Pharisien? Problème difficile, qid n’a pas encore reçu de solution satisfaisante. L’opinion la plus ancienne et la plus répandue le fait dériver d’une racine hébraïque qui signifie séparés.
Dans cette hypothèse, les pharisiens auraient été ainsi désignés, parce qu’ils étaient séparés, distingués des autres Juifs par leur piété. Cette étymologie est d’autant moins probable que, loin de se séparer du reste du peuple, les pharisiens
c6l<^, <le leur donner à entendre que sa Qalion pouvait se glorifier aussi bien que celle des Grecs d’avoir cultivé la philosophie. Otte petite vanité nationale l’a trop souvent égaré.
1. Reuss., Hht . de la Theol, chréi. au siècle apostolique . l. I, p. 63.
prétendaient en être les véritables représentants et il est incontestable qu’ils furent l’expression la plus fidèle de l’esprit du judaïsme tel qu’il se dévelc^pa depuis la restauration de la nation juive. Elle reçoit, il est vrai, une espèce de sanction des Évangiles qui les représentent comme des hypocrites, cherchant à s’attirer le respect par l’étalage d’une piété apparente et de mauvais aloi. Mais ce n’est pas sous ces couleurs défavorables que l’histoire nous les montre dans les temps antérieurs. Les pharisiens, à l’époque de la naissance du christianisme, avaient peut-être, au milieu de la décadence générale des caractères et des esprits, dégénéré des vertus de leurs pères. Il y avait cependant encore parmi eux d’honorables exceptions; les livres du Nouveau-ïestamenl en font foi ", et leur nom était encore respecté, non-seulement parmi les Juifs, mais même parmi
1 . M. Goigor admet cette étymologie, mais il l’entend dans CO sens que les pharisiens prétendaient se séparer de tout ce qui n'était pas israélite, Urschrift^ p. 103. Ainsi entendu , ce mot répond très- bien i\ l'idée (ju’il faut se faire du pharisaïsme.