‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 64 sur 225 · I. Zunz, Die gottesdienstl. Vortrœge der Juden, p · texte numérisé non relu

I. Zunz, Die gottesdienstl. Vortrœge der Juden, p

événements au milieu desquels ils s’accomplirent.

La plus grande activité régna cependant dans les écoles de la Palestine. Ce fait n’est pas douteux. Les explications de la Loi s’étaient tellement accumulées que, quarante ans environ avant l’ère chrétienne, un des plus c'élèbres docteurs d’Israël, Hillel, jugea nécessaire de mettre quelque ordre dans cet amas de décisions de tous genres, et les classa sous six titres différents. Ce travail fut la base première de la Mischna qui a conservé cette division

Si nous ne pouvons suivre toutes les péripéties de la science juive, nous savons du moins qu’elles ne lui ont pas manqué. Elle ne se développa pas d’une manière uniforme et pour ainsi dire automatique. Partout où il y a vie, il y a lutte, c’est là un principe incontestable, et la science juive fut certainement pleine de vie, d’actualité, de mouvement ; elle prit part aux agitations des siècles qui la virent naître et grandir ; elle grandit au milieu de discussions qui, à plusieurs reprises, soule-

I. Fursl, Cultur und Literaturgeschichte der Juden in Asien, t. I, p. 12.

vèrenl dos tempêtes dans la Judée. La division si

fortement tranchée du pharisaïsme et du saddu-

céisme fut, sans le moindre doute, une cause per- «

manente d’agitation, non pas seulement dans rÉtat, mais encore et surtout dans les synagogues. Chacun des deux partis prétendait à la domination des consciences. L’histoire a gardé le souvenir de leur lutte, sans indiquer néanmoins les faits de détails ; et c’est là précisément ce qu’il nous importerait le plus de connaître. C’^t moins toutefois sur les querelles de ces deux partis que sur les dissentiments qui éclatèrent dans le sein des écoles pharisaïques, les véritables foyers de la science et de la vie religieuse des Juifs, qu’il convient d’appeler l’attention du lecteur.

Il est difficile de se faire une image un peu nette de ce qui se passa parmi les docteurs d’Israël, dans les temps antérieurs aux Maccabées, On ne connaît de cette période que quelques sentences conservées par la tradition. Elles suffisent cepen-’ dant pour prouver que déjà la division existait dans les écoles. Quand on les examine de près, on ne tarde pas à se convaincre qu’elles ne sont pas toutes inspirées par le même esprit. La plu-

lis. DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS

part, il est vrai, portent le cachet de ce prudent égoïsme * qui semble former le fond de la nature des anciens sémites. Mais d’autres sont frappées à une plus noble empreinte. Simon le Juste^ en faisant de la charité une des trois bases sur lesquelles repose le monde *, et Joseph ben Jochanan, en prescrivant à chaque Israélite de regarder les pauvres comme les enfants de sa maison », parlent le langage du fondateur du christianisme. La maxime d’Antigone de Soccho, que nous avons déjà rapportée, respire le même esprit.

Ces tendances divergentes restèrent peut-être longtemps en présence sans soulever de discussions. Mais quand on voit une lutte ardente éclater, quarante ans avant l’ère chrétienne, entre deux écoles rivales, et armer pendant des années, les uns contre les autres, les disciples d’Hillel et ceux de Schaminaï, quand on voit la controverse entre

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