I. Ensèbe, Hist, ecclesiastf liv, ii, ch
iti DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS
difficile de le déterminer. Ce qui est certain, c'est qu’ils cherchaient en dehors de la religion reçue, des moyens de sanctification qu’elle ne pouvait pas leur donner, du moins à ce qu’ils croyaient. Il est probable qu’ils n’étaient pas des esprits spéculatifs ; ils n’étaient sans doute poussés à leur vie de mortification que par un sentiment religieux et moral, mal entendu, c’est incontestable, mais puissant et profond.
Quoi qu’il en soit, l’existence de ces ascètes est peut-être la preuve la plus frappante du travail intérieur qui s’opérait dans le sein du judaïsme et qui allait bientôt en briser le vieux cadre. Rien n’est moins ascétique que l’antique hébraïsme ; le judaïsme palestinien ne favorisait pas mieux des tendances de ce* genre. S’il donnait une importance exagérée aux pratiques extérieures, il prétendait les diriger. L’ascétisme, au contraire, s’affranchit de la règle commune ; il est une inspiration de la conscience, un mouvement f)urement subjectif, et sous ce rapport il faut voir en lui une protestation, une révolte contre la réglementation morale et religieuse de la synagogue.
Il y eut peut-être encore dans la Palestine, pen-
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dant le siècle qui vit naître le christianisme, bien d’autres manifestations de la vie religieuse. Celles dont nous venons de recueillir les obscures indications peuvent être pour nous des indices suffisants de la fermentation des esprits à cette époque. 11 est à regretter cependant que l’histoire ne leur ait pas accordé toute l’attention qu’elles méritent, et qù!elle ait négligé cés petits mouvements, insignifiants en apparence, pour s’arrêter avec complaisance à la description des événements qui frappent par leur apparence et leur publicité. Dans lé développement des idées, les infiniment petits ont aussi leur valeur. L’enseignement d’un docteur oublié a souvent exercé sur la marche dé l’humanité une influence plus réelle qu’une bataille pompeusement célébrée ou qu’un congrès de rois destiné à fixer le sort' des nations. Ce n’est pas d’ordinaire dans le monde officiel que se nourrissent les racines deTavenir. Elles s’enfoncent dans des couches plus profondes de la société. Malheureusement pendant longtemps les historiens né se sont pas doutés qu’il fallait aller cJiercher dans ces profondeurs les germes de la vié.