Matth., xxiii
PRÉFACE
actes possibles de l’existence humaine, et contre le formalisme et l’hypocrisie qui en sont, dans la pratique, les conséquences inévitables. Au sein même du pharisaïsme, des protestations s’étaient fait entendre contre cette dangereuse erreur, plus d’un demi-siècle avant la naissance du christianisme. Les docteurs de la Loi qui n’avaient pas craint d’entrer en lutte avec l’opinion dominante dans les écoles pharisiennes et en général parmi les Juifs de la Palestine, étaient en petit nombre ; mais s’il faut en juger par lâ foule des élèves qui se pressaient autour d’eux, ils avaient la supériorité du talent. Les quelques maximes qui nous restent d’eux, sont pour la plupart empreintes de cet esprit de douceur, de bienveillance et de charité, qui est un des caractères les plus marqués du christianisme primitif. Contrairement au pharisaïsme, qui accordait une importance exagérée à l’acte extérieur et ne connaissait guère d’autres moyens de salut que la pratique plus ou moins machinale des prescriptions légales, ils réclamaient en faveur du sentiment intime et de la libre détermination de la conscience.
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Ils insistaient surtout sur ce point (|ue la Loi tout entière se résume dans Tamour de Dieu et dans ramour de ses semblables, cl tandis que c’était un principe adopté par la majorité des pharisiens, de soumettre à la pratique dc§ prescriptions légales des païens qui se convertissaient au judaïsme , aussi bien que les Juifs, ils pensaient qu’il suffisait de leur imposer seulement l’obligaliou d’observer le sommaire de la Loi. Il est étrange qu’ils n’aient pas senti que, pour être conséquents avec euxinèmes, ils ne devaient pas demander davantage des Juifs. Si l’observation du sommaire de la Loi était un moyen suffisant de salut pour les Juifs d’adoption, pourquoi ne l’aurait-il pas été également pour les Juifs de naissance? Jésus proclama aussi que toute la l..oi et les prophètes se rapportaient aux deux commandements d’aimer Dieu de «tout son cœur, et son prochain comme soi-meme ' ; mais, plus fidèle qu’eux au principe qu’ils avaient posé, il ens(‘igiia (jue l’amour de Dieu cl ramour du pro-
\. Maith., XXII, 10 ; xii, ;t0 ol lU ; 33 ei 3i-,
Luc, X, 27.