‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 91 sur 225 · Leg. Allcijnr. i § 33; De créât ione principum · texte numérisé non relu

Leg. Allcijnr. i § 33; De créât ione principum

3 I.egis allefforiamm Mb. i, ^ 27* Mb, ii$&;De migratione Abrah. ÿ 1 gais rerum divinirr. lupres.f § 14. '

i. De somniis i $ 41; De uumitrchia i § 6; De opificio niundi $ 4 etc.

quelles elle peut retourner à sa pureté primitive, * il ne vit dans Thistoire des patriarclies qu’une description allégorique des divers états de l’âme Le fait disparut pour ne laisser place (fu’à l’idée. Ce fut l’effort suprême de la méthode d’interprélalion allégorique. 11 convient d’ajouter, à la^ décharge d’Aristobule et surtout de Philon, qu’ils étaient entraînés sur cette pente glissante par l’exemple des érudits des écoles grecques d’Alexandrie, qui, précisément en ce moment, expliquaient les traditions mythologiques de la Grèce d’après les mêmes procédés et dans le même sens.

Que pouvaient être, considérées de ce point de vue, les institutions et les prescriptions mosaïques, sinon de simples symboles? Et quelle valeur pouvaient conserver encore des symboles pour celqi

1. Philon n’explique presque aucun passage de la Bible sans faire remarquer qu’il doit s’entendre symboliquement; xtxzi ixijji- 60 X 0 V, De somniis i, § 16; ixuOioôsç, Leg, Alleg. i, §7 ; Kp6ç <îXXt)yopfav, Leg. Allegor. iii, § 14; aupL66Xtxtuç pl4)0.ov xupltoç çiXoooçttoOai, /)e ôpificio mundi § 54. 11 appelle lui-môme ce mode d’interprétation I; oi u;:ovotwv i;:6ôo'atî, De Opificio mundi § 56,

2. TpoKoi T^ç 'Î'uxîjî, De Abrah. § 1-12; De congressu quœrenda eruditionis gratin § 8 et 31; De prœmiisel pœnis §11.

qui en possédait le sens ? Aussi les cérémonies étaient, de même que la lettre, pour la foule ignorante. Le sage ne devait pas les mépriser, sans doute; mais les estimant à leur juste valeur, il ne pouvait les regarder que comme des formes extérieures recouvrant un fond plus précieux qu’elles, que comme un premier degré au delà duquel était la chose nécessaire, c’est-à-dire le sens et l’idée. I/alliance de Dieu avec la famille d’Israël n’était elle-même qu’un symbole comprenant en luimême tous les autres et les résumant. Le sens n’en est pas douteux ; c’est le monothéisme, du moins tel que le comprenait Philon, avec toutes les conséquences qu’il rattachait à celte doctrine fondamentale. Ce symbole n’a d’autre valeur que celle que lui donne l’idée qu’il représente. Et comme l’idée, qui est l’essentiel, peut se faire accepter sans le symbole, Philon est convaincu que

les lumières de la raison, propagées par la philo- . «

Sophie, suffiront pour amener tous les hommes au

monothéisme, sans qu'il soit nécessaire qu’ils passent par le judaïsme, ou pour mieux dire, le monothéisme étant le véritable judaïsme, tous les hommes seront de véritables Juifs, dès qu’ils

seront arrivés à la connaissance du vrai Dieu.

Voilà ce qu’est devenu le judaïsme sous l’action delà philosophie grecque. Un abîme le sépare de celui de la Palestine. Le formalisme règne a Jérusalem, un idéalisme exagéré à Alexandrie. Ici on ne cherche que l’esprit, là on s’en lient av^nt tout à la lettre. On ne sait rien à Alexandrie de cette réglementation morale qui était l’affaire essentielle des écoles palestiniennes; on ignore absolument dans la Palestine ces principes mystiques, cet ascétisme, cette extase, qui n’ont aucun besoin de l’observation des mille préceptes pharisaïques pour élever l’ànie jusqu’à Dieu. On s’inquiète peu à Alexandrie de ces espérances messianiques qui promettent aux enfants d’Israël l’empire du monde; on ne connaît pas, on ne comprendrait pas à Jérusalem la coutiance de Philon en des idées abstraites pour l’amélioration morale de l’espèce humaine et pour le triomphe déliuitif du monothéisme.

Il paraît cependant que la Ihéosophie de la Sapience, d’Aristobule et de Philon souleva quelque opposition parmi les Juifs.de l’Égypte. Il est pro-

bable que c’est à ces contradictions qu’Âristobule fait allusion, quand il parle avec quelque aigreur d’hommes dont l’esprit de peu de portée s’arrête à la lettre et méconnaît ce qu’il y a d’élevé dans les écrits de Moïse’ . Ce doit être aussi contre ces mômes adversaires que Plnlon s’élève à plusieurs reprises, entre autres dans son Traité des Chérutins. « Que les superstitieux s’éloignent , les » oreilles bouchées, s’écrie-t-il; nous ne livrons » les mystères divins qu’à ceux qui ont été initiés » aux choses sacrées, c’est-à-dire qu’à ceux qui » cultivent sans ostentation la piété vraie et'sin- » cère. Nous n’admettons pas aux choses ' sacrées » ceux (]ui , frappés d’une maladie incurable, sont » séduits par la pompe des paroles, l’éclat des » mots, les illusions des coutumes et qui ne font » pas consister la sainteté dans autre chose »'A la fin de ce même traité, il distingue parmi ces hommes attachés à la lettre ceux qui ne pèchent que par ignorance de ceux qui confondent à dessein, par un esprit de contention et par amour de

\ . Eusèbe, Prœpar. rvang., viii, 10.

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