CHAPITRE PREMIER
Form alion de la théologie palestinienne.
La conception, à la fois si simple et si élevée, d’une alliance de Jéhovah avec la famille d’Israël, d’une théocratie qui était au fond, quoique sous une forme imparfaite^ ce qu’on a depuis appelé la cité de Dieu, était restée, pendant des siècles, au milieu des enfants d’Israël, un idéal généralement
méconnu, au-dessus de l’intelligence d’un peuple dont elle n’avait pu vaincre les habitudes invétérées, enracinées probablement dans des souvenirs et des instincts de race. Si elle n’était pas tombée dans un complet oubli, elle le devait a une succession iioh interrompue d’hbmtnes qui, depuis l’époque des Juges jusqu’au moment du retour de la captivité de Babylone , avaient constamment plaidé pour son triomphe. Ces ardents continuateurs de l’œuvre dont la tradition rapporte l’idée première ù Moïse, n’avaient pas amené les enfants d’Israël à prendre la conception mosaïque pour la base et pour la règle de leur vie sociale et religieuse. Us l’avaient du moins conservée comme un précieux dépôt; ils l’avaient transmise, agrandie, sous plusieurs rapports spiritualisée, h la postérité qui devait enfin, ils en avaient l’intime conviction, en sentir la grandeur et la vérité '.
Les espérances des prophètes ne furent pas trompées. Quatre siècles environ avant l’ère chrétienne, un changement radical se produit dans
1 Reuss, Histoire de la théologie chrétienne au siècle apostolique, 1 . 1 , p. 45-53.