U PRÉFACE
cielle de l'état religieux des Juifs au moment qui vit
naître la religion chrétienne lui suffisait; à la rigueur,
les livres du Nouveau Testament pouvaient lui fournir
les indications nécessaires, et c’est à peine si on les
complétait par quelques citations empruntées au
Talmud.
La théologie moderne a été entraînée par l’esprit critique de la science actuelle à se proposer un but quelque peu différent dans l’étude de cette dernière période de la vie du peuple d Israël. C’est un principe généralement admis aujourd'hui qu’il ne s’est produit aucun événement important dans le monde sans avoir été longuement préparé par une succession de faits plus ou moins analogues et tendant tous à lui comme à leur dernière conséquence et ’à leur forme la plus complète. Le christianisme, l’événement le plus considérable de l’histoire tout entière, fait-il exception à la règle commune? N’a-t-il été préparé par aucune manifestation de même nature du sentiment religieux? On ne saurait le prétendre. L’Eglise chrétienne ne l’a jamais tenu pour un fait isolé. Elle s’est appliquée de tout temps à faire converger vers lui tous les grands événements du monde antique, dont les uns ont préparé sa naissance et les autres ont contribué à rendre sa propagation plus facile. C’est, dans tous les cas, une croyance générale que la Nouvelle Alliance a ses racines dans l’Ancienne et qu elle n’en est à la lettre que le plus parfait développement.
A vrai dire, le principe de l'évolution historique ne trouve nulle part de confirmation plus manifeste que dans l’ensemble des documents sacrés sur lesquels se fonde la religion chrétienne. De Moïse à Jésus- Christ se montre, avec une évidence éclatante, une