‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 13 sur 371 · XXX.II PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX.II PRÉFACE

faire sortir de la famille ; le reste peut être distribué par le père entre ses autres enfants, garçons ou filles. Si letestateur n'a que des filles, il peut choisir quelque jeune homme pour époux de celle qu il jugera à propos et après l'avoir adopté pour son fils, 1 instituer pour héritier. Celui qui n'a pas d'enfants peut mettre à part la dixième partie des biens acquis et la léguer à qui bon lui semble, laissant tout le reste à la personne qu'il aura choisie pour fils adoplif (1).

On voit que Platon compose un mélange de ses propres idées avec les institutions de Solon, pour perfectionner celles-ci dans le sens de ses rêveries. Je me rappelle à ce propos les paroles de Balzac : « Platon » se joue souvent de la sorte. Il philosophe poétique- » ment et mêle la fable dans la théologie (â). » Mais ses fables reposent sur une logique précise et bien soutenue. C est ainsi que pour restreindre le droit de tester, Platon commence par restreindre le droit de propriété ! Tous les ennemis de la liberté civile ont agi de la même manière.

Ce qu'il a a de plus curieux, c'est qu'avec cette mauvaise humeur contre le droit de tester, Platon fit. comme tous les autres son testament. Il n v a rien de plus ordinaire chez les philosophes anciens que la contradiction des actions avec les principes. Mirabeau aussi, qu'on ne saurait obi ier quand il s'agit du droit de tester et de la liberté de se contredire, Mirabeau venait de tester quand il fit son célèbre et

(1) lois, liv. 1 1 (cdit de M. Cousin, i. VIII, p. 302 et suiv.)

(2) ArisUppe ou la Cour, 'lier. I .

Page 1