CXX1Y PREFACE
cautions la liberté des testaments. Mais Quintilien a grande raison de dire que le testament, en soi, tient ses droits de 1 équité naturelle. Il est la conséquence et le complément du droit de propriété; il est la consolation du père de famille, et répond aux besoins d'un cœur reconnaissant qui veut récompenser les soins d'une épouse, les mérites d'un fils, les services d'un ami. Un peuple n'est pas libre s'il n'a pas le droit de tester, et la liberté du testament est l'une des plus grandes preuves de sa liberté civile. Oui pourrait d'ailleurs ne pas respecter les dernières paroles d'un mourant"? La volonté de l'homme, quand elle a été idéalisée par la mort, est une des plus grandes puissances morales de ce monde. INous voyons dans les livres saints que la bénédiction des patriarches s'étend sur la famille comme un décret venu de Dieu. Partout et dans tous les pays connus, civilisés ou non, les désirs exprimés par le père, dans son moment suprême, parlent plus haut aux enfants recueillis que toutes les lois de l'ordre civil. Le testament de César fit trembler ses ennemis ; celui de Louis XVI a condamné ou désarmé les siens ; et la dernière larme versée sur la France par l'exilé de Sainte-Hélène touche le cœur aussi profondément que les exploits du vainqueur de l'Europe excitent i admiration.