Tel était, suivant nous, le régime matrimonial des
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Gaulois. Le gain de survie qui en résultait pour le conjoint constituait certes un avantage três-important ; mais ce n’était qu’un droit de créance et non un droit de succession. — Quelle était donc au point de vue successoral la situation de l'époux survivant ? En l’absence de texte il est assez difficile de le dire. César, notre guide habituel, se borne à nous apprendre au sujet des successions que les contestations qui les concernaient étaient jugées par les Druides. « Si de hæœredilate controversia est, iidem (Druidi) decernunt. > (Cæsar, op. cit. VI, 13.) — Nous ne savons même pas s’il s'agissait dans ce texte de la succession légitime ou de la succession testamentaire. On peut toutefois conjecturer qu'il ne s'agissait que de la succession légitime, car l'apparition du testament suppose toujours que la propriété à revêtu la forme individuelle et chez les Gaulois elle était encore collective. De plus l'expression « hæreditas > employée par César se référait exclusivement en droit romain à la succession ab intestat (Cicéron, Topiques, ch. VI) et il est à supposer, ici encore, que l’auteur des Commentaires a donné à cette expression la même portée que ses concitoyens.
Nous considérons donc comme très probable que la succession ab intestat était seule connue des Gaulois. Est-ce à dire que le conjoint figurât au nombre des héritiers ? Nous voudrions pouvoir répondre affirmativement, mais le principe du condominium familiæ, en affectant les biens aux seuls membres de la famille, nous paraît avoir dû s'opposer à ce que le survivant des époux, étranger à la famille du prédécédé, pût invoquer aucun droit sur sa succession. C’est sans doute cette exclusion du conjoint qui inspira au conjoint l’idée de l’ingénieuse com binaison matrimoniale dont nous avons étudié le mécanisme. En tout cas on ne peut se dissimuler que le besoin spécial d'un gain de survie ne se serait guère fait sentir si les époux avaient été admis à se succéder réciproquement, sans compter qu’on ne s’expliquerait guére que l’auteur des Commentaires n'ait pas pris soin de nous signaler une institution aussi originale. Nous concluons donc qu’à l’exception du gain de survie décrit par
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