‹ Des droits intellectuelsChapitre 35 sur 121 · IO0J · texte numérisé non relu

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Celle qui, la première, contrefaisait une œuvre étrangère* obtenait par celaseul, vifl-i^vis des autres, une sorte de nioni>^

poU' ; il est impossible il apprécier ce que cet accord aurait produit ; les sociétés se départirent bien vite de cette ligne d^ conduite.

Bientôt lorsqu'un livre nouveau paraissait à Paris, on se

bousculait à Bruxelles pour l'imprimer au plus vile. Chaque société s'ingénia à vendre ses produits au plus bas prix.

Le volume-type de Timpression belge est irin-i8 ; en 1834, un le vendait 3 fr. 50, puis sua prix s'abaissa succussivemeut à 3 ft*., à 2 ir., À i fr. dO.

'Vers 1840, on imagina de publier, sous le titre de lAuéion Httérairef une collection de romans, h 75 centimes la livraison. Chacune contenait la valeur d'un volume in-18.

Puis le chef de Tune des trois grandes maisons belges, dans Tintérét d*un journal politique, inventa le volume à 35 centimes et même le volume gratis. Tout souscripteur au journal avait droit à la distribution de cinquante-deux volumes par an; trois autres gazettes, afin de détruire l'efTet d'une concurrence si neuve, se virent forcées d'imiter cet exemple. Ainsi, par semaine, quatre feuilles quotidiennes envoyaient un volume à chacun de leurs abonnés. On évalue le nombre de ceux-ci au chiliire de six mille ; on en arriva donc à placer gratuitement trois cent douze mille volumes par année (1).

On abandonna assex vite ce système (2), mais le volume à 35 centimes survécut.

Comme il est facile de le voir, le marché intérieur de la Belgique était désastreux pour les libraires. Les acheteurs seuls profitaient de la contrefaçon. (Comp. De Molinari, J, de$ £c.,

(i) Nous devons faire observer toutcfoi:^ que ces volumes n'avaient que lUOà SOO pages ; Us revenaient, pour chaque exemplaire, au prix incroyahiA da iS eentimes 1/S à 15 centimes. La oompotition servait i mie édition plot élégante.

(S) Les journaux continuèrent à publier d'ailleurs en feuilletons les œuvres lespliu nouvellis.

, £10G3 HISTtJRigLF, ni- la contrefaçon INTEBNATIÛNALK 1^

1. X XXI, p. 263). Le marché extérieur était resté assez favorable : la contrefaçon belge écoulait ses produits en Italie (siirloul A Florence, Rome, Milan, Naples, Padoue), eu Russie, en Pologne, en Allemagne, en Amérique, en Syrie, etc.

Voici, d après les déclarations de la douane, le total des exportations de la librairie belge.

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