TRAITEMENT DE LA DYSPEPSIE DES LIQUIDES
Le traitement de cette forme de dyspepsie ressort naturellement de la connaissance des symptômes qui la caractérisent et des circonstances qui l'aggravent, la modèrent et en amènent la cessation. Quant aux cau'ses particulières qui impriment a la dys-
pepsie cette forme particulière, elles nous sont, comme nous l'avons dit, inconnues , et nous ne pouvons nous appuyer sur elles; mais l'appréciation des influences qui en augmentent ou en diminuent l'intensité fournit des indications analogues et aussi positives.
§ 1^'. — Forme i^strlqne.
L'estomac digère bien les solides; il digère mai les liquides. De là l'indication très-claire du régime sec, et l'abstention aussi complète que possible de toute espèce de boissons, de tous les aliments liquides; d'étendre cette prescription aux médicaments, qui doivent être pris égalemei^t sous forme solide, si quelque circonstance en réclame l'usage.
Si l'on excepte la privation des liquides, ce régime n'a rien de bien sévère. 11 permet Tusâge, d'abord, de soupes de tout genre, à la condition seulement qu'elles soient très-épaisses ; que la cuillère enfoncée y reste verticalement, comme dans la soupe du limousin, selon l'expression populaire. À ces potages, aussi variés que le malade le désire, il peut joindre le pain, les viandes rôties, grillées, bouillies, chaudes ou froides; les poissons, les œufs,. les légumes, à la condition de n'y pas joindre de sauces abondantes. Les fruits son t. également permis, à l'exception de ceux qui seraient très-aqueux, tels que les
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raisins. Le nombre des alimenis solides est donc presque illimité, et-le malade a Une gratide latitude de choix^ en exceptant ceux qui seraient indigestes en eux-mêmes ou que le malade aurait reconnus tels soit avant le début, soit après l'invasion de la dyspepsie.
Pour suppléer à la suppression subite des boissons, on doit recommander à ces malades d'insaliver le plus possible les aliments dont ils font usage. La salive les humecte aussi bien que les boissons ; elle se mêle intimement avec les aliments solides, forme avec eux une pâte épaisse avant qu'ils ne pénètrent dans l'estomac ; elle ^, pour en faciliter la digestion, des qualités qu'aucun autre liquide ne saurait aVoir au même degré. Nous ajouterons enfin que, pour quelques sujets, pour ceux surtout qui, même dans ces mauvaises conditions, ont l'habitude de boire beaucoup en mangeant, plusieurs verres, par exemple, et de manger très- vite, il y a nécessité de permettre, lés premiers jours, un verre de leur boisson habituelle, qu'ils ne prendront que par gorgées, pendant la durée entière de leurs repas, et en ayant soin d'en réserver une partie qui ne sera prise qu'à la fin.
L'usage de bains entiers, à peine tièdes, supplée aussi à la privation des boissons ; ildiminue la soif et une certaine sécheresse de la bouche qui accompagne souvent cette espèce de dyspepsie. Les
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lavements d'eau simple, lorsqu'ils sont conservés, ont aussi un effet analogue ; ils peuvent être pris une ou deux fois le jour.
L'amélioration rapide qui survient ordinairement dans les digestions encourage les malades à observer ce régime, et le médecin qui les examine, après une ou plusieurs semaines, constate dans la diminution du clapotement un changement parfaitement d'accord avec celui que le malade a lui-même, reconnu dans les souffrances qu'il accusait.
Si la paresse des digestions ou toute autre cir-^ constance commande l'emploi de quelques remèdes, ceux-ci, comme nous l'avons dit, doivent être pris en général sous forme solide. Ainsi, au lieu d'une infusion amère, on prescrira Textrait de la même plante qui sera pris, aux repas même, enveloppé de pain à chanter dans la première cuillerée de soupe. Des poudres ou des pilules purgatives remplaceront lés eaux de Sedlitz ou les macérations de rhubarbe ou de séné. Il ne faudrait pas cependant pousser l'abstention des liquides jusqu'à refuser quelques onces de vins généreux, malaga, bourgogne, bordeaux, s'ils étaient nécessaires à la digestion, à raison soit de la faiblesse de l'estomac, soit d*une longue habitude.
Les moindres infractions au régime sec sont presque constamment suivies du retour des phénomènes de la maladie, même après une longue intemip-