PARTIE II. DYSPEPSIES HABITUELLES
de s'astreindre aux règles de l'expérimentation en thérapeutique, on ne parvînt à reconnaître Timpuissance de cette formule et de tant d'autres que la médecine anglaise tient aujourd'hui en si grande faveur. Je fais des vœux, dans l'intérêt delà science, pour £[ue le zèle, la persévérance, l'assiduité dans le travail, qui distinguent à un si haut degré les médecins anglais, s'allient à cet esprit de circonspection et de prudence, qui ne conclut que lente* ment et sûrement des faits suffisamment nombreux, et bien observés, et qui préserve à, la fois de ces inductions prématurées qui égarent, et de cette poly pharmacie qui devient un obstacle absolu à l'appréciation exacte des remèdes .
Dans le chapitre consacré à l'étiologie des dyspepsies, nous avons réuni dans une élude commune les causes de toutes les afTections comprises sous ce nom, sans nous attacher à signaler les causes propres à chacune de leurs variétés. Nous y avons suppléé en partie, dans les articles consacrés à chacune d'elles. Mais ces points d'étioiogie spéciale restent fort obscurs , même dans quelques dyspepsies, oii une sorte d'ipduction semblerait guider le médecin. Ainsi, pour les formes névrak giques, on serait porté à croire qu'elles ne se montrent que chez les sujets doués d'un tempérament nerveux et sous l'influence des causes morales; mais elles se présentent souvent aussi chez des su-
jets qui ne présentent pas ces conditions. Si Ton admettait que l'habitude de boire trop abondamment est le point de départ de la dyspepsie des liquides, on ferait une supposition toute gratuite. Dans beaucoup de cas, on est réduit à rattacher ces diversités, dans les formes spéciales d'une même maladie, à ces modifications intimes et par conséquent inconnues de l'organisme auxquelles nous sommes trop souvent obligés de remonter et de nous arrêter, quand lés causes patentes nous échappent.
L'absence d'exercice, au contraire, bien que concourant au développettient de toutes les dyspepsies, peut réellement être considérée comme ayant une action plus particulière dans la forme flatulente de ces affections, ainsi que nous l'avons déjà signalé.
Pour revenir aux causes particulières des dyspepsies acide et alcaline qui font le sujet de cet article, on doit se demander, si certaines conditions habituelles ou prolongées du régime, n'en prépareraient pas le développement ; si ces conditions, qui sont l'opposé de celles qui guérissent le mal quand il est produit, ne l'auraient pas préparé et engendré en agissant longtemps et incessamment sur nos organes, jusqu'à l'explosion du mal. La dyspepsie acide, par exemple, ne frapperait-ellô pas les personnes qui vivent presque entièrement de fruits, de légumes verts, de plats sucrés, et qui font un grand
Qsage des choses acides, du vinaigre, du citron et du sucre, sous des forqies diverses? Cette affection ne se montrerait-ellje pas, dès lors, principalement dans le cours de Tété, vers la fin de cette saison, qui fournit en abondance les fruits acidulés et les végétaux dont l'usage presque exclusif apporterait, avec le temps, dans l'économie tout entière, cette prédominance des acides qui se montrerait dans les voies digestives? Et, d'autre part, la dyspepsie alcaline ne serait-elle pas -la conséquence d'une diète presque entièrement animale, telle qu'on la suit en hiver, et qui est la conséquence de la privation des végétaux frais, légumes et filiits? et dès lors cette forme de dyspepsie ne serait-elle pas plus fréquente dans la seconde moitié de l'hiver et au printemps, lorsque l'influence de la diète animale s'est fait sentir pendant un certain nombre de mois consécutifs? Les faits me manquent pour résoudre ces questions.
ARTICLE VIIl.