‹ Des dyspepsiesChapitre 13 sur 122 · PARTIE I. DTSPBMIBS ACCIDENTELLES · texte numérisé non relu

PARTIE I. DTSPBMIBS ACCIDENTELLES

testin se prolonge après Texpulsiou des matières alimentaires, les douleurs persistent, les efforts de vomissement se- prolongent, des selles liquides se répètent pendant plusieurs heures*

On doit opposer à cette irritation consécutive, l'abstinence entière de toute boisson, des quarts de lavements mucilagineux. Si ces moyens restent insuffisants, on fait prendre au malade, par la bouche si le mal porte particulièrement sur l'estomac, en lavements s'il porte sur les intestins, une petite dose d'opiUdi ou de quelque autre narcotique, i à 5 centigrammes par exemple, d'extrait thébaïque, dissous dans une petite quantité d'un véhicule, agréable ou mucilagineux, selon la voie par laquelle on l'administre, et Ton voit promptement céder les dernières traces du mal.

Dans le cas où des accidents cérébraux intenses, comme le délire, l'assoupissement, accompagneraient l'indigestion, et où l'ivresse ne pourrait être soupçonnée, il conviendrait de promener des rubéfiants sur les membres, de favoriser le vomissement par les boissons aqueuses ; et dans le cas d'impuissance de l'estomac à se débarrasser des aliments qui le distendent et de persistance des accidents cérébraux, on devra ne pas hésiter, si l'état du poul^ et de lachaleur y engageaient, à pratiquer une saignée du bras, moyen exceptionnel, sans doute, et dont on ne doit user qu'avec une extrême réserve, mais

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qui, dans ees cas, comaie nous l'avons dit, devient le vomitif par excellence.

L'émétique est rarement nécessaire dans l'indigestion pour débarrasser l'estomac des matières alimentaires qu'il contient. U faut toutefois se tap^ peler quelques cas foi^t rares, comme œlui du docteur Jeanroy, dans lequel, après l'ingestion de substances indigestes , mal mâchées et prises en quantité considérable, le malade est resté pendant quinze jours sans pouvoir prendre d'aliments, et avec un sentiment de plénitude stomacale, qui n'a cédé qu'à un vomitif énergique : sous l'influence de ce moyen, le malade du docteur Jeanroy rendit, comme nous l'avons dit, une masse considérable de betteraves, très-facilement reconnaissables et qui n'avaient encore subi que peu d'altération.

Du reste, en dehors de ces cas exceptionnels, le traitement des accidents qui résultent d'une indigestion, est à peu près le même, quelles que soient les causes qui y aient donné lieu. La considération des causes, au contraire, fournissant des indications diverses, selon les cas, est d'une grande importaiice^ relativement à la prophylaxie ; car chez le plus grand nombre de sujets , si de nouvelles indigestions ont lieu, ce sera, le plus souvent, sous l'influence de la même cause qui aura déterminé la première*

L'indigestion est-elle le résultat de la trop grande quantité d'aliments pris à un même repas? L'indi-

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yidu, s'il a quelque sens, devra y oit là une limite qu'il ne peut dépasser sans inconvéniaat ; s'il en est dépourvu^ que pourraient sur lui lesmeilleursconseih de la médecine, de la morale, de la religion ? S'il s'agit d'un enfant, ou d'un individu que la maladie ou la vieillesse aura réduit à des conditions men* taies analogues à celles de l'ejfifance, ce sera aux personnes qui le surveillent à mieux r^ler son r^ime. Mais quels moyens employer vis-à--vis de Touvrier, en possession de toute sa liberté, , pour l'amener à une tempérance qui lui serait si utile ? Les conseils les meilleurs ne lui manquent pas : ils lui viennent de toute part. La sobriété est, en quelque sorte, le pivot de sa santé, de sa bcmne conduite, de son renom, de l'aisance de sa fa* mille, et le gage de son avrair. Tous comprennent cela; nonobstant, le plus grand nombre n'en con* serve pas moins ses funestes habitudes. Pourraiton espérer chez nous, chez notre race, essentiel^ lement indocile et railleuse, quelque succès de ces associations de tempérance qui, chez nos voi'» sins d'outre-mer, ont déjà amené des résultats encourageants? J'oserais & peine l'espérer; mais toujours serait-ce une bonne action que de le tenter ; ce serait un grand titre à l'estime et à la recon* naissance publiques, que d'y réussir.

Il eo est de même de la mauvaise qualité des aliments ou des boissons ; elle fournit l'indication

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très-formelle de renoncer à leur uss^, ou de les restrei^idre au moins à de si petites quantités qu'il n- en ' résulte aucun trouble sérieux. Les pâtisseries grasses, la chair des homards, les boissons mal fermentées, prises en petite proportion, mais avec d'autres aliments plus digestibles, peuvent encore être passablement digérées.

Si l'insuffisance de la mastication et de Tinsalivation n'a été qu'accidentelle, si elle n'est pas dans les habitudes des individus, un simple avertissement pourra prévenir le retour de nouveaux accidents semblables. Mais si elle est habituelle, il devient Irès^lifficile d'en triompher, comme nous le verrons plus loin dans le chapitre consacré à la dyspepsie habituelle.

Les indigestions qui résultent du rapprochement accidentel de deux repas, celles qui sont dues à l'action de causes perturbatrices, telles qu'un bain tiède ou froid pris peu de temps après l'ingestion des aliments, sont encore de celles qu'un avertissement prévient ordinairement et qui ne se renouvellent que rarement.

On doit en dire autant de celles qui résultent de l'ingestion de substances antipathiques aux oi^anes digestifs , et dont nous avons ^ signalé de nom* breux exemples. Le plus souvent, d'ailleurs, une sorte d'instinct éloigne de l'usage de ces aliments les personnes auxquelles ils sont contraires ; elles

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ne les trouvent pas agréables au goût, et dès lors la raison n'a pas besoin de grands eflTorts pour y renoiicer enlièrement. Le souvenir du passé apprend à ces sujets à s'abstenir d'un aliment qui leur est manifeétement contraire. «

J'ajouterai seulenoent que chez certains individus ces antipathies n'ayant pas toujours existé, il peut y avoir Heu de chercher avec prudence, à les surmonter ; que quelquefois on a cru à une répugnance invincible^ là où il n'y avait qu'éloignement imaginaire, et qu'il a été possible d'en triompher. Beau-coup d'adolescents et d'adultes digèrent parfaitement des aliments qui, dans leur enfance, étaient constamment repoussés par l'estomac ou les intestins. L'homme n'est pas sûr d'avoir toujours à choisir ses aHments ; il est donc sage qu'il fasse ses efforts pour réduire le plus possible le nombre de ceux qui lui inspirent de la répugnance et lui paraissent indigestibles. Seulement il faut le faire avec mesure, et ne pas lutter indéfiniment contre les dispositions permanentes^e nos organes.

Chacun doit savoir les aliments qui conviennent le mieux à son organisation et dans quelle quantité il doit les prendre. Telle personne a besoin d'aliments plus toniques ou plus assaisonnés, de boissons fortes, de vins généreux, de quelques liqueurs alcooliques pour bien digérer ; telle autre, au contraire, ne digère bien que les aliments les plus doux

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et les boissons presque aqueuses. Â F un le r^me végétal, à l'autre les substances animales conyién* dront mieux. L'habitude, il faut le reconnaître, a sa part dans ces dispositions diverses, qui ne sont pas toujours complètement primitives , et qui , s'é<tant établies peu à peu, peuvent être susceptibles aussi d'être graduellement modifiées. Une alimen* tatiou mixte convient davantage au plus grand nombre, et le médecin doit tendre à y ramener avec précaution les individus qui s'en sont éloignés par goût ou par théorie.

Le choix des boissons appelle aussi l'attention. Le vin, le cidre et les autres liqueurs ferment ées, qui, comme la bière, ont été inventées par l'indus* trie dans les pays qui ne fournissent ni vin, ni cidre, sont généralement utiles pour aider à la digestion» Elles sont indispensables aux personnes qui en ont contracté l'habitude, comme à celles qui passent d'une vie plus ou moins calme, à une vie trèsactive, du métier de cultivateur, par exemple , à celui de soldat en campagne : ici l'usage des bois*sons fermentées devient indispensable, ainsi qu'une nourriture plus forte, oii la viande entre pour une bonne part. L'eau pure, qui a été la boisson pri* mitive du genre humain, et qui est encore celle d'un assez grand nombre de personnes, parmi les femmes principalement, peut suffire à leurs bonnes digestions. Mais il n'en est pas de même

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