‹ Des dyspepsiesChapitre 31 sur 122 · PARTIE IL — DV8PBFSIBS HABITUELLES · texte numérisé non relu

PARTIE IL — DV8PBFSIBS HABITUELLES

surtout en hiver, quand ils s'exposent à .l'air. Â ce froid léger succède une notable accélération du pouls qui devient plus plein, la chaleur généralf) 9ugqient^,Ja,. figure prend de la coloration, et cet état fébrile» exempt d'ailleurs de toute souffrance^ se prolonge pendant la soirée et quelquefois une partie de la nuit, sans laisser à sa suite aucun malaise sérieux. Il en est.autrement chez les sujets affectés de dyspepsie : un repas, qui serait très-modéré en lui-même pour un sujet sain, est suivi chez eux de phénomènes fébriles plus marqués., Le^ froid est (dus^fitense qt plus long.: la chaleur, qui lu;! succède est pénible, évidemment maladive, la bouche est sèche, les phénomènes gastriques sont plus prorr nonces, le sommeil agité ou nul. Cette fièvre nocturne est pour le malade le phénomène prédominant et quelquefois le seul qu'il accuse; il veut être guéri de sa fièvre, il réclame instamment l'emploi du sulfate de quinine, qui n'a rien à faire à cette sorte de fièvre,, non plus^ qu'à tant d'autres fièvres analogues ou accidents périodiques auxquels on Y applique mdX à propos. La fièvre continue à se reproduire, malgré le remède, et avec elle le malaise qui l'accompagne et l'affaiblissement qui résulte delà maladie dont elle n'est qu'un effet. Une fois la causa connue, un régime convenable est presçri( : la fié-' vre cesse comme par enchantement, si le malade s'y soumet avec docilité et avec persévérance. -^

80 DBS DYSPEPSIES.

Ce n'est pas une fois, c'est cent fois peut-être cpie j'ai constaté l'efficacité de ce fébrifuge contre des fièvres de ce genre.

C'est presque toujours sous la forme quotidienne et pendant la nuit que surviennent ces accès finies symptomatiques de la dyspepsie. Ces deux conditions réunies doivent suffire pour éveiller l'attention du médecin; car les fièvres essentielles ont au contraire leurs accès le matin, ou dans la joui*née. Dans des circonstances exceptionnelles, ces accès ont présenté le type tierce et se sont montrés le jour. En voici une observation qui a été recueillie dans mes salles de clinique, à l'Hôtel-Dieu. et qui a présenté, à raison dé ce type inaccoutumé, un véritable intérêt diagnostique.

Un bomme d'une trentaine d'années au plus entra à cet hôpital, se plaignant d'accès de fièvre revenant tous les deux jours, dans l'après-midi, et caractérisés par un frisson suivi de chaleur et de sueur, comme dans les tierces les mieux caractérisées. Tou^ tefois, cet homme habitait Paris depuis longtemps déjà, et n'avait eu de fièvre intermittente à aucune époque de sa vie. En même temps que les accès de fièvre, avait apparu chez lui, un dérangement intestinal, marqué par des selles liquides et quelques légères coliques : ces deux ordres de phénomènes, l'accès fébrile et la diarrhée, se montraient aux mêmes jours; les jours intercalaires, il n'y avait ni fièvre ni

PARTIS II. -— pT8PBP8IEi UABITUJBLLBS. 81

dérangement intestinal. Interrogé soigneusement sur les causes qui pouvaient expliquer ces alternatives quotidiennes de rétablissement et de dérangement des voies 4igeslives, il fit connaître que, chaque fois que la diarrhée reparaissait, il cessait de niangçr pendant la soirée et toute la journée du lendemain; mais que, le troisième jour, se croyant guéri, U recommençait à prendre des aliments dès le matin, et le faisait largement. — Quelques heures après, les coliques, la diarrhée, le frisson, la chaleur, l(i sueur recommençaient, cessaient dans la soirée et inspiraient au malade la résolution d'une abstinence dont il reconnaissait la nécessité, et qu'il Qbservait pendant trente*six heures. Après quoi, le retour aux aliments ramenait la même série d'accidents in-^ teàtinaux et fébriles^ suivis de nouveau d'abstinence et d'apyrexie.

Après cinq à six accès semblables subis, le dernier à THôtel-Dieu, les autres dans son logement, le malade fut soumis à une diète qaôdérée, quelques potages seulement chaque jour. Ses accès, qui s'étaient reproduits cinq à six fois sous le type tierce, furent immédiatement su^endus, aussi bien que la diarrhée. Je le retins quelques semaines à la Clinique, pour le mettre à l'abri d'une récidive qu'un^ écart de régi|Xie aurait inévitablement rer produite. Ce fait est d'un véritable intérêt sous le rapport du diagnostic ; nous n'avoiis pas hésité à le

mpç&ttév «m dyspepsie, sous apparence de fièvre tierce. S» quelques personnes ne voyaknt là qu'une entérite, reproduite en quelque sorte artificiellement de deux jours l'un^ nous rappellerons ee que nous emfm dit ailleurs, savoir qu'une pbkgmasie n'est pas une maladie de quelques heures, et que nom persistons à ne voir dâusce f»t singulier que des indigestions successives*

Les troubles digestife exercent une influence incontestable sur les organes des sécrétions, sur ceux surtout qui, comme les glandes salivaires, le pancréas, le foie, sont en quelque sovte des annexes d^s organes digestifs et offrent le plus souvent une altération, ou une augmentation dans leurs sécrétions. Nous ajouterons que, sous Tinfluence de la dyspepsie, la transpiration cutanée diminue ordinairement ; que, sauf quelques exceptions individuelles, la pean^est plus sèche que dans l'état normal ; que la sécrétion de l'urine est, te plus souvent, diminuée, et que ce liquide est plus fmicé en couleur.

On voit beaucoup de personnes qui, bien qu'elles souffrent habituellement après leurs repas, pendant une ou plusieurs heures, continuent à bien manger, à manger trop, pour mieux dire, à dormir mal, et dont les selles sont dorai lîé^, trop copieuses, plus fétides que ne le eomporte Fétat dé santé. Malgçé cela, eltes cirnser vent leur teint, leurs forces; leur embonpoînf se maintient et peut même augmenter.

Page 1