PARTIE II. DYSPEPSIES HABITUELLES
£n règle générale, chez l'homme malade surtout et même chez le sujet bien portant, aulant un exercice pris à propos et avec mesure, est un auxiliaire utile au travail digestif, autant un excès de fatigue lui devient contraire. Voyez ce qui arrive à cet adolescent qui se livre ^ pour la première fois, avec une ardeur immodérée, dans les grandes chaleurs de Tété, au plaisir de la chasse. Il marche, ou plutôt il court du matin au soir, sous l'action d'un soleil brûlant, poursuivant le gibier qui fuit devant lui, et ne rentre le soir que lorsque sa propre fatigue et le déclin du jour l'y contraignent. Croyez- TOUS qu'il va dîner avec appétit? 11 n'en sera rien; il prendra à peine quelques aliments, il boira en abondance, il abandonnera promptement la table, pour gagner son lit, y subir les conséquences de la courbature qu'il s'est donnée, et ne le quittera le lendemain qu'avec un brisement général et un appétit incertain. Heureux encore si, par suite de cette fatigue excessive, d'estomac n'est pas devenu inhabile pour plusieurs jours à digérer le peu d'aliments qui seraient pris. Par opposition vous verrez ses compagnons de chasse, plus robustes que lui et qui n'ont marché que dans la limite de leurs forces, manger dé grand appétit, passer joyeusement la soirée en devisant sur les hauts faits de la journée, et recommencer le lendemain.
Si un excès d'exercice a de tels effets sur les
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organes digestifs, chçz un jeune homme parfaitement bien por tant^ on comprend à quel degré il devient contraire chez les sujets déjà atteints de dyspepsie: chez eux T excès arrive 'bien vite, «urtout, comme no^s Tavons dit, quand le mal a une certaine intensité. ^
Dans les formes graves de la dyspepsie, ce besoin de repos absolu' peut s'étendre à tous les organes pendant le faible travail de l'estomac et être porté à un degré tel, que remuer les bras, parler, lire, écouter, regarder, réfléchir soient une fatigue, et que le malade, surtout s'il est doué d'une grande sensibilité nerveuse, ne veuille et ne puisse rienfaire de tout cela, dans le temps qui suit les repas.
Il est difficile au médecin de régler d'une façon absolue la durée de L'exercice que le dyspeptique devra faire chaque jour avec avantage: la précision est impossible. C'est au malade lui-même, d'après la sensation de lassitude qu'il commence à éprouver; c'est aux personnes qui raccompagnent, d'après l'expression de fatigue qu'elles remarquent dans ses traits, à juger qu'il est temps de s'arrêter.
n est bon en général que les promenades aient un but agréable, qu'elles soient dirigées vers des points où l'air soit vif et sec^ où la vue de la nature ou des monuments donne des distractions; et dans ce but aussi, il convient que chaque jour, elles soient,