ARTICLES VII ET VIII
Diagnostic de l'atonie avec l'ulcère simple, avec la dilatation de l'estomac, avec le cancer et avec l'atonie intestinale (Voir ces mots.)
§ II
Énumération des causes de l'atonie stomacale.
De même que l'estomac peut être le point de départ de nombreux actes réflexes, tels que les vertiges, l'hypochondrie, etc., de même aussi l'organe gastrique peut être V aboutissant des actes réflexes; on a noté souvent ces origines réflexes du spasme, sans les interpréter selon les lois de la physiologie.
ARTICLE PREMIER Influences réflexes des organes.
a. Les organes génitaux, la vessie, Yutérus, peuvent devenir, et sont souvent l'origine des douleurs gastralgiques; ainsi l'excitation des organes génitaux par l'onanisme, par les pollutions, l'irritation des reins par les graviers, la présence de la pierre dans la vessie, les cystites simples elles-mêmes peuvent donner lieu aux atonies, mais comment? Est-ce, comme on disaii autrefois, par voie consensuelle? ou bien, comme on le dit plus récemment, par sympathie? ou bien encore par une névralgie gastrique concomitante des lésions génito-urinaires? Tout ceci est incompréhensible, et je ne trouve d'autre moyen d'éclairer le mystère des actes
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réflexes, qu'en les interprétant physiologiquement, par un acte moteur final, et cette fois c'est l'estomac qui se contracte,
b. Les lésions des intestins agissent tantôt par voie de propagation, en provoquant un météorisme gastrique par continuité, tantôt s'ils sont le siège de douleurs, par voie réflexe. Ce phénomène s'observe surtout dans les affections vermineuses de l'intestin; la transmission se fait alors par le grand sympathique.
c. \.' influence du foie et du pancréas se traduit autrement, c'est-à-dire en produisant une véritable dyspepsie, qui a son siège, non dans l'estomac, mais dans l intestin lui-même, où se déversent les liquides pancréatique et biliaire.
d. l^influence du cœur et du poumon est également tout autre ; les cardiaques, les asthmatiques se plaignent souvent de flatulences, et parfois de douleurs gastriques; souvent même la maladie débute de cette façon, et ces symptômes initiaux peuvent donner le change^ si bien qu'à défaut d'un examen rigoureux des organes thoraciques, l'erreur peut se produire et se prolonger.
En général, les affections thoraciques débutent et se caractérisent par la dyspnée ; la gêne respiratoire force pour ainsi dire le diaphragme, et met en jeu toute la série des muscles respiratoires auxiliaires, le diaphragme finit ainsi par subir les effets d'un fonctionnement exagéré; il se fatigue, s'aflaiblit; les inspirations profondes, c'est-à-dire l'abaissement du diaphragme dans la cavité abdominale ne pouvant plus s'opérer complètement, celle-ci ne parvient plus à se rétrécir dans le
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sens longitudinal; dès lors Testomac et les intesliiis se distendent par les gaz et deviennent le siège d'une tympanile; c'est une véritable asthénie du diaphragme, qui produit le météorisme.
L'inverse a lieu également; le tube digestif, distendu par les gaz, refoule le diaphragme par en haut, et produit la dyspnée ; il y a donc là une action et une réaction incessantes augmentant de plus en plus la gêne respiratoire et le météorisme abdominal.
ARTICLE II
Influences générales débilitantes et diathésiques.
Outre les agents d'ordre mécanique ou d'ordre réflexe, nous avons à compter les causes générales de clébilitatio72, et les affections des centres nerveux, qui par des procédés différents, souvent complexes, développent la gastralgie.
a. Les débilitations par des pertes sécrétoires sont une des causes les plus efficaces de l'atonie gastrique; il faut citer sous ce rapport en première ligne la leucorrhée et le catarrhe de l'ulérus, qui exerce en même temps une action réflexe.
La lactation prolongée détermine une fatigue facile à comprendre, et prompte à se répercuter sur les muscles de l'estomac.
Les pertes sémmales présentent un double mode d'action : l'épuisement physique, et l'énervation avec phénomènes réflexes.
b. Les chloroses et surtout les anémies [^ar pertes de
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san- exerccnl leur action pathogénique sur restoinac, tantôt sous forme de vomissements, tantôt, ce qm est rare, sous la forme de dyspepsie, le plus souvent en provoquant des atonies avec llalulence soit de l'estomac, soit de tout le tube digestif; le sang avec la diminution des globules et de l'hémoglobine n'a plus les qualités requises pour alimenter les muscles stries, ainsi que les muscles lisses, qui passent de l'état de surmenage presque permanent à une excitation passagère, c'est-à-dire de l'atonie au spasme. ^ c.Diathèses. — On a, par habitude, invoqué également les diathèses, et leurs altérations hypothétiques du sang, pour expUquer certaines coïncidences avec la gastralgie ; on est arrivé ainsi à imaginer une gastralgie goutteuse, rhumatismale, herpétique, tuberculeuse, paludéenne, et je crois même syphihtique. Les goutteux ont souvent des douleurs gastriques, que le public appelle la goutte remontée à r estomac; je soupçonne fortement chez ces malades l'influence nuisible des repas trop copieux ou trop excitants de produire ces accès douloureux sans qu'on soit obligé d'invoquer l'influence de l'uricémie, c'est-à-dire d'une surcharge du sang par l'acide urique ; la goutte détermine bien plutôt la dyspepsie (voir page 156).
L'atonie r/wm«?25m«/e me paraît fort suspecte; de ce <iu'un rhumatisant éprouve des douleurs d'estomac, ce n'est pas une raison pour admettre que les tissus fibromusculeux de son estomac soient rhumatisés; qu'il puisse éprouver des contractions, et même des atonies, cela est incontestable, et le rhumatisme antérieur ne préserve pas les malades de la gastralgie vulgaire.
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II n'y a d'ailleurs aucune preuve pratique ou thérapeutique de la nature rhuniatiqiie de ces gastralgies.
Encore moins peut- on comprendre l'influence mystérieuse de la dartre et de Vherpétismc, à moins d'admettre qu'il n'y ait là un prurit ou un prurigo intérieur ; la dissemblance de structure de la peau avec ses glandes sébacées et sudorales, et de l'estomac avec ses glandes pepsiques, ne permet pas d'établir la moindre corrélation entre ces deux organes.
La tuberculose ne produit pas non plus de gastralgie ; elle détermine la formation de gastrites plus ou moins graves, ou elle provoque des vomissements, mais non une gastralgie, et encore moins une gastralgie spéciale.
Une dernière mention pour les maladies spécifiques, et nous aurons terminé l'énumération fantaisiste des gastralgies dites dialhésiques.
Un sijphilitiqiieé])vç,\ïyQ-[-\\ delà gastralgie? on accuse le poison d'avoir dénaturé les nerfs de l'estomac ; c'est la pathologie syphilitique appliquée aux organes digestifs; pourquoi pas ?
J'ai vu récemment un habitant d'une république de l'Equateur, à qui on avait prescrit de fortes doses de mercure pour guérir une gastralgie syphilitique; le malade en fut pour un mal double, une gastralgie mercurielle vint s'ajouter à la gastralgie vulgaire dont il était affecté pour abus de régime.
Et V impaludisme ? Comme il y a des névralgies paludéennes, et comme la gastralgie est, dit-on, une névralgie, on admet la gastralgie miasmatique; de là prescription du sulfate de quinine, lequel multiplie infailliblement les souffrances.
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Les principes spécifiques ou dialliésiques ne sont, en résumé, pour rien dans la production de la gastralgie.
d. Intoxications. — Parmi les poisons, nous signalerons surtout le tabac, qui détermine fréquemment des contractures gastro-intestinales, et même plus souvent que la véritable dyspepsie. Des effets de l'atonie spasmodique s'observent à la suite de l'abus de la digitale, de Varsenic^ etc.
Influences nerveuses.
Reste a déterminer l'influence du système nerveux; ceci nous mène à parler des névroses et surtout de l'hystérie, puis des maladies des nerfs de l'estomac eux-mêmes, puis de la moelle et de l'encéphale.
Vhijstérie est, de toutes les maladies du système nerveux, celle qu'on accuse le plus volontiers de provoquer le développement de l'atonie ; il n'est pas rare en eifet de voir des hystériques accuser des douleurs sourdes à l'épigastre, ou des crampes et du gonflement de l'estomac; c'est qu'en effet l'hystérie est un composé d'asthénies musculaires et de spasmes ; c'est le type de ce qui se passe dans l'estomac atonique, mais j'ajoute qu'elle en est plus souvent encore le reflet.
Les phénomènes réflexes provoqués par l'atonie sont très souvent bystériformes ; et il suffit, pour guérir l'hystérie, de guérir l'estomac; il m'est arrivé bien souvent d'intervertir l'ordre qu'on avait établi dans les méthodes curalives, et, au lieu de m'attacher à la né-
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vrose hystérique, d'insister sur le fonctionnement digestif; la guérison est plus fiéquente par ce procédé que par tout autre.
Bypochondrie. — Il s'applique mieux encore à l'hypochondrie, qui, dans la généralité des cas, reconnaît une origine réflexe, plus particulièrement dans les organes digestifs.
Lésions des nerfs de r estomac. — La gastralgie, ainsi que nous l'avons démontré, est une maladie sidgeneris, et par conséquent indépendante des lésions des nerfs de l'estomac lui-même. Franck a cité l'histoire d'un soi disant gastralgique, chez lequel des tumeurs comprimaient les nerfs vagues; singulière gastralgie sur la- ; quelle on fonde depuis quatre-vingts ans beaucoup d'espérances anatomiques du même genre ; Tanatomie fine est gênée par ce groupe si nombreux et si intéressant de maladies incorporelles, comme la gastralgie, les névroses, la chorée, le tétanos, la paralysie agitante, qui toutes échappent au scalpel et au microscope, et continueront longtemps ainsi, malgré les promesses journalières de révélations inattendues.
Maladies de la moelle. — Il est même très étrange que, dans les maladies anatomiques des centres nerveux, la gastralgie soit absolument exceptionnelle.
On trouve bien dans la sclérose postérieure de la moelle des crises gastriques, si bien décrites par Charcot, et se traduisant par des douleurs et des vomissements, alternant avec les douleurs fulgurantes des membres ; mais ces crises gastriques n'ont précisément pas la moindre analogie avec la gastralgie simple ; ces douleurs fulgurantes sont sans doute ici comme à la
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périphérie, des irradiations centrifuges, parlant de la moelle ; ces rayonnements portent sur les nerfs se7isibles, sous forme d'hyperestliésie, et sur les nerfs moteurs, sous forme de vomissements.
Toutes les autres maladies de la moelle, même les plus graves, laissent l'estomac intact.
Maladies de F encéphale. — Les maladies de l'encéphale sont (malgré les assertions de Krukenberg) dans le même cas que celles de la moelle ; on ne trouve pas (le gastralgie dans les affections hémorrhagiques ou néoplasiques des divers départements du cerveau.
Résumé. — Au résumé les atonies de l'estomac (dites gastralgies) ne sont que la résultante d'actions réflexes, qui se traduisent par la contracture simple de la paroi musculaire; ou bien elles sont l'effet d'influences débilitantes, qui produisent la faiblesse de la musculature, avec spasmes intermittents.
G. Sée, Dyspepsies.