‹ Des dyspepsies gastro-intestinalesChapitre 22 sur 69 · INDIRECTS · texte numérisé non relu

INDIRECTS

Les moyens de favoriser la digestion sont multiples ; les uns constituent les éléments mêmes du suc gastrique ; tels sont :

l""^ genre.

L'acide chlorhydrique, destiné à suppléer à celui qui manque dans le suc gastrique.

2° genre.

Les ferments digestifs, d'origine gastrique, qui ont pour fonction de remplacer la pepsine qu'on suppose être en défaut ; ce sont les pepsines gastriques, à côté desquelles viennent se placer les 3 ferments sacramentels, bons à tout faire, à tout digérer, qu'on retire du pancréas sous le nom de pancréatine, de trypsine. Une mention honorable doit en outre être accordée, à la pepsine végétale, récemment mise en expérience sous les noms de caricaïne, papaïne, etc., qui désire figurer à côté des autres ferments.

3^ genre. — Peptones.

Yoici maintenant des nutriments, c'est-à-dire des produits, déjà transformés en peptones par les pepsines artificielles ; ces peptones sont appelées à remplacer l'aliment albuminoïde, qui ne peut plus être absorbé ou digéré ; introduisez ces peptones par n'importe quelle voie, le malade est nourri, sans avoir pris la peine de mâcher, ni de digérer; c'est de la besogne toute faite.

4" genre. — Substances anti-fermentatiTes.

Un moyen indirect de favoriser la digestion, c'est d'empêcher celle-ci de tourner à la décomposition des aliments; c'est la fonction des antiferments, comme l'acide salicylique, l'iode, etc., qui s'opposent à une fermentation vicieuse.

2" MÉTHODE. — Substances pepsinogènes.

On peut dire que ces substances forcent la note, en augmentant la sécrétion pepsique.

1"' g^enre.

Les alcalins sodiques en sont le type physiologique; ils provoquent la sécrétion gastrique, et en même temps tendent à neutraliser les acides de mauvais aloi, qui se forment dans l'estomac en proie à une mauvaise digestion.

2° genre.

Valcool à petite dose rentre dans la catégorie des pepsinogènes, en favorisant la sécrétion au début, et, à la lin de la digestion, en précipitant les peptones en excès.

3' méthode. — Médicaments dits gastriques.

Les médicaments appelés gastriques, qui n'en ont que le nom, comprennent les amers et la noix vomique, qu'on considère comme des stimulants des sécrétions ou des fonctions digestives.

Les tanniques, et le nitrate d'argent si employé à l'étranger, passent aussi pour favoriser la digestion; nous verrons comment.

4= méthode. — Évacuants mécaniques.

Les évacuants constituent une méthode rationnelle,

surtout dans ces formes de la dyspepsie, qui sont constituées par un excès de mucus, ou bien dans les dyspepsies par excès de peptones.

Pompe gastrique, - De tous les moyens d évacuation le plus efficace est, sans contredit, la pompe stomacale, dont l'usage plus ou moins prolonge, finit le plus souvent par produire une guérison définitive.

S'' MÉTHODE. — ÉVACUANTS ÉilÉTO-PURGATIFS.

Les vomitifs ne constituent qu'un procédé temporaire,

défectueux, dangereux.

Les purgatifs et surtout les laxatifs constituent un moyen des plus précieux, et des plus inoffensifs, pour débarrasser tout le tube digestif des excès de peptones, des restes d'aliments, des résidus nuisibles, des gaz, qui distendent la cavité digestive, tandis que les vomitifs, si souvent réclamés par les malades, portent de graves préjudices à la texture de l'estomac, en l'irritant, ou même à ses fonctions, en faisant refluer la bile dans la cavité gastrique.

6" MÉTHODE. — Médication absorbante.

On ne saurait accorder le nom de méthode curative à l'usage des poudres absorbantes, comme le charbon, le bismuth, la craie; ces médicaments sont d'utiles auxiliaires.... au moment opportun.

7* MÉTHODE. — Médication sédative.

Si le nom de médication suffit pour désigner les ab-

sorbants des gaz, il en est de même à plus forte raison pour désigner les moyens imaginés par des visées théoriques, qui reposent sur l'idée préconçue de l'antique gastrite ; depuis quelque temps on voit figurer dans les prescriptions des médecins néo-Broussaisiens les émollients, les sédatifs et même les sangsues, ce qui est logique mais nuisible.

1" g^enre. — Émollientg.

Les émollients font souvent le bonheur des malades ; ils ont conservé la tradition du commencement du siècle : le bouillon de vieille poule surtout a un grand succès, particulièrement si on y joint la tisane de lin, le bouillon blanc, tandis que la camomille, le thé, et même le tilleul passent déjà pour des moyens échauffants.

3® g^enre. — Sédatifs.

Les sédatifs, l'opium, la belladone, la jusquiame, l'aconit, qui font partie du cortège des émollients, ne sont rien moins que tels ; ils valent mieux que cette épithète; j'ajouterai même qu'ils ont souvent trop d'énergie; ils diminuent en effet manifestement la sécrétion gastrique, et plus certainement encore la sécrétion intestinale ; or il est difficile de comprendre le premier but ; est-ce qu'on a par hasard jamais trop de suc gastrique? Réservons ces moyens si utiles aux indications souvent urgentes de la douleur, et refusons-leur la qualification prélenlieuse de calmants émollients.

3' genre. — ÉmissioiiB Banguincs locales.

Aujourd'hui que la doctrine de Broussais renaît de ses cendres, on est conduit, par la logique même des hyperémies et des inflammations, à la méthode antiphlogistique ; on la fait aussi petite que possible, et on se contente des émissions sanguines appliquées sur le trajet ou à l'extrémité de l'intestin ; les sangsues jouissent d'un petit regain de faveur, grâce à la réhabilitalion timide de la gastrite catarrhale ; mais le succès ayant été médiocre, on se contente du bouillon de veau, sans oser s'élever au bouillon fort du bœuf, et surtout au bouillon américain, qui paraît incendiaire.

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