ET 9' MÉTHODES. — RÉGIME ET BOISSONS
Le véritable traitement de toutes les dyspepsies, mais surtout des dyspepsies d'origine alimentaire, c'est le régime, auquel nous consacrons une étude approfondie, en y ajoutant celle des boissons aqueuses, alcooliques, minérales, qui constituent le complément indispensable
du régime.
10** MÉTHODE. — Traitement externe.
Sous cette rubrique nous aurons à faire une part importante à ces méthodes variées de traitements qu'on appelle externes, comprenant les eaux thermales, l'hydrothérapie, l'électricité, et qui, en définitive, agissent énergiquement sur le système nervo-vasculaire si souvent en jeu dans le traitement des dyspepsies.
^^■■t DES DYSPEPSIES.
^ — Ces trois dernières méthodes formeront
l'objet d'éludés spéciales, aux chapitres X, XIV et XV.
§ II
1 METHODE DE TRAITEMENT. — DiGESTIFS ET NUTRITIFS. 1" genre de .lig:estifs. — Acide chlorhydriquc.
L'acide chlorhydriqne constitue la première indication véritablement physiologique, dans le traitement des dyspepsies, un grand nombre de dyspepsies étant constitué par une pepsine insuffisamment acidifiée ; ordinairement on prescrit (c'est le procédé de Leiibe), 4 à 8 gouttes d'acide chlorhydrique concentré dans un verre d'eau, avant le repas, parfois à la fin; pourquoi cette divergence dans les prescriptions? Supposons bien constatée l'insuffisance acide ; qu'on administre alors les gouttes acides avant le repas ; si elles arrivent dans l'estomac 4 heures après l'ingestion des aliments, ce sera donc pour ranimer une digestion languissante, en acidifiant à nouveau le suc gastrique ? Mais on suppose la notion exacte de l'arrêt de la digestion, ce qui est bien difficile à établir.
Quoi qu'il en soit, l'acide chlorhydrique, bien que déjà préconisé, il y a 25 ans, par Trousseau, bien qu'employé méthodiquement par tous les médecins physiologistes, n'a pas encore fait ses preuves, et voici pourquoi : l'acide chlorhydrique n'est pas hbre dans l'estomac ; il est combiné, avec la pepsine selon Laborde et Scliifi", avec la leucine selon Berthelot-Richet ; il n'agit qu'au-
TRAITEMENT DES DYSPEPSIES. ^bo
tant qu'il est à l'état de combinaison ; or est-on bien sùr d'obtenir de l'acide chlorliydrique extrêmement délayé, et noyé pour ainsi dire dans la masse alimentaire liquide ou solide, pour qu'il puisse non seulement rejoindre la pepsine, mais s'unir à elle d'une manière indissoluble pour lui rendre son activité? La théorie dit oui ; mais les faits clini ques de Leube, de Manasseïn, d Ewald, etc. , n'ont pas encore forcé mes convictions ; c'est une tentative, que j'ai souvent pratiquée, parce qu'elle est inoffensive, mais que je n'ai jamais prolongée, parce qu'elle m'a paru inefficace.
2" g^enre tic dig^estifs. — Des ferments digestifs.
Les ferments digestifs qui transforment les albuminofibrines en peptones se trouvent surtout dans Testomac, dans le pancréas, en quantité minime dans l'intestin ; on les a indiqués dans les glandes salivaires (flûfner), dans la salive elle-même (Mûrck), ils sont là en trop petite quantité pour pouvoir être utilisés. De petites quantités de peptones ont même été obtenues sans l'addition de ferments aux albuminates ; c'est en soumettant ces aliments à des hydratations prolongées, alternant avec la chaleur; mais ce sont là des procédés de laboratoire.
Les véiitables ferments digestifs sont: a, les pepsines gastriques, extraites de la muqueuse gastrique du porc ou du veau ; h, les pancréalines extraites du pancréas, et dont le mode d'action, vivement discuté, diffère certainement du processus chimique de la pepsine.
c. Ferments végétaux. — Dans ces derniers temps
on a utilisé des ferments végétaux, très remarqua bles ; on savait depuis longtemps qu'un grand nombre de plantes, comme les graines de vesce, les graines de lin (Gorup-Besanez), fournissent, lorsqu'on les traite par la glycérine, un précipité, qui étant purifié par l'alcool, a le double pouvoir de transformer la fibrine en peplone, et la fécule en glycose.
Dans les plantes carnivores, on a, d'après les indications de Darwin, constaté le même phénomène, particulièrement dans les Drosera, les Népenthes, qui sont insectivores.
Le plus puissant de ces sucs digestifs végétaux est le suc de carica papaya, qui a été l'objet des études du docteur Moncorvo du Brésil, de Bouchut, et de notre célèbre chimiste Wurtz.
a. Pepsines françaises. — Le tableau ci -joint donne le résultat des essais dans le laboratoire de l'Hôtel- Dieu, par M. Hardy, sur les pepsines commerciales françaises les plus usitées.
Le mode d'essai qui a été pratiqué a été le suivant. On a pris :
Fibrine lavée et exprimée 6 grammes.
Eau distillée 30 —
Acide cblorhydrique 0,40 centig.
La pepsine à essayer était à la dose de 25 centigrammes à 1 gramme.
On a fait digérer le tout au bain-marie dans un flacon à une température de 43 à 50 degrés centigrades pendant 12 heures.
Après 12 heures le produit de la digestion filtré a été essayé par l'acide nitrique.
D'après le Codex une pepsine est acceptable, quand à la dose de 1 gramme elle est apte à transformer 6 grammes de fibrine en peptone non précipitable par l'acide nitrique.
On a donc essayé ces pepsines à la dose de 1 gramme ; toutefois, comme une pepsine a un pouvoir digestif d'autant plus grand, qu'à dose moindre elle peut digérer ce même poids de fibrine, on a également essayé ces pepsines à 25 et 50 centigrammes (1).
(1) Observation. La pepsine est plus active sous forme de poudre. Elle perd un cinquième de son pouvoir digestif, dans les liqueurs très faiblement alcooliques.
L'amidon est employé pour rendre la pepsine pulvérulente. Elle ne pourrait être employée commodément sous forme d'extrait. Le sucre de lait joue le môme rôle dans diverses pepsines étrangères.
PEPSINE B M r L 0 Y É n.