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MÉTHODE OU SÉDATIVE

11 reste à signaler la médication sédative^ qui,

dans l'un comme dans l'autre cas, ne saurait constituer qu'un moyen palliatif. Yoilà pour les moyens médicamenteux. Le parallèle devra naturellement se poursuivre pour le régime qui convient aux deux genres de malades. Le tableau comparatif sera achevé, après l'étude des moyens externes, à savoir l'hydrothérapie, les bains et les douches d'eaux thermales, l'électricité, qui rendent des services si considérables dans la cure des atonies, et si incertains dans la thérapeutique des dyspepsies vraies.

§ II

Des médications de l'atonie gastro-intestinale.

En reprenant en sous-œuvre les médications de l'atonie gastro-intestinale, et en les classant d'après leur ordre d'utilité, nous arrivons à la classification suivante :

L Les laxatifs et les désobstruants ;

IL Les substances dites absorbantes, qui ont le pouvoir d'absorber les gaz ou de les neutrahser ;

III. Les médicaments excitants, comprenant Talcool, les amers, les tanniques, les strychnées;

IV. Les émollients et les sédatifs ne constituent qu'un traitement épisodiqùe, approprié à certaines circonstances transitoires ;

V. Traitement externe. — Ce sont les moyens qui remplissent le mieux les indications relatives au relèvement de la tonicité musculaire, générale et gastrointestinale ;

VI. Régime. — Tous ces procédés externes, tous les médicaments internes les mieux indiqués ne peuvent

suffire, pour amener à bonne fin la guérison des atonies, s'ils ne sont pas secondés par un régime bien coordonné, selon les lois de la physiologie.

Médication évacuante.

Parmi les substances évacuantes, il importe de choisir celles qui remplissent les conditions suivantes :

1° Elles doivent agir, surtout, en débarrassant les intestins de leurs résidus solides, et des gaz, qui en constituent le contenu ;

2° 11 est toujours inutile, et souvent dangereux, qu'elles expulsent les liquides intestinaux, que l'on sait formés par des sucs digestifs, c'est-à-dire par le suc intestinal, la bile, le suc pancréatique, qui, parleur ensemble, constituent la totalité du contenu liquide, et peuvent, non seulement servir à la digestion, mais aussi, par leur résorption, à la conservation de l'organisme, c'est ce qui a lieu pour les acides biliaires;

3° Si le purgatif entraîne au dehors les hquides naturels de l'intestin, et à plus forte raison des liquides hypersécrétés ou résultant d'une irritation locale, il s'ensuit une diminution ultérieure dans la sécrétion intestinale, et par conséquent une récidive habituelle de la constipation ;

4° Les évacuants doivent pouvoir être continués, ou répétés sans inconvénient; aussi faut-il proscrire ceux qui produisent l'inflammation intestinale; ils présentent le grave inconvénient de substituer une maladie à une autre sans profit.

Choix des moyens évacuants. — Désobstruants.

Il s'agit de choisir, maintenant que nous connaissons les conditions favorables, nécessaires de leur action; or, en rappelant la distinction que nous avons établie entre les désobstruants, les nervomoteurs et les purgatifs véritables, nous n'hésitons pas à donner la préférence aux évacuants mécaniques, qui, comme les graines mucilagineuses, agissent à la façon d'un corps étranger, sans présenter aucun danger, même en en continuant l'usage d'une manière indéterminée.

ARTICLE II Nervomoteurs.

Parmi les nervomoteurs, nous avons signalé le tabac, et surtout la belladone.

.Le tabac agit en excitant l'appareil vaso-moteur de l'intestin, produisant ainsi une oligaimie, qui entraîne, comme l'on sait, des contractions exagérées. L'habitude du tabac fumé à jeun suffit parfois pour produire une évacuation.

La belladone supprime l'influence suspensive des nerfs grands splanchniques sur les groupes nerveux intra-pariétaux des muscles de l'intestin ; elle permet à ces ganglions d'agir librement. Celte action motrice indirecte est malheureusement compensée par la diminution des sécrétions résultant de l'action de la belladone sur toutes les glandes sécrétoires.

ARTICLE III Purgatifs.

Les purgatifs véritables, dont le mode d'action diffère notablement du procédé de la belladone, et à plus forte raison des agents mécaniques, comprennent les moyens suivants :

a. Les sels neutres^ à base de soude, de potasse, de magnésie. Ils ne sauraient convenir comme moyen habituel et régulier, bien qu'on rencontre souvent des malades qui prennent proprio motu ou d'après les conseils éclairés, tous les matins pendant un ou deux ans, un ou deux verres d'eaux allemande, hongroise ou bohémienne, eaux de Sedhtz, de Pullna, de Jean-Hunyade, de Birmensdorf, de Friedrichshall, de Hombourgqui nous arrivent d'Allemagne-Autriche, avec les recommandations les plus pressantes.

Ces eaux à bases de soude ou de magnésie ont précisément les inconvénients de provoquer des évacuations liquides, de laisser le corps du délit dans l'intestin, et d'épuiser finalement les forces du malade.

h. Les corps gras ou glycérides ; d'une utiUté bien supérieure aux purgatifs salins, les glycérides ou corps gras sont saponifiés par l'alcali du suc intestinal.

Les huiles d'olives ou d'amandes douces, prises à fortes doses, ne s'émulsionnentpas entièrement ; l'huile qui reste intacte semble favoriser le glissement du bol stercoral ; en même temps elle produit une sorte d'indigestion, dont les résidus entraînent toute la masse stercorale.

DES ATONIES GASTRO-INTESTINALES. 4o9

Vhiiile de ricin agit d'une manière plus complexe ; outre l'acide oléique, elle contient, de même que l'huile de croton, une série d'acides gras (palmitique, stéarique ?), tous ces principes irritent les intestins ; mais, à petite dose (10 à 12 grammes), elle constitue un moyen simple d'évacuation de la masse stercorale. On ne saurait toutefois en répéter l'usage trop fréquemment ; l'anorexie en serait la conséquence inévitable.

La gUjcérine, à la dose de 50 grammes, purge; mais donne lieu souvent à de violentes douleurs, en surexcitant les fibres contractiles,

Euile de foie de morue. — J'ai vu parfois l'huile de foie de morue réussir chez certains malades, et provoquer des garde-robes plus faciles ; ce n'est évidemment pas là un moyen à recommander d'une manière régulière.

c. Les mahnites, les fruits, le sucre de lait, le lait ont des effets très variés ; ils peuvent entraîner les produits de la digestion pancréatique, c'est-à-dire la leucine, la tyrosine, et même les peptones pancréatiques, et en outre des bouchons de mucus ; c'est là un grave inconvénient, qu'ils partagent d'ailleurs avec le calomel ; on est obligé par ce fait d'en interrrompre souvent l'usage.

Le lait présente le même désavantage ; souvent même il ne purge pas; c'est ce qui a lieu principalement quand il a un effet diurétique.

Mais toutes ces substances ont sur toutes les autres une véritable supériorité, en tant qu'elles laissent la muqueuse intestinale parfaitement intacte.

d. Lesglycosides, le séné et la rhubarbe, doivent leur

action purgative à l'acide cathartique, qui est soluble dans l'eau, qui purge en déterminant des contractions violentes de l'intestin, par conséquent des coliques intenses; la rhubarbe agit moins sûrement, mais, en raison de l'acide tannique ou rhéique qu'elle contient, elle maintient mieux l'appétit et la tonicité de l'intestin que ne le fait le séné qui élimine souvent un ferment peptonisant.

e. Les glycosides anhydres ou drastiques ne sauraient en aucun cas être employées que temporairement ; parmi ces drastiques, la préférence doit être accordée à l'aloès, qui contient un principe amer, susceptible, comme la rhubarbe, de stimuler l'appétit et de soutenir les forces.

Au résumé^ n'oublions pas que tous les purgatifs les plus simples, même les sels, expulsent les liquides intestinaux en provoquant des contractions rapides et exagérées de l'intestin, avant que les sucs digestifs aient eu le temps d'élaborer les ahments.

Rappelons surtout que les drastiques, d'après les belles recherches de Radijeski, arrêtent nettement la digestion, ainsi que les contractions de l'estomac, qu'ils déterminent une péristaltique violente, qui occupe tout l'intestin, y compris le colon.

On ne saurait impunément abuser de pareils remèdes, tandis qu'on peut sans inconvénient y recourir parfois.

§IV

Substances absorbantes.

Les poudres absorbantes constituent, avec les éva-

cuants, une des médications les plus efficaces de l'atonie intestinale ; j'ai insisté sur les deux genres de préparations qui composent ce groupe médicamenteux, à savoir les sels de magnésie et les préparations calcaires, je n'ai pas à revenir sur les raisons qui doivent faire préférer la magnésie, ni sur les formules que j'ai proposées pour les dyspeptiques, chez lesquels le tympanisme est secondaire, tandis qu'il constitue toujours chez les atoniques un phénomène prédominant ; lacomhinaison de magnésie avec la crème de tartre et le soufre par parties égales me paraît indiquée de tous points.

Excitants.

Parmi les excitants de la contractilité intestinale je citerai en premier lieu l'alcool, les strychnées, la fève de Calabar, les tanniques.

Alcool.

Les boissons alcooliques administrées à dose modérée soit pures, soit mêlées avec de l'eau, constituent le stimulant musculaire le plus énergique ; les atoniques, même les femmes, adoptent facilement l'usage de ce liquide, et le préfèrent aux vins, qui fermentent dans l'estomac, et déterminent une astriction sur la muqueuse gastrique. En prenant! à 20 grammes de liqueur, soit 2 à 5 grammes d'alcool méthylique (à 90 degrés), on

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est bien sûr, si elle vient à la fin du repas se mêler à la masse alimentaire, de produire les effets les plus avantageux sur la digestion, sur les constrictions intestinales, sur les gaz et les douleurs.

La digestion est notablement favorisée, ainsi que le démontrent les travaux de Cl. Bernard ; celle de la graisse surtout est facilitée en ce sens qu'elle se dissout facilement dans l'alcool ; elle est enfin empêchée de se traduire par une fermentation excessive. Les contractions intestinales sont plus actives, cela n'est pas prouvé. Le météorisme et les douleurs au contraire sont manifestement et promptement soulagés par l'introduction d'une à deux cuillerées de liqueur alcoolique. — Enfin, lorsqu'il s'agit d'atonie par repas copieux, avec production excessive de peptones, l'alcool précipite ces produits, et laisse la pepsine agir en toute liberté.

ARTICLE II Noix vomique.

La noix vomique et ses diverses préparations constituent des moyens puissants pour réveiller l'action des organes contractiles ; la difficulté est de trouver la dose efficace, sans dépasser la limite physiologique ; nous l'avons tracée pour les dyspeptiques, elle est la même pour les atoniques.

Fève de Calabar.

L'extrait de fève de Calabar à la dose de 0,30 à 0,50

par jour, produit d'excellents résultats dans l'atonie; ce médicament, que j'ai employé depuis dix ans, vient d'être expérimenté à nouveau en Allemagne avec succès. — 11 est supérieur à tous les aulres excitants.

ARTICLE IV

Les tanniques trouvent bien moins souvent matière à emploi; on abuse surtout du quinquina en nature, qui dans la plupart des cas est sans action.

La quinine au contraire produit parfois des effets inattendus, sans qu'on soit obligé de recourir à des doses antipyrétiques.

Je n'insiste pas sur les calmants ; ils ne constituent pas une médication ; souvent ils sont d'une nécessité transitoire.

§ YI

Traitement hygiénique.

ARTICLE I Alimentation en général.

Il est des malades qui évitent de satisfaire leur appétit soitpar la crainte de provoquer des crises douloureuses, >oit par le sentiment pénible de plénitude et d'anxiété qu'ils éprouvent dans la région gastrocolique après unrel'.'iscomplet, soit enfin parsuile de théories surles qualités irritantes des aliments en général, ou dumoins d'un grand nombre de substances. — Or il est impossible,

si la masse des résidus est au minimum, d'obtenir une évacuation suffisante, et cependant c'est là une des conditions siiie quâ non de la guérison. Celte question étant résolue, il s'agit de déterminer le genre d'alimentation, et de ne pas abandonner les malades à leurs caprices ou à leurs instincts. — C'est une grave erreur de supposer que les aliments qui provoquent l'appétence soient les plus faciles à digérer ; l'inverse se produit fréquemment, l'intervention et les indications rigoureuses du médecin dans le règlement du régime sont nécessaires, et finissent presque toujours par être acceptées. Sur quoi porteront-elles ? Après les banalités d'usage sur la nécessité de mâcher soigneusement, de ne pas manger trop vite, d'espacer les repas, de les prendre aux mêmes heures, et de conserver la tranquillité d'âme, il importe de dresser le bilan alimentaire, sans craindre de descendre dans les détails infimes ; ils sont nécessités par l'observation des lois de la physiologie.

Voyons dans les cinq classes d'aliments, azotés, féculents, graisseux, sucrés, mixtes, quels sont ceux qui doivent être prescrits ou proscrits, recommandés ou tolérés ? il s'agira ensuite de déterminer leur mode de préparation, leur température, et de préciser la nature des boissons de table.

ARTICLE II Graisses.

Les graisses, sous quelque forme qu'elles se trouvent

dans les aliments, les graisses du bouillon, des viandes, surtout du mouton, de la volaille, les huiles en nature, les sauces grasses, les crèmes, surtout celles qui sont glacées, doivent être absolument prohibées ; il n'y a que le beurre indispensable à la préparation des viandes ou des légumes, qui doit être toléré. — La plupart des malades savent d'ailleurs par expérience que les aliments gras sont mal supportés, et ils ont le soin de les éviter. — Les raisons de cette difficile digestion sont multiples. La graisse ne peut être digérée dans l'estomac ; elle ne trouve les ferments digestifs, la réaction alcaline, qui lui est indispensable pour s'émulsionner, la bile et le suc pancréatique, qu'à la fin du duodénum ; si la bile vient à manquer, comme il arrive dans un grand nombre c'a constipations, le principal moyen d'émulsionnement fait défaut ; en outre la graisse pénètre alors difficilement dans les villosités, qui ne sont plus imbibées de bile. Il reste sans doute encore le suc pancréatique, qui contient un ferment digestif de la graisse, déjà anciennement connu ; c'est même la raison pour laquelle, chez nos malades frappés d'atonie, il n'y a pas toujours une incapacité absolue de digérer les aliments gras.

Supposons même que la bile reste disponible comme le suc pancréatique pour la fonction indiquée ; il n'en est pas moins vrai que dans l'intestin frappé d'asthénie il se produit un temps d'arrêt trop considérable de la masse alimentaire ; les graisses se décomposent et les produits volatiles de cette fermentation se mêlent aux gaz prééxistants ; la quantité totale augmente ainsi notablement. L'absorption de la graisse est d'ailleurs

G. Sée, Dyspepsies. on

46fi DES DYSPEPSIES.

limitée, difficile, même à l'état sain ; si elle n'est pas favorisée par la pression que les fibres musculaires de l'intestin doivent exercer sur la masse graisseuse, la résorption s'arrête et la graisse s'altère, se transforme en acides volatiles.

ARTICLE m Aliments azotés.

C'estralimentation azotée qui doit constituer la base du régime dans l'asthénie intestinale, et par cette raison physiologique que la digestion de ces aliments s'opère principalement dans l'estomac qui, dans cette maladie, conserve souvent ses fonctions digestives parfaitement intactes ; l'intestin n'a plus à intervenir que d'une manière complémentaire dans la digestion des albuminates; de concert avec le pancréas, il achève l'œuvre de l'estomac, sans subir par conséquent, par ce régime, aucune fatigue fonctionnelle.

L'atonie intestinale n'étant d'ailleurs constituée que par un trouble moteur, il n'y a pas de motif pour que la digestion des aliments azotés s'arrête, quand même les aliments séjourneraient longtemps dans la cavité intestinale.

Il existe au contraire une raison très valable en faveur du régime azoté : c'est la digestibililé de ces aliments, qui laissent d'ailleurs le moins de débris, en d'autres termes, qui livrent le plus d'éléments à l'absorption ; c'est pourquoi aussi il faut considérer ce régime comme le plus reconstituant, le plus tonique.

a. Viandes. — Les viandes sont préférables à toutes

les malières albuminoïdes; elles contiennent du sang, de riiémogloblne ferrugineuse, et, par-dessus tout, de la myosine ou fibrine musculaire qui a une supériorité incontestable de digestibilité, de peplonisation et d'absorplion sur tous les autres corps protéiques. La viande de bœuf contient plus de fibrine musculaire, plus d'albumine et moins de graisse que le mouton.

La chair du veau contient plus de gélatine, moins d'albuminates, que la chair du gros bétail, et de plus elle est privée de sang, à cause de la manière de le sacrifier; autant de motifs d'infériorité nutritive.

Le gibier, la volaille, présentent une certaine condensation de tissu, qui rend leur chair plus difficile à aborder pour le suc gastrique. — Le poisson est moins bien supporté à cause de la graisse. Les viandes salées ont l'inconvénient de nourrir sous un trop petit volume.

b. Albumines. — L'albumine de bœuf ne soutient pas les forces, comme le ferait une quantité équivalente de fibrine musculaire; les malades, surtout ceux qui sont tenus à des travaux manuels, restent moins énergiques. Quelle en est la cause ? est-ce le fer du sang? sont-ce les sels potassiques de la chair musculaire ?

Objections au régime azoté. — La grave objection au régime azoté, dans la question que nous cherchons à élucider, se rapporte précisément à la qualité essentiellement alibile des aliments qui le composent; ils ne laissent pas de résidus suffisants, pour constituer la masse de débris sur laquelle les muscles intestinaux puissent exercer leur pouvoir expulseur ; il n'y a point de prise ; la situation est la même, sous ce rapport, que si la ration était insuffisante ; le corps du délit manque.

Cela est vrai surtout pour les aliments azotés, très concentrés, comme le fromage, comme les viandes fumées et salées qui laissent à peine des résidus ; c'est un grand avantage au point de vue de la digestion^ un désavantage manifeste quant à la formation dos matières à éliminer.

Je résume les indications du régime azoté: les aliments qui le constituent ne doivent contenir que le minimum de graisse; leur cohésion ne doit pas être assez marquée pour s'opposer à l'accès du suc gastrique ; il importe que la peptonisation qui en résulte s'établisse avec facilité ; les assaisonnements et les condiments seront utiles pour stimuler l'appétit, et activer la sécrétion du suc gastrique; enfin l'uniformité devra être évitée, quand même il s'agirait des aliments les plus utiles.

ARTICLE IV Utilité des féculents, des légumes.

Lorsqu'on met en usage le régime azoté, les pertes de l'organisme se trouvent réparées, sans que les intestins soient pour ainsi dire obligés de fonctionner; il en résulte une paresse, une atonie intestinale, qui a ses inconvénients ; il est impossible en effet de concevoir un régime qui ne contienne que la quintescence des aliments ; il ne soutiendrait pas les forces, il ne satisferait pas la faim. En supposant même qu'on absorbe les 18 grammes d'azote nécessaires à l'entretien de l'économie, en prenant 115 grammes de viande épurée, on n'arrivera ainsi qu'à remplir une seule des indications

hygiéniques, c'est-à-dire la restitution de l'azote ; mais la vie est impossible dans ces conditions ; il faut que la masse alimenUïiie contienne 350 grammes de carbone, ou 500 grammes de substance carbonifère ; or si on cherchait ce carbone dans la viande elle-même, il faudrait consommer 12 à 1500 grammes par jour ; dans ce cas une grande partie passerait indigcrée dans l'intestin, et conslituerait des matières avec des débris d'aliments inaltérés.

Si au contraire, et c'est là la stricte nécessité, on puise dans les hydrates de carbone, ainsi que dans les fécules, la quantité de C. indispensable pour remplacer les éléments carburés, on a forcément un résidu considérable ; il passe alors dans le gros intestin, et sans aucune élaboration, et jusqu'à un tiers de la substance féculente ingérée, quand même on n'aurait pris que la substance utile. — Ainsi de toutes façons le régime azoté ne saurait suffire à l'alimentation, il doit être combiné avec les substances féculentes, ainsi qu'avec les aliments, comme la gélatine, que nous appelons substances d'épargne.

Les fécules ont sans doute l'inconvénient d'être principalement digérées dans les intestins, mais il est singulièrement atténué en pratique ; si en effet elles sont déjà attaquées par laptyaline dans la bouche, le travail intestinal se réduit considérablement, de sorte qu'au résumé les fécules, le pain, les légumes secs achèvent leur transformation dans l'intestin.

Les légumes frais, par leur volume, par la quantité d'eau qu'ils contiennent, par la cellulose qui se transforme à peine, remplissent parfaitement le même but,

c'est-à-dire de faciliter le travail d'expulsion en augmentant la masse excrémentitielJe, mais ils n'ont pa°s de qualité nutritive comme les fécules.

Traitement externe.

C'est ici qu'on voit réussir à merveille les divers traitements balnéaires et l'hydrothérapie.

§ VIII

Traitement des obstructions hémorrhoïdaires.

Le traitement des obstructions hémorrhoïdaires peut se résumer ainsi :

1° Les laxatifs à base de magnésie, c'est-à-dire ayant des propriétés absorbantes, combinées avec une certaine quantité de soufre, qui passe pour agir spécialement sur les hémorrhoïdes, constituent les meilleurs moyens d'évacuation; j'y ajoute la crème de tartre, qui par son acidité favorise l'action de la magnésie.

2° Les drastiques doivent être sévèrement proscrits ; ils congestionnent toutes les veines hémorrhoïdales.

3° Les désobstruants mécaniques peuvent offrir l'inconvénient de s'accumuler au-dessus de l'obstacle rectal; si on les emploie, il faut qu'ils présentent peu de volume^ comme le pain de son, etc.

4° Les huileux constituent avec la magnésie le meilleur moyen d'évacuation.

5° Le lail jouit d'une réputation fâcheuse; néanmoins, quand l'estomac le digère, il peut rendre de réels services.

6° La médication tonique locale n'a pas de raison d'être, attendu que l'atonie est due à une cause mécanique, c'est-à-dire à la présence du bourrelet hémorrhoïdal extéro-interne.

T Les bains et les douches d'eau sulfureuse, l'hydrothérapie peuvent tour à tour trouver leur emploi.

8° Quant au régime, celui qui paraît le mieux réussir, c'est l'alimentation parles potages, les viandes dégraissées, les légumes verts, les fruits.

Les boissons les plus utiles sont le thé, le vin rouge pur ou coupé par moitié avec l'eau, la bière forte.

§ IX

Traitement de l'entérocolite mucomembraneuse.

Dans le traitement de ce genre particulier et grave d'atonies, il importe de n'insister que sur les moyens les plus simples, de n'user que modérément soit des évacuants actifs et surtout des excitants; l'hydrothérapie ne doit être appliquée que quand la maladie n'a pas atteint assez d'intensité pour produire un certain état d'amaigrissement ou de cachexie.

Les moyens médicinaux et alimentaires qu'en pareille circonstance j'emploie de préférence sont :

1» La viande crue dans le bouillon, la viande rôtie de boucherie, le gibier, le poisson cuit à l'eau, les légumes secs en purée, le fromage.

Le lait est généralement mal supporté, les œufs ne se

^"^^ DES DYSPlîPSIES.

digèrent pas toujours facilement, sous quelque forme qu'on les prescrive; les acides, les crudités sont co.itraires.

2° Comme boisson, du vin de Bordeaux, avec de l'eau pure, ou avec une eau carbonatée calcaire (eau de Fougues) de préférence aux eaux sodiques ; à la fin des repas, du vin pur d'Espagne, ou une liqueur non sucrée. Le thé constitue un bon moyen de faciliter la digestion.

3° Comme moyens médicinaux, je prescris rarement les purgatifs quels qu'ils soient : les purgatifs salins, les drastiques ne conviennent en aucune façon; si on administre cette dernière classe de substances, comme l'aloès, le podophylle, il faut y associer la belladone pour éviter les douleurs intestinales; c'est aussi la combinaison indiquée par Blondeau, pour une substance purgative appelée eyo?»ymm, provenant de VEvonymiis, atrop^irpureus {ÏQm\\\e des Élastrinées) ; ce médecin, en l'associant avec la jusquiame, a guéri un cas de colite, qu'il appelle gliitineiise.

Les purgatifs salins ne sont pas moins cpntreindiqués que les eaux minérales purgatives, la magnésie elle-même n'est pas toujours supportée ; en général il faut se contenter de remèdes désobstruants, et de grandes irrigations rectales, comme celles qu'on pratique à Plombières.

Traitement des acholies.

Les atonies intestinales dues à la diminution de sécrétion biliaire paraissent devoir céder principalement

à l'action des purgatifs cholagogues^ qui sont de tous points préférables aux agents mécaniques, aux substances bilieuses, aux eaux salines.

Parmi les purgatifs cliolagogues, il faut citer en première ligne le podophyllin, l'aloès, qui tendent à augmenter la sécrétion biliaire.

L'usage des alcalins est nettement indiqué dans ce genre d'atonies intestinales. L'abstention des graisses, des liqueurs fortes, des féculents, trouve, dans ces acholies, une raison physiologique.

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