OBSERVATION XIX
Hypertrophie prostatique. — Constipation opiniâtre. — Résultats décisifs de la première saison.
M. X**% âgé de quarante-cinq ans, juge de paix dans les Ardennes, homme d’apparence chétive et d’une constituliou débilitée, se rend à Contrexéville le 30 mai 18G8.
Il souffre, nous dit-il, d’une affection de la vessio qui semble devoir remonter à cinq ans et pour laquelle il a essayé sans succès divers traitements et en dernier lieu plusieurs cautérisations du col de la vessie qui n’ont amené aucune modification dans son état. Quant aux symptômes qu’il éprouve, ils consistent en pesanteur au périnée, gêne et même douleur pendant la miction, qui est fréquente, sans pouvoir en évaluer le nombre, pendant le jour; le malade le fixe à cinq ou six fois par nuit ; elle est d’ailleurs toujours difficile. M. X*** est sujet à une constipation opiniâtre, et lorsqu’il va à la garde-robe, ce qu’il ne peut faire sans lavement, il voit s’écouler une certaine quantité de liqueur séminale.
Il éprouve la plus grande difficulté à s’asseoir et lui jadis grand marcheur ne peut faire qu’à grand’peine une promenade
de 2 kilomètres. Ce malade est très-impressionné do son étal. L’oxploration du rectum nous fait reconnaître au niveau de la région prostatique l’existence d’une saillie dure, volumineuse et irrégulière. Le jet est faible, en vrille, souvent interrompu ; l’urine, relativement peu altérée, contient une certaino quantité de mucus. Nous avons donc affaire à une hypertrophie de la prostate avec un léger état catarrhal de vessie. Nous faisons suivre à M. X*** un traitement consistant surtout en boisson, douches fraîches périnéales et bains de siège à eau courante. Dès le premier jour, M. X’”* peut une selle naturelle chaque malin, mais n’observe pas du côté des troubles des voies urinaires un changement notable, le malin il urinait fréquemment pondant sa séance à la source avec un peu plus de facilité qu’auparavant, mais lors de son départ il urinait encore environ quatre fois la nuit.
Le 2 juin 1869, M. X'** revient à Contrexévillo et nous raconte qu’il a remarqué, un mois après sa cure de l’année précédente, un changement des plus favorables dans son état, qui a été s’améliorant pendant six mois, et voici dans quelles conditions il se trouve à cette seconde visite à sa source du Pavillon. La constipation a disparu ainsi que l’écoulement spermatique : chaque jour M. X*** a une selle naturelle sans qu’il ait jamais besoin de recourir aux lavements. Il urine plus facilement, le jet est plus vigoureux, mieux formé, les besoins sont beaucoup moins fréquents, il urine cependant encore une fois par nuit. Enfin il peut faire facilement 10 à 12 kilomètres sans être incommodé.
Nous remarquons également dans cette observation que c'est au bout d’un mois que s est tait sentir 1 effet consecutif de la cure hydro-minérale. La crise qu’elle détermine est quelquefois douloureuse, mais chez le malade dont nous venons de retracer l'histoire elle a ele a peine remarquée* Nous allons du reste en donner plus loin d’autres exemples.