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tion est si facile à saisir, qu'une dissolution alcoolique de savon peut être considérée comme un réactif extrêmement sensible, pour décéler et doser les sels calcaires et magnésiens dans des liquides très-étendus tels que les eaux de sources et de rivières. Le mérite essentiel de ce réactif résulte, il faut le remarquer, de cette circonstance, qu'il indique immédiatement luimême par un phénomène très-saillant , celui de la mousse, la limite de l'action que les bases terreuses exercent sur lui. »
Voici la formule que les auteurs donnent pour la préparation de la liqueur ou savon d'épreuve :
« On prend :
Savon de Marseille 100 grammes.
Alcool à 90° cent 1,600 grammes.
« On dissout le savon dans l'alcool en chauffant jusqu'à l'ébullition, on filtre pour séparer les sels et les matières étrangères, insolubles dans l'alcool, que le savon peut contenir, et on ajoute à la dissolution filtrée.
Eau distillée 1,000 grammes.
On obtient ainsi 2,700 grammes
de solution de savon ou liqueur d'épreuve. »
M. Belgrand, chargé de rechercher les meilleures eaux du bassin de Paris, n'a guère employé que l'hydrotimètre pour juger de leurs qualités respectives. Voici les résultats principaux de ses études. Nous en
empruntons le résumé au deuxième mémoire présenté par M. le Préfet de la Seine au conseil municipal de Paris.
« Le poids des sels, dissous dans une quantité d'eau déterminée, est à peu près égal au dixième nu poids du savon , nécessaire pour la décomposition d es mêmes sels.
a Le degré hydrotimétrique d'une eau chargée de carbonate de chaux étant 25, par exemple , la double conséquence en est, que cette eau contient environ 25 déca grammes , ou 2 hectogrammes 50 grammes de sels calcaires par mètre cube, et qu'il y faut mêler en pure perte 2 kilogrammes 500 grammes de savon avant de la rendre mousseuse.
« L'épreuve faite des eaux actuelles de Paris donne les résultats suivants :
Eau de Grenelle, de . 9 à 11 degrés de riiydrotimètre. Eau de Seine, de. . . 17 à 20 —
Eau d'Ourcq 31 —
Eau d'Arcueil 37,50 —
Eau des près St-Gervais. . 76 — Eau de Belleville 155 —
« G'est-a-dire qu'avant d'obtenir le mélange d'eau et de savon produisant la mousse qui est nécessaire au blanchissage, et qu'on n'obtient qu'après le précipité des sels de chaux, il faut d'abord faire fondre et neutraliser dans un mètre cube d'eau de Grenelle, de 9 à M hectogrammes de savon; dans une quantité égale d'eau de Seine, i kilogramme 7 hectogrammes ou
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2 kilogrammes ; dans un pareil volume d'eau d'Ourcq,
3 kilogrammes 1 hectogramme, etc.; et qu'enfin un mètre cube d'eau de Belleville absorberait, avant de pouvoir servir au blanchissage, l'énorme quantité de 15 kilog. 5 hectog, de savon.
« Non-seulement l'économie défend l'emploi d'eaux trop chargées de sels terreux pour le savonnage, mais encore les réactions diverses de ces sels dans la plupart des emplois industriels et domestiques, rendent de telles eaux impropres à tout usage .
« L'eau est salubre et agréable si elle ne contient qu'une certaine proportion de carbonate de chaux, mais elle devient dure, malsaine ou indigeste, et elle incruste les conduites si la proportion s'accroît notablement. Peut-on fixer d'une manière absolue la limite qu'on ne saurait dépasser? Jusqu'à quel degré de l'hydrotimètre l'eau contenant des carbonates de chaux, peut-elle être considérée comme bonne ? Audessus de quels degrés devient-elle médiocre ou mauvaise?
« Un très-grand nombre d'expériences ont été faites par M. Belgrand sur des ruisseaux et des rivières dont l'eau a été essayée à leurs sources, et ensuite à divers points de leur cours. Il en est résulté que l'eau, qui au point de départ marque 18° ou moins à l'hydrotimètre, ne perd dans sa marche aucune partie des sels calcaires qu'elle contient ; que si au contraire l'indication hydrotimétrique de la source dépasse 18°, l'eau
abandonne à ses rives, aux canaux qu'elle parcourt ou aux conduites qui la distribuent, une certaine quantité de carbonate de chaux, dont elle est chargée au-dessus de cette limite. Entre 18 et 20 degrés les dépôts sont presque insensibles. Au-dessus de 21 degrés, ils deviennent considérables, l'incrustation des conduites est rapide (1) et diminue bientôt notablement la capacité intérieure des tuyaux de fonte d'un petit diamètre.
« D'autre part, les observations faites sur la santé publique semblent mesurer de même le degré de salubrité des eaux.
« Le goût des populations ne s'y trompe guère ; sans doute la limpidité et la fraîcheur sont recherchées avant tout ; c'est pour cette cause que l'eau d'Arcueil, eau médiocre et peu propre aux usages domestiques
et industriels, a été longtemps en faveur. Mais, toutes choses égales d'ailleurs, l'eau la moins saturée de sels calcaires est naturellement celle que le public préfère.
(1) « L'épreuve hydrotimétrique de l'eau d'Arcueil, restreinte au carbonate de chaux, n'accuse que 21 degrés : cette eau est cependant trèsincrustante.
« L'eau d'Ourcq, qui obstrue tout aussi rapidement les conduites ne marque dans les mêmes conditions que 22° 75.
t Leau de la source du Rosoir dérivée à Dijon, qui est également incrustante ne donne que 23°.
< La grande source du Chailly, (vallée du Grand-Morin), qui forme des dépôts calcaires considérables sur les roues des usines qu'elle fait marcher, donne 25°.
« La source de Busagny dérivée à Pantoise, qui est plus incrustante enc ore, marque 37°. »
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L'eau de Seine, par exemple, dont le degré moyen est de 17 ou 18degrés au pont d'Ivry, jouit d'une juste célébrité; elle est aujourd'hui mise au premier rang des eaux de Paris, soit par les consommateurs, soit par les industriels-! » {Documents relatifs aux eaux de Paris. Deuxième mémoire présenté par le Préfet de la Seine av. conseil municipal, pages 127 et suivantes, in-18 avec carte, Paris, 1861.)
Le Mémoire auquel nous avons emprunté l'extrait ci-dessus, est accompagné d'un tableau contenant les degrés hydrotimétriques des sources du bassin de la Seine. Ce tableau offre un grand intérêt à plusieurs points de vue. Nous en consignons ici les détails les plus importants.
M. Belgrand a classé les sources dans l'ordre géologique des terrains qui les produisent, en commençant par les plus élévés.
Terrains tertiaires situés au-dessous du gypse. — Calcaires de Beauce ou sables de Fontainebleau recouverts par les calcaires de Beauce. — Sources qu'on trouve principalement au fond de la partie supérieure des vallées de l'Essonne, de la Juine et de l'Orge,
Degrés hydrotimétr.
Source à l'amont du château de la Porte, commune d'Au-
truy, rivière de Juine 19,50
Source du parc du môme château 20,00
Id. en amont du moulin Apaux, même commune. . . 19,00 Id. en amont du moulin de Glacros, commune de Mé-
réville, rivière de Juine 20,00
Fontaine des Corps-Saints, commune d'Etrechy, rivière de juine 21,90
Source en amont du moulin dcFontenoltes, rivière d'ÉcIi-
mont, aflluent de la Juine 18,30
Source en aval du même moulin 17,00
Fontaine de Sainte-Appoline, rivière de Chalouette, affluent de la Juine 18,25
Déversoir de l'étang de Moulineaux, rivière de Chalouette,
aflluent de la Juine. 18,00
Source de Garcenval, ruisseau de Guillerval, aflluent de la
Juine 19,00
Id. des Boutards, la Louet te, aflluent de la Juine. . . 23,30 Id. en amont du bois de Bouraine, le Juineteau, affluent de la Juine 20,00
Id. de l'Orge, à la Brosse, rivière d'Orge 17,50
Id. du parc de Pinceloup, la Rimarde, aflluent de
l'Orge, 24,10
Fontaine de Saint-Arnould, aflluent de l'Orge 25,00
Sables de Fontainebleau non recouverts, ou recouverts par les argiles h meulières supérieures. — Sources qu'on trouve principalement h l'origine des vallées de V Ecole, de l'Yvette et de la B ièvre, dans quelques affluents de l'Orge, et sous les mamelons de sable de Fontainebleau épars sur les plateaux de la line.
Source du parc de Ckambergeaux, à Noisy-sur-Ecole. . . 14,10
Id, de la Gloriette, à Malassy, près Bonnelle, affluent
de la Rimarde 11,50
Id. de la rive de Celle, ruisseau de la Celle, aflluent
de la Rimarde 7,30
Id. du ruisseau de Forges, à Forges, affluent de la Rimarde 10,00
Id. du ruisseau de Prédécelle, commune de Limours,
affluent de la Rimarde 13,00
Id. de Saint-Vandrilie, à Saint-Jean-de-Beaoregard,
Sallemouille, aflluent de TOrge. 12,80
Id. du parc de Ségrais, vallée de Rimarde, affluent de
l'Orge 16,75