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l'été développent parmi les populations qui s'en abreuvent faute d'autre.
« La composition chimique de ces eaux n'a encore été consignée nulle part; c'est ce qui m'a déterminé à apporter, dans l'examen analytique que j'en ai fait, des soins plus minutieux encore que pour les autres catégories.
t Lorsqu'on 1847, j'annonçai à l'Académie des sciences de Bordeaux que le tuf de nos landes n'est point, comme on l'avait cru jusqu'alors, une aggrégation ferrugineuse, mais un amas sablonneux résultant de l'adhérence des molécules siliceuses, liées en tr'elles par un sé diment végétal qui se durcit sous l'influence des rayons solaires, j'expliquai que cette matière extract iforme, s'infiltrant tout d'abord dans l'intérieur dos couches sableuses qui constituent la presque totalité du sous-sol des Landes, s'y dessèche, s'y solidifie, et forme ainsi un réseau imperméable, qui retient les eaux pluviales et les empêche de pénétrer plus avant dans le sol. C'est cet agrégé végéto-siliceux, qu'on nomme alios.
« Les eaux pluviales séjournant sur ce terrain aliotique, s'emparent de toutes les parties solubles de l'alios et des débris organiques qu'elles baignent , prennent de la couleur, contractent une odeur particulière et peuvent devenir dangereuses pour la santé des populations; elles ne sont pas toujours de n, nature, et varient suivant leur profondeur. La m;
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végétale que contiennent celles qui séjournent à une profondeur de 3 à 4 mètres a perdu ses qualités délétères, parce que les diverses phases de la fermentation qu'elle a subie Font transformée en une matière extractive en partie résinifiée, sorte d'humus qui parait être sans action sur l'économie animale. Je nommerai ces eaux aliotiqucs parce qu'elles ne paraissent contenir que la partie soluble de l'alios.
« Les autres retenues à 1 ou 2 mètres du sol, ont une couleur plus foucée , quelquefois légèrement verdàtre ; leur saveur et leur odeur ont quelque chose de marécageux; elles se troublent par l'ébullition, et bientôt après il se sépare un petit sédiment floconneux, ayant les caractères de l'albumine végétale ; je les nommerai eaux aliotiqucs albumineuses.
« Cette dernière eau a beaucoup d'analogie avec celle des marais, dont elle est le diminutif ; comme elle, elle perd en bouillant la plus grande partie de son odeur de marécage, sa saveur devient plus franche; renfermée dans des bouteilles soigneusement bouchées, elle peut se conserver un mois et plus sans altération ; tandis que quand elle n'a pas bouilli, quatre ou cinq jours suffisent pour l'amener à putréfaction.
« Filtrée au travers de la poudre de charbon, ou mise en contact avec des copeaux de bois de chêne, IVau albumineuse perd, comme par l'ébullition, l'aiine qu'elle contient, et, avec elle, l'odeur et la samarécageuse : sa qualité est de beaucoup amé-
liorée, et elle peut alors être bue sans danger. Des expériences commencées depuis plusieurs années et qui se continuent encore, ont démontré que ces eaux si malsaines, dont on est cependant réduit à faire usage dans certaines localités, subissent ainsi une modification des plus salutaires. L'action du charbon ou du tannin de chêne est bien plus marquée sur les eaux franchement albumineuses que sur les eaux aliotiques; en effet, la poudre de charbon absorbe la matière albumineuse, le tannin la coagule et la rend insoluble.
« Sans vouloir faire jouer à l'albumine végétale un rôle plus important que celui qu'on lui a attribué jusqu'ici, je suis cependant tout disposé à admettre que c'est surtout à sa présence qu'il faut attribuer l'altération rapide des eaux marécageuses, la fermentation qui s'y produit, et la formation des principes délétères qu'elles exhalent ou qu'elles retiennent en solution.
t De tous les principes immédiats des végétaux, l'albumine est un de ceux qui se putréfient le plus promptement; et, en raison de sa nature animalisée, elle donne naissance à des produits azotés , qui contribuent au développement des fièvres paludéennes, si meurtrières dans quelques-unes de nos localités. »
La présence de la matière organique dans des eaux destinées à la boisson est donc un élément d'insalubrité des plus redoutables. Nous avons donné au » pitre V les moyens de la reconnaître, nous avou*
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aussi que, pour n'être pas insalubres, les eaux potables ne devaient pas en contenir plus de un centigramme. Une pareille quantité est bien faible et pourrait sembler insignifiante, il suffit des plus simples notions de la physiologie pour se convaincre qu'il n'en est rien.
Il est bien vrai que l'estomac élimine certains poisons pris à des doses infinitésimales; mais cette élimination ne se fait pas, de sa part, sans des efforts supérieurs de quelque degré à ceux qu'il lui faut développer pour la digestion pure et simple des substances alimentaires de bon aloi. Ces efforts s'exercent une fois, dix fois, sans qu'il en résulte d'inconvénients apparents pour la santé. Mais il ne faut pas oublier comment se développent les maladies chroniques, dont la marche lente et insidieuse fait périr le corps petit à petit. Vient un moment où l'organe se fatigue de cette répétition incessante d'efforts , qui sont en dehors de ceux que la nature lui a imposés, et alors ses fibres perdent leur énergie, s'alanguissent : comme l'a dit Hallé à ce même propos, « les forces digestives s'affai- « blissent, et l'on voit, par suite, les tissus rouges se « décolorer et les lièvres intermittentes se produire « avec engorgement des viscères abdominaux et as- « thénie générale.