‹ Des eaux publiques et de leur application aux besoins des grandes villes, des communes et des habitations rurales principes fondamentaux concernant la recherche et l'amenagement de l'eau dans tous les paysChapitre 6 sur 54 · DES EAUX DE PLUIE · texte numérisé non relu

DES EAUX DE PLUIE

Dans ce phénomène de la production de la pluie, il faut noter deux circonstances capitales qui ont un rapport immédiat avec notre objet.

L'évaporation ne s'exerce que sur la partie la plus légère des amas d'eau. Les sels et toutes les substances que l'eau peut dissoudre, en circulant à travers le sol, ou en séjournant à sa surface, ne s'élèvent point avec les vapeurs aqueuses dans l'atmosphère. Il en est de même des matières que l'eau tient en suspension et qui, dans les rivières, altèrent sa limpidité, troublent sa transparence; toutes ces matières, ou suspendues, ou solubles, restent lixées au sol qui les avait fournies. Donc, sous ce rapport, du moins, l'eau évaporée, la vapeur aqueuse répandue dans l'atmosphère, doit s'y trouver dans un état parfait de pureté ; et il faut conclure de là qu'en arrivantsur le sol, au moment où la condensation les y ramène, ces gouttelettes qui constituent la pluie, devraient fournir une eau complètement dépouillée de toute substance étrangère. A la vérité, en traversant l'atmosphère, la première pluie qui tombe entraîne toujours avec elle une infinité de corpuscules, débris les plus ténus des corps qui s'agitent à la surface de la terre, que les mouvements de l'air entraînent, et qu'on voit voltiger, dans ce fluide, en quantité considérable, quand un rayon de soleil pénétrant dans une chambre vient se refléter à leur superficie : à cette altération près, dont il faut tenir compte, car elle développera plus

tard son action, l'eau de pluie est parfaitement pure. (Voyez note B.)

Il faut noter encore un autre point. L'eau jouissant de la propriété de se saturer d'une certaine quantité d'air ; quand les vapeurs se condensent dans l'atmosphère, les gouttelettes qui se forment se trouvent, au moment même de leur production, en contact immédiat avec le fluide élastique, de façon qu'en arrivant sur la terre, l'eau de pluie est complètement saturée d'air. Cette saturation a souvent lieu avec excès, et il n'est pas rare de voir l'excédant se séparer, sous forme de grosses bulles, au moment où la pluie atteint le sol. Or, pour comprendre toute la valeur de cette circonstance» il faut savoir que cette propriété, dont l'eau est douée, de tenir en dissolution une certaine somme d'air atmosphérique, est précisément la cause principale de sa digestibilité. L'eau distillée des chimistes et des pharmaciens, qui n'est autre chose que de l'eau évaporée et condensée, est indigeste. Si l'on veut la rendre propre à la boisson, il suffît de l'agiter dans l'air. C'est sur cette pratique qu'on a voulu faire reposer l'approvisionnement des navires au long-cours avec de l'eau de mer. On évapore cette dernière par la distillation et on la mêle avec de l'air, soit en la faisant tomber en gouttelettes sur des fagots, soit en l'agitant dans l'atmosphère par un moyen quelconque. Ces deux opérations suffisent presque toujours pour rendre l'eau de mer potable.

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