‹ Des eaux publiques et de leur application aux besoins des grandes villes, des communes et des habitations rurales principes fondamentaux concernant la recherche et l'amenagement de l'eau dans tous les paysChapitre 7 sur 54 · DES EAUX DE SOURCE · texte numérisé non relu

DES EAUX DE SOURCE

Supposez un plateau quelconque sensiblement élevé par rapport à la contrée qui l'environne. Si ce plateau est perméable dans toute son étendue, ou si, composé de roches stratifiées, il contient çà et là des fissures plus ou moins nombreuses, l'eau de pluie en tombant s'infiltrera dans le sol, s'insinuera dans les fentes des rochers ; elle circulera, soit en nappes, soit en filets capillaires, dans la profondeur du plateau, et finalement elle viendra se rassembler, en quantité plus ou moins grande, à l'endroit où une roche imperméable, ou bien un terrain analogue, tel que l'argile, l'empêchera de pénétrer plus avant. Dans cet état de choses, si le point où l'eau s'est arrêtée renferme quelque fissure qui établisse une communication quelconque avec l'extérieur, et si cette fissure s'ouvre soit au niveau de l'amas intérieur, soit au-dessous, l'eau s'écoulera au-dehors. Les lois de l'hydrostatique per-

mettent de concevoir des façons de source plus compliquées.

Maintenant il arrivera de deux choses l'une : ou bien l'eau pluviale, en traversant les terrains, y rencontrera des éléments solubles et les entraînera avec elle ; ou bien elle sera en contact avec un sol inerte qui ne sera point susceptible de l'altérer dans sa composition chimique. Dans le premier cas, la source fournira une eau plus ou moins minérale en vertu de l'axiome de Pline : quippe taies sunt aquœ, qualis terra j>er quam ftmnt(G. Pline, liv. xxxi, ch. 4) ; dans le second, elle rendra l'eau comme elle l'avait reçue, du moins quant à ses principes constituants. Mais, comme, en circulant à travers le sol, elle aura été plus ou moins longtemps à l'abri du contact de l'air, que de plus, par l'infiltration, elle aura été soumise à une division moléculaire, il arrivera nécessairement que, dans les deux cas, elle aura perdu une quantité plus ou moins considérable de cet air précieux, dont elle s'était saturée au sein de l'atmosphère, avant d'arriver à la surface du plateau.

Tl résulte de là que les eaux de source, 1° peuvent être altérées dans leurs principes constituants par leur mélange intime avec des principes solubles; 2° qu'elles sont nécessairement privées d'une portion quelconque de l'air atmosphérique qu'elles retenaient avant de s'infilter.

Ainsi dans les cas les plus favorables les eaux de

source sont toujours privées d'une portion quelconque de l'air qu'elles contenaient au moment de leur pénétration dans le terrain.

A la vérité, c'est là une condition purement négative qui, si elle diminue la valeur de leurs propriétés utiles, du moins ne leur en ajoute pas de mauvaises. Les choses se passent bien différemment pour les eaux de puits.

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